Sur initiative de la GIZ (Coopération Allemande), un Forum de dialogue entre les professionnels de santé et les leaders religieux sur le Mariage Précoce s’est tenu dans la salle de conférence de l’Ecole Nationale des Instituteurs (ENI) de Faranah, ce lundi 28 août 2017. Cette rencontre a regroupé une trentaine de participants représentant l’administration publique et la société civile de la région administrative de Faranah.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le préfet de Faranah, représentant M. le Gouverneur de la région, accompagné de plusieurs cadres régionaux et préfectoraux.Dans son discours, M. le Préfet de Faranah s’est félicité de la tenue de ce forum dans sa préfecture. Il a réitéré toute la disponibilité des autorités de la région à accompagner la GIZ dans la mise en œuvre des activités de lutte contre le mariage précoce.

Quant au représentant de la GIZ, il a précisé que ce forum s’inscrit dans le cadre de la vulgarisation de la stratégie pour améliorer la santé sexuelle et reproductive des jeunes et des adolescents dans la région administrative de Faranah.

Les travaux du forum ont débuté par la présentation de quelques données statistiques de deux études (EDS-MICS 2012 et CAP/GIZ 2017) portant sur la santé reproductive en lien avec le mariage précoce, suivie d’un atelier, puis d’une table-ronde autour de la problématique du Mariage Précoce.

Plusieurs heures de débats entre les participants ont eu lieu sur les conséquences liées au mariage précoce. Il en est ressorti que le mariage précoce affecte dangereusement la santé des adolescentes et jeunes filles. Il constitue donc un véritable problème de santé.

Les participants à ce forum ont bénéficié d’amples informations sur les conséquences sanitaires (fistules, les maladies sexuellement transmissibles, IST/SIDA, avortements…) ; sociales (divorces, déscolarisation…) ; et économiques sur les adolescents et les jeunes.

Interrogé par le reporter de Guineematin.com, le curé de la sainte paroisse de Faranah, Abbé Joseph TOUNKARA est revenu sur le contexte du mariage précoce. « Le mariage n’est pas pour les enfants, mais plutôt pour les deux personnes qui sont souvent des majeures, comme l’a voulu Dieu. Il faut que la femme ou l’homme soit accompli ou soit mur. Si nous prenons un enfant qui n’est pas tout à fait humainement accompli, déjà sa responsabilité laisse à désirer vis-à-vis du partenaire ou conjoint. Il faudrait donc que nous puissions ensemble sensibiliser la communauté ou la population surtout les familles par rapport à cette situation, puisse que les causes sont multiples. Certains pensent que c’est la pauvreté, l’honneur ou la grossesse. Donc, rapidement envoyer en mariage pour ne pas conduire la famille dans l’humiliation. Donc le mariage, c’est l’épanouissement du couple, dans l’église, ça ne s’improvise pas. C’est pourquoi, nous les préparons », a expliqué le curé la sainte paroisse de Faranah.

Selon El hadj Aly BERETE, secrétaire général de la ligue islamique régionale de Faranah, la religion musulmane nous enseigne que « le mariage, c’est l’amour entre deux individus, si cela n’existe pas, alors c’est comme des animaux sauvages puis qu’il n’y a aucun sentiment. En tout cas, la religion condamne lorsque l’âge n’est pas atteint. Elle l’interdit et recommande que l’âge soit atteint. Notre message est de sensibiliser les fidèles musulmans afin de respecter au moins la maturité des individus dans leur mariage. Quant aux parents, il faudrait les sensibiliser, informer, voire les former afin d’atteindre les objectifs de ce fléau », a-t-il suggéré.

Le magistrat, monsieur OUENDENO a indiqué dans son exposé que le mariage précoce, selon le code pénal guinéen, en son Article 319 Alinéa 2 « est précoce, tout mariage dont l’une des parties a l’âge de moins de 18 ans ». Parlant des conséquences de cette pratique, monsieur Ouendeno dira que « la pratique du mariage précoce constitue une violation flagrante des droits des femmes, une violation qui engendre les conséquences graves sur la jouissance des différents droits : éducation, santé, liberté », a-t-il précisé.

Le préfet de Faranah, Alpha Oumar KEITA s‘est réjoui du contenu du forum qui se tient dans sa juridiction. Pour lui, « c’est un phénomène qui aujourd’hui, dans nos sociétés, mérite d’être éradiqué et la meilleure méthode de cette éradication, c’est l’utilisation de ces acteurs présents que sont les religieux et le personnel de santé. Si les deux groupes, à travers un dialogue franc, se donnent la main, nous sommes sûrs de réussir contre ce phénomène qui aujourd’hui entame la prospérité physique et mentale de notre jeunesse », a dit monsieur Kéita.

Revenant sur les causes du mariage précoces dans les communautés, le préfet de Faranah dira qu’il est « essentiellement organisé. C’est-à-dire, les deux personnes bénéficient de la complicité des deux parents. C’est pourquoi, les mettre dans l’enjeu des religieux est une meilleure stratégie. Mais, il faudrait savoir à quel moment il faut le faire parce que le bonheur de l’homme qui entame son intégrité physique n’est pas un bonheur. La stratégie qui a amené ces deux groupes est une stratégie efficace pour éradiquer ce fléau », a lancé le préfet Alpha Oumar KEITA.

A noter que le taux de prévalence de la sexualité précoce dans la région administrative de Faranah est à 8% comparativement aux autres régions de Kindia, Labé et Mamou qui sont entre 20 à 25%.

De Faranah, Goulou TOURE pour Guineematin.com

Tél. 🙁 +224) 622 155 476/664 235 427

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