L’ultimatum lancé par les autorités aux occupants du lit du cours d’eau de Démoudoula, au secteur 7 de Kaporo-rails, dans la commune de Ratoma, a expiré hier nuit. Comme il fallait s’y attendre, les opérations de démolition ont repris ce jeudi 13 juillet 2017 dans la matinée. De nombreuses femmes en pleurs et des pères de familles désorientés n’ont plus de toit et leurs objets sont à l’air libre, exposés aux intempéries, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Les engins lourds du génie militaire et de la direction nationale de l’urbanisme sont entrés en action tôt ce jeudi à Démoudoula. De nombreux bâtiments construits sur le lit ou à une dizaine de mètres du cours d’eau sont concernés par cette opération. Un nombre impressionnant de gendarmes stationne sur les lieux et veillent aux grains. L’on notait la présence du Général Ibrahima Baldé, haut commandant de la gendarmerie nationale et de nombreux cadres de l’urbanisme et de l’habitat.

Monsieur Ibrahima Baldé, père de famille et transporteur de profession avait déjà évacué tous ses objets hier et ce jeudi matin. Pendant que sa femme était en pleurs, monsieur Baldé a exprimé sa désolation de voir « une trentaine d’années d’efforts se faire démolir en une demi-heure ». L’existence de documents légaux (plan de masse et titres foncier) fournis par la direction nationale de l’Urbanisme, n’a pas suffit, du moins pour l’instant, à « régler le problème ».

Interrogé sur la question, monsieur Baldé Ibrahima explique avoir été contacté pour « déposer les documents chez le chef de quartier et à la commune de Ratoma pour des vérifications ».

Interpellé sur la question, le directeur national de l’urbanisme, ses adjoints et le service communal de l’Urbanisme de Ratoma, ont expliqué que l’examen des documents est en cours. Mais, le directeur de l’urbanisme, Ibrahima Camara a expliqué qu’il y’aurait des « faux documents » produits sous le régime de la transition militaire.

Cependant, pour le cas du transporteur, monsieur Ibrahima Baldé « j’ai acquis cette parcelle en 2011. Donc, ce n’est pas lié à une transition ou pas. J’ai des documents fournis par les autorités de l’urbanisme », tranche-t-il.
Pour superviser les opérations de déguerpissement, un huissier de justice est sur les lieux. Selon maître Chérif, tous ceux qui ont acquis ces domaines et qui possèdent des documents le certifiant, peuvent se constituer partie civile et poursuivre l’Etat, au besoin.

Une information que monsieur Baldé, le transporteur, a accueillie avec espoir. « Comme nous avons des preuves que nous avons légalement acquis nos parcelles, nous sommes prêts à nous défendre jusqu’à ce qu’on soit rétabli dans nos droits », a-t-il dit.

Pendant ce temps, l’opération de démolition se poursuivait, sous l’œil impuissant des familles qui vont sans doute passer la nuit à la belle étoile en pleine saison pluvieuse.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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