De notre envoyé spécial à Freetown. La forte pluie qui s’est abattue sur Freetown dans la nuit du dimanche à lundi, 14 août 2017, a entraîné la mort de plus de trois cent personnes vivant à Regainte, un quartier situé dans la haute banlieue de la capitale. Ce mercredi, 16 août, l’envoyé spécial de Guineematin.com à Freetown, s’est rendu successivement à l’hôpital de Connaught et à Regainte, lieu du drame pour interroger certaines familles des victimes et du responsable de l’équipe en charge des recherches des victimes qui restent encore très nombreuses ensevelies dans la boue.

Depuis ce drame, l’hôpital de Connaught, situé en plein cœur de la capitale léonaise ne désemplit pas ! Des dizaines de pick-up et de camions continuent de transporter des corps déjà en état de putréfaction très avancée du lieu du drame à l’hôpital, en présence des proches des victimes fortement mobilisés devant l’hôpital de Connaught.

La croix rouge et les policiers sont débordés

Arrêtés derrière le cordon sécuritaire, les proches des victimes, déjà déboussolés, ne cachent pas leur tristesse. Des témoignages recueillis sur place, ce drame n’a pas tué que des Sierra-Leonnais, plusieurs guinéens y ont perdu leurs vies.

Aujourd’hui, les agents de la Croix-Rouge et les policiers qui tentent tant bien que mal de transporter les corps du lieu du drame pour l’hôpital sont débordés. Pire, il n’y a plus de place à la morgue et les corps qui commencent à dégager une odeur nauséabonde sont entassés à même le sol.

Des Guinéens victimes des inondations à Freetown

Rencontré sur place, monsieur Telli Diallo, originaire de Labé, dit avoir perdu trois (3) membres de sa famille : « J’ai perdu trois frères, tous des jeunes élèves », dit-il, avant d’égrener leurs noms : Mohamed Diallo, Abdoul Diallo et Abdoulaye Diallo.

« Moi, ajoute Telli Diallo, je n’avais pas passé la nuit là-bas ce jour. C’est après le drame que je me suis rendu là-bas pour avoir de leurs nouvelles. Mais, à mon arrivée, je n’ai même pas pu identifier l’emplacement de la maison ; car, la boue a tout fermé. Et, jusqu’à l’heure où je vous parle, je n’ai pas eu de leurs nouvelles ».

De son côté, Daniel Bhoye, également interrogé par l’envoyé spécial de Guineematin.com devant l’hôpital, dit avoir perdu six (6) membres de sa famille à Regainte.

« Nous sommes sept (7) chez ma mère. Et, en un laps de temps, j’ai perdu tous mes frères. J’ai eu la vie sauve par le fait que je n’ai pas passé la nuit là-bas. J’ai aussi perdu des amis au moins treize (13). Ils étaient à l’église et c’est là que la terre leur est tombée dessus. Ce qui me fait mal, jusqu’à présent, je n’ai pu identifier aucun membre de ma famille, ni aucun de mes amis », a-t-il déploré.

« Après avoir perdu tous ces proches, ma vie n’a plus de sens »

Madame Kadiza Condah, elle a dit qu’elle cohabitait avec sept (7) personnes dans l’appartement. Mais, cinq personnes y ont laissé la vie et les deux autres qui ont eu la vie sauve sont alitées à l’hôpital Connaught.
« Notre pays n’est composé que de chrétiens et de musulmans. Donc, je prie Dieu qu’IL ait leurs âmes au paradis et qu’IL nous épargne de tels drames », a prié cette rescapée.

Amara Kalo, lui aussi rencontré devant l’hôpital avec la photo de sa fille, nommée Hawa Kalo. Monsieur Kalo dit se remettre à Dieu pour le décès de sa fille qui était élève en classe de troisième année. Cependant, il exhorte le gouvernement Sierra-Leonnais à l’aider à avoir le corps de sa fille afin de pouvoir l’enterrer lui même.

Hawa Stevens, la vingtaine, dit avoir perdu 28 membres de sa famille. « Depuis ce drame, je n’ai pas eu les nouvelles de la famille. Nous étions vingt huit (28) personnes dans la cour. Est-ce que je pourrais vivre maintenant ? Je suis seule maintenant… Ma vie n’a plus de sens », a-t-elle lancé, sous le choc.

Après avoir retrouvé une centaine de corps, la police poursuit les recherches

De l’hôpital de Connaught, notre reporter s’est rendu à Regainte, le lieu du sinistre. Certaines familles qui n’ont pas retrouvé leurs proches à l’hôpital sont s’arrêter aux côtés de l’équipe de recherche, dans l’espoir de les revoir.

Après quelques heures de recherches, Kemokay Major, chef des agents de la police, trouvé sur place, a accepté de parler au journaliste de Guineematin.

Selon lui, depuis son arrivée sur ce site, son équipe a pu retrouver une centaine de corps. « Le site est très vaste. Et, comme vous le constatez, ce n’est pas facile. Jusqu’à présent, il y a des personnes sous la boue. Pour moi, c’est un désastre total, un sinistre même ».

Pendant que les opérations de recherche se poursuivent, certaines institutions onusiennes, notamment le Programme Alimentaire Mondial (PAM), essaient de venir en aide aux personnes sans abris en leur donnant des vivres.

A suivre !

De Freetown, République de la Sierra-Leone, Ibrahima Sory Diallo, envoyé de Guineematin.com

 

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