Depuis plus d’un mois, une forte colonie d’opérateurs de pêche sud coréens sont entre les mains du haut commandement de la gendarmerie nationale. A ce jour, leurs unités industrielles cadenassées et tous seraient soumis à Conakry à un contrôle de papiers sur la régularité de leurs installations à Kamsar, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Arrivés à Kamsar par vagues successives, les opérateurs sud coréens étaient devenus incontournables dans la pêche pour toute la région administrative de Boké. Selon les informations recueillies sur place, leurs activités consistent principalement à la pêche des otolithes ou « Bôbô », en langue locale. Après une partie de pêche, cette autre catégorie de poisson extrêmement prisée en Asie de l’Est est conditionnée sur place ou à Conakry avant d’être exportée. Le reste de poisson péché est cependant déversé sur le marché guinéen.

On apprend qu’au-delà des activités de pêche, les coréens rendent d’énormes services aux communautés. La cité industrielle de Kamsar souffrant de manque d’électricité, ils participent fortement à la production de glace indispensable à la pêche artisanale.

Comme un coup de massue sur leurs têtes, les coréens se sont vus obligés d’arrêter leurs activités depuis le 19 juillet 2017 par le Haut Commandement de la Gendarmerie nationale. Usines fermées, ils ont été transportés le lendemain par une équipe de huit gendarmes à bord de deux pick-up.

Face au reporter de Guineematin.com, les responsables locaux du port de Kamsar disent que les raisons seraient une vérification de conformité des coréens ainsi que leurs entreprises d’exercer sur le territoire guinéen. Cependant, on indique qu’aucune entreprise ne peut s’installer à l’intérieur du port sans se conformer à la loi.

« Nous n’acceptons pas ici des étrangers qui n’ont pas les papiers légaux pour mener des activités sur le terrain. A la limite du port, aucun domaine n’est ni à vendre ni à bailler. C’est des contrats de location qui existent entre nous. Donc, ils sont en règle et s’acquittent régulièrement des taxes et impôts », a dit le directeur adjoint du port de Kamsar, Aboubacar Khôtô Camara.

Par ailleurs, la dizaine d’entreprises sud coréennes utilisent une importante main d’œuvre locale. Chacune d’entre elle emploie un minimum de soixante à soixante dix travailleurs, nous apprend on. « Leur présence ici nous arrange beaucoup. Il faut qu’ils viennent ; sinon, la pénurie de poisson va perdurer. L’Etat a le droit de leur imposer ce qu’il veut ; mais, qu’il les laisse venir rouvrir les unités de production de glace. Nous ne voulons pas la perte de l’Etat. Je demande à ceux qui ne sont pas dans les normes de chercher à être en règle », a ajouté un responsable des pêcheurs qui a requis l’anonymat.

A ce jour, c’est la confusion qui règne dans l’esprit des professionnels de pêche de la cité industrielle de Kamsar, surtout que la seule raison connue de l’interpellation des opérateurs de pêche coréens reste une simple vérification de conformité.

Joint au téléphone par Guineematin.com, le chargé de communication du Haut Commandement de la Gendarmerie nationale a dit ne pas être au courant de cette affaire.

En attendant que les entreprises coréennes ne rouvrent leurs portes, les populations de Kakandé continuent de galérer du manque criard de produits halieutiques.

De Kamsar, Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tél. : 621 607 907

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