Malgré les dernières manifestations soldées par la mort d’un adolescent, la jeunesse de la cité industrielle de Kamsar, une des neuf sous-préfectures de Boké, située à 53 kilomètres et à l’Ouest du chef lieu, vit dans une situation d’incertitude totale. Elle continue à dénoncer et à s’insurger contre le laxisme des autorités locales et des entreprises de la place dans le recrutement des travailleurs, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Située à plus de 300 kilomètres de Conakry, la sous préfecture de Kamsar regorge des plus grandes unités industrielles en République de Guinée avec plus d’une cinquantaine d’entreprises en activité. Mais, cela n’a visiblement pas changé la donne. L’essentiel de la population vit encore dans le chômage, la précarité, dans l’abandon et dans l’ignorance totale des textes et exigences régissant l’exploitation minière dans leur localité.

Selon Alhassane Camara, un leader de la jeunesse de Kamsar, les sociétés font peu d’efforts en ce qui concerne l’emploi des jeunes issus de la localité. Et pire, elles ne réagissent pas aux demandes que s’il y a des mouvements. « Pratiquement rien n’a changé après notre dernière manifestation. Il ne faudrait pas que des sociétés s’installent chez nous sans que les jeunes ne soient pris. On leur a simplement demandé de prendre les manœuvres dans la communauté puisque cela ne demande pas un diplôme. Mais que les autres soient soumis aux tests comme ceux qui sont venus d’ailleurs. Cependant à compétence égale qu’ils soient retenus. Le problème est qu’à chaque mouvement, ils font le semblant de recruter quelques uns et après ils bloquent tout », a-t-il expliqué.

Au delà de la « malice » qu’utilisent les sociétés pour freiner les mouvements de contestation dans la petite cité industrielle, la jeunesse dénonce le laxisme des autorités sous-préfectorales et communales dans le recrutement des travailleurs. « A chaque mouvement de contestation, c’est les autorités locales qui freinent nos élans. Quand on nous demande de proposer des listes de personnes qui seront prises par les sociétés, ils font aussi leurs listes à part. Du coup, certains sont mis à la touche. Mais, on sait qu’ils vendent ces places à des personnes qui sont venues d’ailleurs. Aussi, quand ils se sentent dépasser par nos mouvements, ils politisent. Pourtant, ils savent que nous sommes apolitiques », a rajouté Alhassane Camara.

Pour justifier ses propos, monsieur Camara a joint au même moment un responsable d’une société pour le respect de ses engagements. Ce dernier a comme toujours promis de faire un effort au près de ses chefs pour l’insertion des jeunes de la communauté dans les équipes de manœuvres.

De promesses en promesses, la jeunesse de Kamsar s’impatiente et la confusion se crée dans les esprits surtout lorsqu’elle observe en longueur de temps l’arrivée massive des travailleurs étrangers sur son sol. Ce qui avait d’ailleurs fait révolter la population les mois passés.

Rencontrée par Guineematin.com, madame Sama Kaba, le sous-préfet a pratiquement nié en bloc toutes les accusations portées contre les autorités locales. A en croire ses propos, les sociétés qui sont dans sa localité recrutent selon leur convenance et leur besoin. « Tout le monde sait comment la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG) recrute. Chaque société a sa façon de recruter. Par exemple, à chaque fois que la GAC recrute, elle fait des affiches et amène des lettres à la commune et à la sous-préfecture. Le maire et moi, n’avons rien à voir dans le système de recrutement des entreprises. On ne peut que faire des plaidoyers auprès de ses entreprises », s’est-elle défendue.

Sur la question des listes parallèles et des recommandations, la première responsable de la localité est catégorique.

« Une fois encore, je ne m’implique jamais dans ça. Il y en a qui ont pensé que je pouvais faire quelque chose pour eux. Je vous informe que même des imams sont venus avec les papiers de leurs enfants pour leur faire des recommandations, mais je leur ai répondu que cela ne rentre pas dans mes prérogatives. Je leur ai plutôt demandé d’aller déposer dans les sociétés », a tenu à préciser madame Sama Kaba, sous-préfet de Kamsar.

De Kamsar, Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tél. : 621 607 907

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