Les députés sont convoqués depuis le 28 août pour examiner et adopter la loi de finances rectificative 2017 (LFR). Et, ce jeudi, 07 septembre 2017, ils se réuniront en début d’après-midi, en séance plénière pour le vote. Pour en savoir plus sur les contours de cette loi, Guinematin.com a rencontré, ce mercredi 6 septembre 2017, le directeur national des impôts, Monsieur Aboubacar Makissa Camara, au sortir de l’inter-commission consacrée à l’étude de ce document.

Avec lui, nous avons parlé entre autres des grandes articulations de la LFR 2017 ainsi que des observations formulées par les députés et des dispositions prises pour son adoption dans le délai indiqué. Lisez…

Guineematin.com : Quelles sont les grandes lignes qui caractérisent la loi de finances rectificative 2017 ?

Aboubacar Makissa Camara : Les grandes lignes qui caractérisent la loi de finances rectificative 2017 sont entre autres le volet dépenses et le volet recettes. Sur le volet dépenses, nous avons passé en revue tous les départements techniques qui ont connu quelques modifications. Et le volet recettes a été focalisé par la mise en place d’un mécanisme sur la vente de vignettes pour le recouvrement de la taxe unique des véhicules (TUV). Un texte élaboré à cet effet sera soumis aux honorables députés pour approbation. Puisque nous voulons désormais associer les opérateurs privés des banques en place au recouvrement des recettes portant sur la vente des vignettes. Ce mécanisme nous permettra de répondre aux soucis non seulement de l’Assemblée nationale mais de tous ceux qui nous ont interpellés sur la question.

Guineematin.com : Qui parle d’impôts, parle de chiffres. A ce niveau, quelles sont les modifications intervenues sur la loi de finances initiale 2017 ?

Aboubacar Makissa Camara : En ce concerne le volet recettes, nous avons quelques améliorations par rapport à nos prévisions. Ce sont d’ailleurs ces performances enregistrées sur le terrain qui motivent nos honorables députés à nous accompagner dans la mise en forme des reformes engagées. Ces réformes seront matérialisées par des textes qui vont aller dans l’intérêt aussi bien de l’Etat que de nos populations à la base à travers les communes et les préfectures. A titre d’exemple, en 2016, nous avons enregistré pour toute l’année, 40 milliards de nos francs provenant de la vente des vignettes contre 37 milliards en septembre 2017. Et il nous reste encore plusieurs mois pour boucler l’année budgétaire. Ce qui nous permettra de mieux soutenir les efforts de développement de nos communes à travers tout le pays.

Guineematin.com : Quels sont les griefs formulés par les députés par rapport aux mesures que vous venez de citer ?

Aboubacar Makissa Camara : Nos honorables nous ont reprochés de ne pas les avoir associés aux discussions et à la définition des termes du contrat avec les opérateurs privés (téléphonie et banques). Mais aussi sur les plaintes des préfectures et communes du pays, de n’avoir rétrocédé rapidement les montants issus de la vente des vignettes. Mais ce qu’il faut retenir, c’est notre souci de transparence dans la collecte et la sécurisation des recettes de l’Etat et surtout le souci d’accompagner nos communes dans leurs efforts de développement à la base. C’est pourquoi, nous avons passé en revue l’ensemble des comptes qui doivent accueillir ces montants. Ce travail a été fait par une commission du département du budget appuyée par un expert du Fonds monétaire international. A la fin de cette étape, c’est vrai, en attendant nous supportons toutes les critiques, mais à terme, nous offrons une méthode de décaissement plus cohérente, transparente, efficiente et réglementaire.

Guineematin.com : Au sortir de cette inter-commission, êtes-vous satisfait du climat de travail avec les députés?

Aboubacar Makissa Camara : Ma satisfaction est totale. Nous avons partagé avec les honorables députés nos soucis de mettre en place un mécanisme de mobilisation et de sécurisation des recettes de l’Etat, d’une part. Et d’autre part, nous avons expliqué aux honorables députés notre détermination à améliorer le climat des affaires en Guinée. Lorsque ce projet de loi va être adopté, il permettra à tous les Guinéens d’être associés si non informés au niveau des acteurs impliqués dans la mobilisation des recettes de l’Etat, par exemple des opérations sur la vente des vignettes. Les députés ont demandé de déposer ces textes avec une clé de répartition des dividendes issus de la vente des vignettes.

Guineematin.com : Ils ont même en fait une condition pour adopter le budget remanié. N’est-ce pas ?

Aboubacar Makissa Camara : Avant même qu’on ne dépose ce document sur le projet de loi de finances rectificative 2017, il se trouve que nous sommes déjà très en avant sur le texte en question. Nous comptons finaliser ce travail dès maintenant pour que le texte soit voté dans le délai requis.

Interview réalisée par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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