« Il faut que Cellou le sache, l’UFDG ne marche pas à Kaloum. Actuellement, les réunions ne se font même pas. Moi, je vous dis et je le répète, la manifestation là n’aura pas lieu à Kaloum », a notamment dit Mohamed Traoré, dit « B52 » lors d’une interview accordée à Guineematin.com ce vendredi. « Si je vois les responsables du parti me traiter comme ça ; vraiment, je suis déçu à plus d’un titre. Dix ans de combat que j’ai fait pour le parti… J’ai été insulté père et mère pour l’implantation de ce parti là ici à Kaloum », a-t-il encore dénoncé.

Au lendemain de sa suspension par la direction de l’UFDG, Mohamed Traoré, plus connu sous le nom de « B52 », a exprimé sa déception ! Lui qui s’est « sacrifié corps et âme » pour le principal parti de l’opposition guinéenne, dit cependant être serein et accuse l’entourage de Cellou Dalein Diallo d’avoir pris le chef de file de l’opposition en otage. Le secrétaire fédéral de l’UFDG à Kaloum l’a dit ce vendredi 14 juillet 2017 dans un entretien qu’il a accordé à un de nos reporters.

Guineematin.com : l’UFDG a pris une décision de suspension à votre encontre. Comment en est-on arrivé là ?

Mohamed Traoré : au fait, moi, j’accuse les responsables du parti par rapport à ce qui s’est passé. Sinon, ce qui s’est passé est purement civil entre moi et cette dame. Donc, si le parti s’implique pour prendre l’affaire là comme actualité à la Une, vraiment c’est décevant.

Guineematin.com : qu’est-ce qui s’est passé avec cette dame ?

Mohamed Traoré : en tant que conseiller communal à Kaloum, la femme en question (dont il a refusé de nous donner les coordonnées, ndlr) est venue vers moi juste pour l’aider à avoir des boutiques alors qu’il y avait le gouvernorat qui avait pris la main pour un déguerpissement aux chemins de fer. Après le déguerpissement là, ils avaient passé la main à la commune pour faire des boutiques à octroyer à des commerçants qui sont là-bas. Ensuite, ils ont commencé à faire des constructions. Cette dame est venue vers moi pour dire qu’elle veut des boutiques. Je lui ai dit que les boutiques sont en construction ; donc, d’attendre jusqu’à ce qu’on nous donne la main pour l’octroi de ces boutiques-là. Mais, la femme m’appelait tout le temps et je lui disais d’attendre. Donc, la dame m’a donné de l’argent pou ça, l’argent est passé dans ma main. Mais, comme ça a pris du retard et que les travaux ont même été arrêtés, la dame me disait qu’elle veut voyager. Elle a réclamé son argent. Mais, elle s’impatientait.

Guineematin.com : quel est le montant et est-ce vous aviez finalement rendu à la femme son argent ?

Mohamed Traoré : finalement, elle m’avait convoqué à l’escadron mobile numéro 1. Par la suite, le secrétaire général de la commune est venu dire à la dame d’attendre, en précisant que les boutiques sont en construction. A la gendarmerie de Tombo, j’avais même commencé à payer la dame. C’est une somme de 26 millions de Francs Guinéens. Je n’arrivais pas à avoir de l’argent ; alors, je lui avais demandé d’attendre. Mais, elle ne comprenait pas cela. Elle est allée au Haut commandement de la gendarmerie qui l’a orientée vers le poste du marché Niger où elle a porté plainte.

Guineematin.com : comment l’UFDG a appris la nouvelle et qu’est-ce que le parti a fait ?

Mohamed Traoré : c’est Bakary Kéita, secrétaire général de la jeunesse de l’UFDG, qui m’a appelé. Il m’a demandé si on pouvait faire des réunions, je lui ai répondu que non en lui disant que j’avais un problème. Je lui ai expliqué ce qui est arrivé. C’est ainsi qu’il m’a invité à aller à l’Assemblée Nationale au bureau du vice-président, Dr. Fodé Oussou. J’y suis allé, j’ai donné des explications par rapport à tout. Il y avait Kalemodou Yansané, Alain Touré, Fodé Oussou, Bakary Kéita… Mais, j’ai vu qu’ils voulaient m’humilier par rapport à ce montant. Ils m’ont dit qu’ils vont payer cet argent ; mais, en saisissant ma voiture, une Nissan Quaskai 4×4 ; et qu’après, je vais rembourser. J’étais très étonné, au regard de tout ce que j’ai fait pour l’UFDG. Dr. Fodé Ousou est entré en contact avec la dame qui lui a dit qu’elle avait besoin de son argent. Ils ont pris des engagements. Mais, ma voiture a été saisie là-bas. C’était pendant le mois de Ramadan, au mois de juin. Ils ont versé d’abord 5 millions à la dame et m’ont fait signer même. Quand ils m’ont demandé une échéance pour payer l’argent, je leur ai dit trois mois. Ensuite, ils sont allés à la gendarmerie le lendemain pour payer 10 millions encore.

Guineematin.com : quand l’UFDG a payé cet argent, quelle a été la suite ?

Mohamed Traoré : quatre jours après, j’ai appelé Kalemodou pour le remercier tout en lui disant de m’aider à récupérer ma voiture en attendant que j’essaye de chercher à rembourser. Il m’a dit qu’ils ne vont jamais me donner la voiture tant que je ne paye pas l’argent. Je me suis plié. Mais, au moins deux amis m’ont appelé pour me dire qu’ils ont vu ma voiture circuler à Conakry. J’ai aussitôt joint Bakary Keita pour lui dire d’immobiliser ma voiture, une 4*4 que m’a donné Antonio Souaré (PDG Guinée Games, ndl). Malgré tout, je suis resté serein. Cependant, si je vois les responsables du parti me traiter comme ça ; vraiment, je suis déçu à plus d’un titre. Dix ans de combat que j’ai fait pour le parti ! A certains moments, on n’osait même pas parler de parti à Kaloum ici. Je me suis sacrifié corps et âme, surtout que c’était au temps du PUP. J’ai été insulté père et mère pour l’implantation de ce parti là ici à Kaloum.

Guineematin.com : votre voiture est toujours entre les mains des responsables de l’UFDG ?

Mohamed Traoré : Non ! J’ai versé leur argent à la gendarmerie, ils y ont envoyé la voiture qui est garée là-bas. Je vais la récupérer tout à l’heure.

Guineematin.com : aujourd’hui, vous êtes suspendu par votre parti. Est-ce que vous seriez prêt à revenir après cette suspension ?

Mohamed Traoré : moi, je reste serein. Je suis dans ce parti-là. C’est moi qui ai fait naître ce parti à Kaloum. Tous ceux qui sont entrain de se taper la poitrine aujourd’hui, ils ne savent pas ce qui s’est passé. Vraiment, je suis déçu à plus d’un titre.

Guineematin.com : à votre avis quel est le problème à l’UFDG ? C’est Cellou Dalein ou son entourage ?

Mohamed « B52 » Traoré : à l’UFDG, il y a un lobby qui est là, ça ne va pas du tout. Les gens font du n’importe. Cellou est entouré aujourd’hui avec de mauvaises personnes, il faudrait qu’on se dise la vérité. Il y en a qui ne savent même pas faire la politique, on ne fait pas la politique comme çà. On fait la politique avec le cœur pour aider les gens ; mais, pas pour de l’argent. Sinon, il y a des gens qui sont là, ils étaient payés à l’UFDG. Mais, moi, je n’ai jamais dit ça. Pelé Diop qui vient d’arriver aujourd’hui, il était payé devant moi à 10 millions de francs guinéens chaque fin du mois. Mais, je m’en fous de tout ça, ce n’est pas ce qui est important. Mon problème est que le parti puisse marcher ici à Kaloum.

Guineematin.com : quel est le parti qui domine aujourd’hui à Kaloum ?

Mohamed Traoré : il y a des choses qui se sont passés ici avec une nouvelle restructuration du parti UFDG. Ils sont venus encore pour bafouer tout avec Bano Sow (un des vice-présidents, ndlr). Ils ont dit que certains n’étaient pas instruits.

Guineematin.com : vous voulez dire que l’UFDG a reculé ici à Kaloum ?

Mohamed « B 52 » Traoré : oui, c’est ce que je veux dire. Actuellement, les réunions ne se font même pas. Ça ne va pas du tout actuellement à Kaloum. L’UFDG ne marche pas à Kaloum. Il faudrait qu’on se dise la vérité. Il faut que Cellou le sache, l’UFDG ne marche pas à Kaloum. Moi, je vous dis et je le répète, la manifestation là (meeting prévu le dimanche 16 juillet, ndlr) n’aura pas lieu à Kaloum. C’est moi-même qui ai ordonné à Makhadi (la maire de la commune, ndlr), de ne pas signer le papier, en tant que secrétaire fédéral de l’UFDG. Je vais dire à Cellou Dalein que Pelé Diop est un escroc patenté. Il n’est pas favorable au parti. Même à Coronthie, là où il est, il ne peut pas faire sortir une seule personne. Mais, je reste serein, je suis de l’UFDG et je reste de l’UFDG. Je suis là en tant que premier responsable du parti à Kaloum. Il faut qu’on le sache. Je ne bougerai pas, même d’un centimètre.

Guineematin.com : si aujourd’hui l’UFR ou le RPG essayait de profiter de ta déception pour te coopter, serais-tu prêt à accepter ?

Mohamed Traoré : je reste serein dans l’UFDG. Je ne vais nulle part. Seul le congrès du parti va me faire quitter là-bas.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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