Un mouton jusqu’à deux millions à Boké : les sociétés minières accusés

A quelques heures de la fête des moutons, bon nombre des fidèles musulmans guinéens, notamment à Boké, n’arrivent pas à s’acheter un animal à immoler le jour de la fête. Les prix sont non seulement exorbitants mais les responsables des sociétés minières qui viennent acheter des dizaines de têtes à la fois sont accusés d’être à la base de la cherté des prix, a appris Guineematin.com, à travers son correspondant local.

Les moutons, tout comme les chèvres, sont habituellement abattus par les fidèles musulmans à l’occasion de cette fête musulmane. C’est un sacrifice partagé avec les familles, les proches et les plus pauvres. Mais, à Boké, le temps passe et les choses changent proportionnellement.

Selon quelques citoyens interrogés par Guineematin.com dans l’après-midi de ce jeudi, 31 août 2017, c’est l’intensification des sociétés minières, notamment chinoises, qui rend cher le marché à Boké. « Les chinois viennent acheter un véhicule contenant plus de 60 moutons. Les prix varient entre 800 000 et 1 700 000 GNF. Et, si eux ils viennent, ils ne discutent même pas. Comment est-ce qu’un pauvre peut espérer avoir ainsi un animal avec ses maigres moyens ? », s’est interrogé monsieur Amadou Yombo Diallo en quête d’un mouton rencontré sur le lieu de vente du bétail, face à l’IRE de Boké.

Madame Camara Aissata Cissé, en pleine discussion avec le marchand, s’est apprêtée aux questions de Guineematin.com : « avant l’avènement des sociétés à Boké, nous n’avions pas de problèmes de ce genre pendant les fêtes. Mais, maintenant, même le prix des condiments au marché est exorbitant. Les chinois peuvent venir acheter toute une rangée à un prix qu’un pauvre n’ose pas s’approcher. Moi, je suis venue demander un bélier, on m’a montré des moutons qui coutent jusqu’à deux millions. Je discute pour pouvoir en acheter parce qu’on ne peut pas s’abstenir étant habitué à immoler »,, a-t-elle expliqué.

Du côté des vendeurs, on se plaint de la distance entre les villages fournisseurs et la ville. Monsieur Ibrahima Bah est un vendeur de bétails en provenance de la sous-préfecture de Kolaboui : « nous sommes là à l’attente des clients qui viennent à compte goûte. Ils se plaignent des prix ; mais, ce qui est sûr, les éleveurs gagnent sur nous et nous aussi nous gagnons sur nos clients. Nous achetons les bêtes à Kampama Thiangui, nous payons 10 000 GNF de transport pour chaque tête et 45 000 GNF pour nous-mêmes. Donc, quand nous venons ici, nous revendons à un prix qui nous permettra de rentrer avec un bénéficie », s’est-il défendu.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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