Deux jours après le décédé du journaliste Ibrahima Sylla « Ibra », un reporter de Guineematin.com a rencontré Fodé Tass Sylla, Directeur de la télévision nationale (RTG Koloma) et proche du défunt qui était son adjoint à l’unité communication de la cellule nationale de lutte contre Ebola. Dans cet entretien, Fodé Tass est revenu sur la personnalité du défunt, son amour du travail bien fait, son humanisme…

Décryptage !

Guineematin.com: Monsieur Fodé Tass, nous venons de perdre le journaliste Ibrahima Sylla « Ibra ». Qu’est-ce que vous retenez de lui ?

Fodé Tass Sylla : Nous avons perdu un des grands pions du paysage médiatique guinéen parce que lui, il n’a pas voulu dès le départ être au devant des caméras. Il est resté derrière les caméras, dans les coulisses. C’est donc un homme de l’ombre des médias, mais qui avait maîtrisé ce métier qui permettait à tout le monde de briller : les présentateurs, les cameramans…  La presse privée, la presse publique, tout le monde recevait son expérience, ses conseils, etc. C’est un grand levier du paysage médiatique guinéen que nous venons de perdre.

Guineematin.com: Ces derniers temps, vous avez travaillé avec lui au sein de la cellule nationale de coordination de la lutte contre Ebola. Qu’est-ce qui vous a marqué chez Ibrahima Sylla ?

Fodé Tass Sylla : D’abord, c’est un homme religieux, pratiquant de l’islam. C’est aussi un homme honnête, sincère, engagé, discipliné qui respecte la hiérarchie mais surtout c’est un professionnel qui connait son métier. C’est à ce titre d’ailleurs que j’ai fait appel à lui à la cellule de coordination nationale de lutte contre Ebola pour m’appuyer dans l’unité communication. Et, là les résultats, le peuple de Guinée peut en témoigner. Nous avons réussi à vaincre ce virus mais le pion central c’était Ibrahima Sylla sur lequel je reposais parce je vous dis, il a presque 98% des numéros de téléphone de tous les journalistes Guinéens, de la presse privée et de la presse publique. Vous savez qu’il a été directeur de communication au Conseil National de la Communication (CNC), aujourd’hui la Haute Autorité de la Communication (HAC). A ce titre, il maîtrisait et la presse privée et la presse publique. Donc, c’est un poids lourd de la presse guinéenne qui pouvait mobiliser en deux secondes toute la presse nationale. Il est arrivé à l’informatique avant même qu’on ne parle de numérisation. C’était un AS de l’informatique. Moi-même, j’ai appris derrière lui, bien qu’il soit plus jeune que moi. Je suis avec lui depuis 1987, ça fait près de 30 ans aujourd’hui. Je le connais parfaitement, c’est un ami, un jeune frère et c’est une lourde perte pour la Guinée.

Guineematin.com : Voilà qu’il est parti qu’est ce qui est prévu pour ses funérailles ?

Fodé Tass Sylla : demain mardi, 29 août 2017, à 9 heures, c’est la levée du corps à l’hôpital Sino-guinéen de Kipé. Ensuite, le cercueil sera conduit à la RTG Koloma dans la grande salle où tous les amis, tous les partenaires, toute la famille de la presse, sa famille biologique, nous allons lui rendre un dernier hommage. A partir de 12 heures, le cortège va bouger et nous allons venir à la grande mosquée Fayçal où après la prière de 14 heures nous allons le conduire au cimetière de Cameroun pour l’enterrement.

Après, tout le monde va se déplacer pour Kaloum chez lui, à côté du ministère des Finances pour lui faire les derniers sacrifices avec la lecture du Saint Coran et nous aurons terminé le programme dans la soirée.

Guineematin.com : Toutes nos condoléances monsieur Tass.

Fodé Tass Sylla : Merci.

Entretien réalisé par Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622680041

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