La sous-préfecture de Sansalé, située à 135 km du chef-lieu de la préfecture, est l’une des collectivités les plus enclavées de Boké. Après les déclarations du sous-préfet de Sansalé, le capitaine Sékou Tagar Camara, c’est le vice-maire, monsieur Sékou Tounkara Gassama qui a également parlé à l’envoyé spécial de Guineematin.com des difficultés auxquelles sont confrontés les citoyens de la sous-préfecture de Sansalé.

En recevant notre journaliste à son domicile de Sansalé centre, monsieur Gassama a indiqué que « l’abandon » de sa commune rurale par l’État guinéen ne date pas d’aujourd’hui, « c’est depuis le régime du Président Ahmed Sékou Touré », dit-il, ajoutant que jusqu’à nos jours l’État n’y oriente aucun financement, « c’est parce qu’un fils de la localité n’a jamais été nommé à un poste de responsabilité dans le gouvernement guinéen », pense Sékou Tounkara Gassama.

« En Guinée, les nominations sont familiales. Si je suis au fauteuil, c’est seulement ma famille que je mets à mes côtés. Et, nous nous sommes des Djola, minoritaires. Depuis la première République, il n’y a jamais eu un seul fils de Sansalé nommé sous-préfet, à plus forte raison un préfet, un gouverneur ou un ministre. Donc, comment pouvons-nous décoller dans ces conditions. Sinon, même si l’école n’est pas développée à Sansalé, nous avons beaucoup de cadres qui ont étudié à l’extérieur et qui sont capables d’occuper ces postes », a reproché à l’État le vice-maire de Sansalé.

Mais, Sékou Tounkara Gassama ne s’en prend pas seulement au régime actuel. Il reproche plutôt à l’ancien Président, feu le Général Lansana Conté qui, selon lui, a servis environ huit (8) ans dans la sous-préfecture de Sansalé.

« Nous avons perdu l’espoir depuis le temps de Conté. Lansana Conté a servi à Sansalé pendant plus de 8 ans dans les années 1970. Il était entre le camp Sansalé et celui de Kandiafara. Il a participé à la guerre de libération de la Guinée-Bissau. Lorsqu’il est devenu président de la République, nous avions beaucoup d’espoir qu’il allait nous aider parce qu’il connaît tous les maux dont souffre Sansalé. Malheureusement, il n’a pas pensé à nous. Donc, si le régime actuel ne nous aide pas, rien ne nous étonnera », ajoute-t-il.

Pour se faire entendre, le vice-maire de Sansalé estime que les responsables locaux qu’ils sont ont plusieurs fois écrit à leurs hiérarchies sans aucun résultat. Et, ils ne veulent pas manifester comme on le ferait ailleurs pour se faire entendre.

« Nous sommes entrain de nous battre pour l’ouverture de notre sous-préfecture en remontant des écrits à nos chefs hiérarchiques à partir de la préfecture. Mais, en Guinée, les écrits ne résolvent plus les problèmes, il faut les cris. Or, quand ça crie, c’est un autre problème. C’est pourquoi, nous sensibilisons nos concitoyens pour patienter », a ajouté le vice-maire de Sansalé.

En attendant, monsieur sékou Tounkara Gassama, vice-maire de Sansalé, compte sur la générosité de ses voisins, les autres collectivités locales de Boké, surtout celles qui abritent des sociétés minières, de secourir Sansalé pour preuve de bonne cohabitation. « La sous-préfecture de Sansalé est la plus démunie de toutes les collectivités de Boké. Nous tendons donc la main à nos collègues des autres communes dans lesquelles il y a les mines. Quand ça ne va pas chez ton voisin, il faut l’assister parce qu’on ne sait jamais dans la vie », a-t-il plaidé.

De retour de Sansalé, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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