Au-delà de ses activités quotidiennes de pêche et de vente de produits halieutiques, les débarcadères de Kamsar sont devenus à ce jour des lieux de trafic et de consommations de drogue. Avec près de huit mille travailleurs permanents, les responsables portuaires et sécuritaires se voient incapables de mettre fin à ce phénomène qui perdure et qui prend une proportion inquiétante dans la cité, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En effet, à l’image des débarcadères de Conakry, le laisser-aller est érigé en mode de gestion de ceux de la ville industrielle de Kamsar, où tous les sans emplois et les démunis y trouvent refuge. Il suffit de faire un tour dans l’un des débarcadères et à n’importe quel moment de la journée pour constater la réalité. Seule l’odeur désagréable et piquante de certains produits, comme la drogue, peuvent indiquer la position des consommateurs. Tout se passe à ciel ouvert sans qu’un petit doigt ne se lève pour mettre fin à la pratique. Pourtant, on aperçoit constamment à l’intérieur des débarcadères des hommes en tenue. Pire, un poste de contrôle se trouve juste à la rentrée des débarcadères.

Interpellé sur la problématique, un responsable du port Néné a carrément dénoncé l’incompétence des autorités portuaires de mettre fin à la pratique. Cependant, il explique que ce port avait été construit pour accueillir trois cent travailleurs. Mais qu’à ce jour, plus de huit mille individus y travaillent de façon permanente. « Pour être clair avec vous, ce port Néné a été construit pour n’accueillir que 3 00 personnes, mais je vous dis qu’ils y a plus de 8 000 personnes qui vivent grâce à ce port. Il est arrivé à Kamsar où la CBG a licencié des travailleurs et d’autres à la retraite anticipée. N’ayant rien d’autres choses à faire, toutes ces familles se sont tournées vers la pêche. Comme il faut qu’ils vivent, on ne peut pas les chasser. En plus, tous les chômeurs de Kamsar, Boké et autres sont dans ces débarcadères », a déclaré le directeur adjoint du port Néné et vice président du comité de développement durable des débarcadères de Kamsar, Aboubacar Khôto Camara.

En outre, monsieur Camara évoque la position géographique des débarcadères de Kamsar par rapport aux pays limitrophes comme la Guinée Bissau et le Sénégal. On note l’absence des gardes côtiers dans la zone. Ce manque de contrôle, selon lui, fait des débarcadères de Kamsar, des lieux propices au trafic international de drogue et autres produits dangereux.

Ce pendant, notre interlocuteur affirme avoir saisi à plusieurs reprises, mains en vain, les responsables de la sécurité de Kamsar afin de prendre en main la situation. « J’ai écris à plusieurs reprises pour qu’on nous envoie au port des vrais agents de sécurité, mais jusqu’à présent rien. On nous envoie des fois des stagiaires qui ne peuvent rien faire pour stopper ceux qui vendent la drogue ici. Des stagiaires qui n’osent même pas les arrêter et qui sont eux mêmes des démunis. Donc, avec quelques billets, ils s’arrangent », a dénoncé Aboubacar Khôto Camara.

A signaler que pour le moment toutes nos tentatives de rencontrer les responsables locaux de la sécurité sont restées vaines.

Nous y reviendrons.

De Kamsar, Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tel: 621 607 907

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin