A deux jours de la fête de l’Aïd el-fitr, les salons de coiffure qui- autres fois- étaient prisés par les clients sont quasi vides. A en croire certains maîtres des salons de beauté, cette rareté des clients découle de la cherté de la vie, a appris un reporter de Guineematin.com, ce samedi 24 juin 2017.

L’ambiance dans les établissements de beauté situés entre les quartiers Kipé et Kaporo étaient très morose du fait de la faible affluence des clients qui doivent se faire coiffer pour la fête marquant la fin du jeûne de Ramadan. Cette année, les salons de beauté pour les femmes connaissent la plus grande baisse de la clientèle par rapport aux années précédentes.

A quelques mètres du centre Émetteur de Kipé se trouve le salon de beauté « Timber coiffure ». Là, le premier visiteur est accueilli par des fauteuils vides se trouvant à l’intérieur du salon. La maitresse des lieux, Bernadette Molomou, entame son entretien avec Guineematin.com par les difficultés économiques actuelles des Guinéens. « Quand les gens n’ont pas assez d’argent, ils ne peuvent pas se faire coiffer ; car, ils doivent également se faire coudre des habits pour la fête. Pendant le Ramadan, les musulmans dépensent beaucoup ; et, nous savons tous que l’argent se faire rare actuellement ».

Ainsi, pour éviter de passer toute la journée bredouille, cette coiffeuse accepte tout prix proposé par une de ses clientes. Elle le fait à cause de la clientèle ou du fait que ses clients ne disposent pas suffisamment d’argent.

« On est obligé de comprendre et d’accepter les clients ; car, on est habitué de travailler avec eux. Donc, s’ils n’ont pas assez d’argent, il faut accepter ce qu’ils te donnent. Nous les coiffeuses, nous savons que le pays est dur », reconnaît Molomou.

Dans d’autres salons de coiffure, le constat est le même. Assis seul dans son salon entrain de tresser une perruque, Sahr est très remonté et dit ne pas comprendre que la fête soit pour bientôt et que son salon de beauté soit vide. « Vous-même vous voyez ! Il n’y a personne ici ; et, pourtant, la fête est arrivée. On ne comprend pas, franchement », se lamente ce coiffeur de femmes.

Ousmane Soumah

Comme la précédente coiffeuse, notre interlocuteur affirme aussi que c’est la conjoncture économique qui ne permet pas à ses clients d’être dans son salon. « Sinon, les autres années, à l’approche de la fête, on ne dormait pas à cause de la grande affluence. Le guinéen, quand il a l’argent, il dépense ; mais, c’est le coût de la vie qui empêche les gens de fréquenter les lieux de beauté », dit-il.

Malgré cette morosité constatée dans les salons de coiffure, d’autres coiffeurs se tirent d’affaire. C’est le cas d’Ousmane Soumah, coiffeur d’hommes au carrefour Métal Guinée de Kipé, qui se réjouit de l’arrivée massive des clients. « À l’approche de la fête de Ramadan, je reçois ici beaucoup de clients, surtout dans l’après-midi. Je suis très content ; car, avec cette fête, on va profiter pour gagner un peu d’argent ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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