Après quatre journée d’échauffourées dans la commune urbaine de Boké entre forces de l’ordre et la population qui manifestait contre le délestage, le courant électrique est revenu dans certains quartiers de cette ville minière ce vendredi 15 septembre 2017 à 18H 50 minutes, a appris Guineematin.com à travers son correspondant local.

Joint au téléphone quelques minutes après l’arrivé du courant, le directeur régional de l’EDG, Monsieur Mohamed Lamine Fadiga réagit en ces termes : « ce n’est pas le délestage qui continue. Je suis toujours avec les techniciens et nous nous battons pour le retour à la normale pour que tous les quartiers puissent avoir le courant. Mais pour le moment je ne peux vous promettre avant la fin des travaux techniques ».

Mais avant d’obtenir cette bonne nouvelle, on a enregistré la mort de deux (2) jeunes manifestants, soixante dix huit (78) blessés dont 21 du côté des forces de l’ordre (7 policiers et 14 gendarmes), parmi lesquels 10 sont atteints par balles selon l’hôpital régional de Boké.

En plus des morts et des blessés, plusieurs édifices ont été saccagés par les manifestants. Entre autres, on peut citer : la compagnie de la gendarmerie nationale de Boké qui a été brûlée; l’escadron mobile vandalisé, son contenu dépouillé; l’hôtel le Palmier attaqué par un groupe des manifestants qui ont emporté des matelas, des climatiseurs et des postes téléviseurs; le siège du RPG arc-en-ciel (le parti au pouvoir) saccagé par des manifestants qui, selon le gardien du siège Sayon Coumbassa ont cassé deux cent (200) chaises, emporté six (6) téléphones et d’autres matériels ; des véhicules des particuliers, notamment ceux du Directeur préfectoral de l’éducation et un travailleur d’une société de la place, ont été vandalisés et au moins une boutique a été cassée par des inconnus.

Par ailleurs, de la nuit du mardi 12 à ce jour vendredi 15 septembre 2017, des violents affrontements ont été observés entre manifestants et forces de l’ordre qui échangeait gaz lacrymogènes, balles réelles et cailloux. Heureusement, ce vendredi matin après le pillage du siège du RPG, les sages se sont impliqués davantage pour sensibiliser les jeunes et exiger le retrait des forces de sécurité dans la ville. En dehors des sages, l’artiste Élie Kamano est arrivé dans l’après-midi de ce vendredi pour sensibiliser les jeunes et apaiser les tensions. Comme résultat, le courant est envoyé dans certains quartiers de la commune urbaine.

Au moment où nous mettons en ligne cette dépêche, les routes demeurent barricadées, les forces de l’ordre toujours dans la ville, mais contrairement à la nuit d’hier, un calme précaire est observé dans les quartiers.

En outre, il importe de signaler que depuis le 11 septembre 2017 premier jour de la manifestation, les activités des sociétés minières sont arrêtées, plusieurs passagers venant de Gaoual, Koundara, Conakry ou des pays limitrophes comme le Sénégal, la Guinée-Bissau et la Gambie, sont bloquées aux abords de la ville de Boké.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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