L’utilisation des outils informatiques adaptés aux déficients visuels gagne du terrain en France. Cette vulgarisation se matérialise notamment par l’arrivée sur le marché de plusieurs appareils parmi lesquels figurent des outils de lecture d’écran, des machines à lire ou encore des agrandisseurs d’écran. Ces appareils visent principalement à faciliter l’accès autonome des mal-voyants et des non-voyants à l’informatique.

Dans cet article, nous vous proposons un tour d’horizon de l’accessibilité numérique avec les éclaircissements de Franck DREVET, chargé de l’initiation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication à l’association lyonnaise FAF APRIDEV Rhône-Alpes, qui nous servira de guide dans ce monde plein de surprises, mais qui demeure encore méconnu du grand public.

En France, près de 1,7 million de personnes dont 207 000 aveugles sont atteintes d’un trouble de la vision selon des statistiques publiées par la Fédération des Aveugles et amblyopes de France. A une époque marquée par une utilisation galopante de l’informatique et une rapide propagation des nouvelles dans le monde par le biais d’internet, ces personnes ont comme l’ensemble de la société besoin de se servir de ces outils pour s’informer ou se cultiver. Mais comment manipuler un lecteur MP3, un smartphone ou un ordinateur quand on ne voit pas ? Quelles solutions pour lire des livres ou surfer sur la toile quand on ne perçoit même pas la lumière du jour ? Pour une frange importante de la population terrestre, cela relève tout simplement de l’impossible. Si vous êtes de cet avis, détrompez-vous cher (s/es) lecteurs/lectrices ! Grâce à l’informatique adaptée, des millions de personnes porteuses de handicap visuel arrivent de nos jours à franchir les limites imposées par leur déficience, et à profiter pleinement de ces machines comme toute autre personne.

Quelles stratégies pour expliquer ce qu’est l’informatique adaptée aux profanes ! Pour répondre à cette question, le responsable en charge de l’initiation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication à l’association FAF APRIDEV Rhône-Alpes ne manque pas de mots. « Grosso modo, rendre l’informatique accessible revient à installer un logiciel transparent appelé lecteur d’écran sur un ordinateur classique », explique Franck DREVET. « Ce lecteur d’écran a pour rôle de restituer les informations qui initialement apparaissent sous une forme textuelle, en version vocalisée et/ou en alphabet braille. Pour arriver à se servir de ce matériel, l’utilisateur doit suivre une formation qui porte essentiellement sur les raccourcis clavier ».

Des moyens de lecture riches et variés

Il existe actuellement une gamme variée de lecteurs d’écran. Cependant, deux de ces outils sortent du lot selon ce formateur. Il s’agit de NVDA qui est un logiciel gratuit de revue d’écran libre pour Windows, et de Jaws (Job Access With Speech) qui lui aussi marche avec Windows. Toutefois, à la différence de NVDA, ce lecteur d’écran produit par la société Freedom Scientific en partenariat avec Microsoft est payant. Il transforme un texte affiché sur un écran en un texte oral ou un texte en braille, et permet d’interagir avec le système d’exploitation et les logiciels. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, les utilisateurs d’ordinateur Mac ne sont pas lésés.

La marque à la pomme a mis à leur disposition Voice Over, un lecteur d’écran qui se trouve sur tous les ordinateurs Apple, mais aussi sur l’iPhones et sur l’Apple Watch. Plusieurs grandes marques ont elles aussi intégré des systèmes vocaux dans leurs produits. C’est le cas du groupe sud-coréen Samsung avec son application Google Now. A ces outil s’ajoutent d’autres logiciels qui sont moins connus, mais qui ont à peu près la même fonction comme Oralux, un live-CD dont le développement est interrompu depuis avril 2007, et Window Eyes, un lecteur d’écran compatible avec Windows qui procure à l’utilisateur la maîtrise de ce qu’il entend. Au moyen du support braille de ce lecteur, l’utilisateur peut également maîtriser ce qu’il perçoit au toucher. Il existe aussi un appareil appelé plage Braille qui est un dispositif électromécanique utilisé par les aveugles pour afficher en temps réel des caractères braille, le plus souvent issus d’un ordinateur. Habituellement, ces caractères apparaissent via des trous sur une surface plane.
Il est aussi possible de coupler ce dispositif avec un système de synthèse vocale. La personne non voyante utilisera l’un, l’autre, ou les deux systèmes simultanément en fonction des circonstances.

Les malvoyants et l’informatique adaptée

L’informatique accessible ne se limite pas aux préoccupations des non-voyants. On y retrouve aussi des appareils dédiés aux personnes porteuses d’une basse vision qui offrent à leurs usagés la possibilité d’agrandir les caractères sur l’écran. A titre d’exemple, Zoom text un logiciel payant disponible en deux versions. Franck DREVET définit cet autre outil comme : « une loupe installée dans un ordinateur qui permet de grossir les icones, d’inverser les couleurs de l’écran pour ceux qui ont des soucis de vision liés aux couleurs ou d’agrandir des pages web ». Il parle également des télé-agrandisseurs qui de son point de vue conviennent particulièrement pour la lecture, l’écriture, la visualisation de photos, de dessins, etc.

Vous êtes un déficient visuel, vous aimez la lecture, mais vous ne souhaitez pas vous servir d’un ordinateur, pas de panique ! Notre spécialiste vous recommande une machine à lire. Cet appareil qui ressemble à un scanner permet de lire vocalement tout texte posé sur lui avec un retour en synthèse vocale.

Quand l’informatique accessible se heurte à des obstacles

C’est indéniable : l’informatique est riche de nouvelles possibilités pour pallier les problèmes dus à la déficience visuelle, et ainsi rendre le quotidien des porteurs de handicap plus agréable. Mais il reste cependant beaucoup à faire en matière d’accessibilité, car nombreux sont les sites internet qui sont axés sur les graphismes et la vidéo. Et de l’avis de Franck DREVET, cela constitue un véritable frein pour les personnes de cette couche sociale qui vont sur la toile.

Autre problème pointé du doigt par ce formateur, le coût très élevé du matériel accessible. Pour entrer en possession du lecteur d’écran jaws par exemple, un particulier doit débourser environ 1800 euros, soit 18000000 de francs guinéens, la machine à lire ReadEasy Move 2 avec Pack Basse Vision quant à elle lui coûtera la bagatelle de 3099 euros, (30000000GNF). « Pour que ces outils soient à la portée d’un plus large public, notamment dans les pays en développement comme la Guinée, il est impératif que leurs prix soient revus à la baisse », soutient cet informaticien en guise de conclusion.

Aboubacar Somah BOKOUM, étudiant en master 1 communication des organisations à l’université lumière Lyon 2

 

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin