Les fidèles musulmans s’apprêtent à célébrer l’Aïd El Kebir, appelée fête de Tabaski ou « la fête de mouton ». A quelques heures de cette fête, les gares routières de Conakry sont bondées de passagers en partance pour l’intérieur du pays. Aux gares routières de Bambéto et de Matam, l’affluence est grande ce mercredi 30 août 2017, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans ces deux lieux visités, la majorité des passagers interrogés ont déclaré vouloir aller fêter la Tabaski avec les parents se trouvant au village. Une manière, disent-ils, de se rapprocher de la grande famille.

Aboubacar Sow, rencontré à la gare routière de Bambéto, a déjà acheté son ticket de voyage pour Pita. Il va fêter l’Aïd en famille après une longue absence. « J’ai fêté le Ramadan à Conakry. Maintenant, je veux aller auprès de mes parents, mes sœurs et frères pour fêter avec eux. C’est mieux pour moi de partir cette fois-ci célébrer la Tabaski au près de la famille. Une autre raison de mon départ, c’est la cherté de la vie pendant les moments de fête à Conakry. Tu peux sortir avec 100.000 francs guinéens, mais tu ne peux pas franchement les utiliser comme tu veux. Mais, si c’est au village, il y a moins de dépenses », a-t-il expliqué.

De son côté, Aly Chérif Haidara est en route pour Mamou, plus précisément dans la sous-préfecture de Dounet. Il explique son déplacement par l’insistance des parents qui sont au village. « Je vais avec mes frères pour célébrer la Tabaski au village avec les parents. On a fait plus de 4 ans ici à Conakry sans aller au village. Maintenant, c’est les parents qui ont appelé pour nous dire d’aller célébrer la Tabaski ensemble. Avec une telle insistance on ne pouvait pas refuser », a dit notre interlocuteur.

Devant la forte affluence, un manque de véhicules se pose à Bambéto ce mercredi matin. Des compatriotes en partance pour l’intérieur du pays se plaignent de cet état de fait. C’est le cas de Mamadou Bah qui doit se rendre à Labé pour fêter avec sa famille. « C’est justement pour la Tabaski que je veux aller à Labé chez les parents. Depuis le matin je suis là mais je n’ai pas eu encore de voiture », déplore ce passager.

Le bureau du syndicat des transporteurs est au courant du manque de véhicules. Le syndicaliste, Alpha Oumar Diallo, a expliqué cette rareté de voitures par le manque de vignettes, les pannes et le mauvais état des routes. « Oui, nous sommes informés que les voitures manquent. La difficulté est qu’on a des mini bus qui n’ont pas de vignettes et les taxis ont aussi n’en ont pas suffisamment. La route est mauvaise et cela cause des pannes et aussi la Tabaski a coïncidé à la fin des vacances. Il y a des vacanciers qui doivent aller et revenir », déclare-t-il.

Par ailleurs, ce responsable syndical rassure les passagers qu’ils auront des véhicules pour se déplacer. « Les voitures sont au garage pour régler les différentes pannes. Je vous rassure que tous ces passagers présents auront tous un moyen de déplacement », a confié Alpha Oumar Diallo à notre reporter.

A la gare routière de Matam, c’est la même animation qui prévaut. Un grand nombre de passagers s’apprête à rallier l’intérieur pour y célébrer l’Aïd.

Ibrahima Kourouma va à Oulada, dans la préfecture de Kouroussa. Pour lui, fêter au village avec les parents est une coutume. « Je suis dans la joie de partir fêter avec les parents au village. On a des parents à Conakry, mais comme on a fêté Ramadan ici, il nous faut maintenant aller au village pour la Tabaski. Célébrer la Tabaski au village est devenue comme une coutume pour nous », lance-t-il.

Mamady Sylla est enseignant à Conakry, il voyage pour Dinguiraye dans le but de voir ses parents pendant cette fête. « Dans mon village, c’est devenue une habitude pour nous de venir fêter la Tabaski avec les parents. Chaque année, notre association organise une grande cérémonie pendant la Tabaski. C’est donc une occasion pour les gens de venir à la rencontre des parents car avec les occupations à Conakry on n’a pas suffisamment de temps pour être là toujours », explique monsieur Sylla.

Du côté des chauffeurs de taxis, on se frotte les mains à cette période de forte demande. Mamadou Alpha Diallo circule entre Conakry-Pita et se réjouit de l’abondance des passagers. « C’est un bon moment pour nous, j’ai neuf passagers à bord de mon véhicule. Le transport par personne s’élève à 100.000fg, avec cet argent je vais bien fêter au village auprès des patents », se réjouit-il.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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