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La commercialisation et la consommation de chanvre indien à la maison d’arrêt de Conakry est un secret de polichinelle. L’introduction des ces substances illicites dans l’enceinte de la prison située au cœur de Kaloum est en partie facilitée par certains agents qui y travaillent. Une dame a comparu ce jeudi 29 juin 2017 au Tribunal de Première Instance de Kaloum pour détention de chanvre indien dans les locaux de la prison, rapporte un reporter de Guineematin.com qui a suivi le procès.

Madame Mariam Touré, agent pénitentiaire en service à la maison centrale depuis 17 ans est poursuivi pour détention de chanvre indien. Interrogée par la présidente madame Kadiatou Bah, la prévenue est revenue sur les circonstances de son arrestation. Selon Mariam Touré, c’est un détenu qui l’a suppliée d’aller chercher sa nourriture car il avait grand faim. « Je suis allée prendre le plat des mains de son petit frère. A la rentrée, j’ai subi un contrôle et les gardes ont trouvé ça dans le plat. Après, ils ont versé le plat et m’ont envoyé chez le chef. Ce dernier aussi envoyé au commissariat », a-t-elle expliqué.

Revenant à la charge, la juge va demander à Mariam Touré si son travail à faire entrer les plats des détenus. Elle répond par la négative, précisant que juste parce que le détenu « a prié par Dieu que j’ai voulu l’aider ». Par ailleurs, elle dira que c’était une erreur de sa part d’avoir agi ainsi.
Des explications qui n’ont pas convaincu la juge. Madame Kadiatou va enfoncer le clou en accusant les gardes de la maison centrale d’avoir fait du lieu un endroit de vente de drogue.

Le procureur Fallou Doumbouya à son tour va demander à la prévenue quel était son rôle réel à la maison centrale. « Mon rôle est de garder les prisonniers », répond-elle laconiquement. « Etes-vous habilité à faire entrer de la nourriture aux détenus ? », insiste monsieur Doumbouya. La réponse fut également négative de la part de Mariam Touré qui fondait en larmes.

L’avocat de la défense tentera de faire ressortir que sa cliente n’avait pas connaissance du contenu du plat. « C’est la raison pour laquelle elle a voulu faire contrôler le repas par les agents ».

Dans ses réquisitions, le ministère public dira que les faits reprochés à Mariam Touré « cadrent exactement avec les prescriptions de l’article 832 du Code Pénal » qui prévoit et réprime ce genre de délits. Cependant, le ministère public fera remarquer que la prévenue pourrait bénéficier de circonstances atténuantes car elle a été naïve. Pour la répression, le procureur va requérir un mois de prison.

La défense dans sa plaidoirie va maintenir sa position selon laquelle Mariam Touré ne savait rien du contenu du plat et qu’elle a juste voulu aider en servant d’intermédiaire.

La présidente madame Kadiatou Bah a renvoyé l’affaire au 6 juillet 2017 pour la délibération. Pendant ce temps, Mariam Touré reste détenue à la même maison centrale où elle est privée de liberté depuis le 02 juin dernier.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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