Comme nous l’annoncions précédemment, la commune rurale de Sansalé est l’une des neuf collectivités décentralisées de la Guinée, les plus enclavées. Située à 135 kilomètres de Boké, l’accessibilité sur cette terre des Djola ressemble à une véritable descente aux enfers pour les usagés de la route.

Trouvé à son domicile à Sansalé centre par l’envoyé spécial de Guineematin.com un après-midi de ce mois d’août 2017, le maire de la commune rurale, monsieur Idrissa Camara a suivi les traces du sous-préfet, le capitaine Tagar Caméra. « Comme l’État n’a pas d’intérêt à Sansalé comme c’est le cas à Kamsar, Sangaredi et autres, il n’investit pas ici. Nous sommes abandonnés comme si nous n’appartenions pas à la Guinée », a-t-il lâché.

S’exprimant sur ce qu’il qualifie de manque de volonté politique de la part du gouvernement pour le désenclavement de Sansalé, le maire Idrissa Camara a dit être traité de menteur par ses concitoyens tellement qu’il leur à transmis des promesses étatiques qui ne se réalisent jamais. C’est pourquoi, dit-il, il a désormais honte de parler de la route de Boké-Sansalé à sa population.

« Il faut oser dire la vérité. L’État guinéen nous a oubliés complètement. Sinon, avec une volonté politique, Boké seulement peut faire la route là. Il suffit de faire les deux ponts, c’est tout. Nous avons fait plusieurs demandes au gouvernement, notamment au ministère des travaux publics de nous aider à avoir une route ; mais, impossible. On nous a fait trop de promesses qui ne sont jamais respectées. Nous nous remettons donc au bon Dieu pour attendre notre tour », a-t-il confié.

S’agissant des sources d’alimentation de la caisse de la mairie, monsieur Camara affirme que Sansalé n’abrite aucune entreprise privée pour leur payer des taxes. Seule la société téléphonique Orange qui s’est installée là-bas en 2014 ; mais, qui n’a rien payé comme taxe pour le moment à la commune. « Ici, nous ne gagnons un peu d’argent que pendant la période de cajou ou lors de la récolte d’arachides. Nous avons une quinzaine de groupement. Mais, seul celui de la Mano River est agréé pour le moment. La société Orange aussi a implanté deux antennes : une au centre ici et l’autre à Fiff. Mais, depuis leur installation en 2014, nous ne sommes même entrés en possession des dossiers pour espérer recevoir une taxe », a ajouté le maire.

Touchant le cas de la rareté des fonctionnaires ou des investisseurs dans la commune rurale de Sansalé, le maire Idrissa Camara estime que la cause principale est la route qui est impraticable. Mais aussi le manque d’organisation des ressortissants de Sansalé. « Tous les fonctionnaires qu’on mute à Sansalé se découragent dès qu’ils se renseignent sur l’état de la route. Ils négocient par toutes les manières pour ne pas venir. Et, les intellectuels autochtones que nous avons aussi refusent de venir servir leur village natal. Si la route était bonne, nous aurions reçu des investisseurs qui allaient travailler ici et participer à l’épanouissement de la localité », a fait observer le maire de la commune rurale de Sansalé.

De retour de Sansalé, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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