Après leur marche pacifique organisée sur la route Le Prince hier, mercredi 20 septembre 2017, les opposants guinéens ont décrété une journée « ville morte » ce jeudi 21 septembre 2017. Et, comme indiqué par une précédente dépêche de Guineematin.com, ici, au carrefour Cosa, la circulation est normale et les citoyens cherchent à rallier leurs lieux de service et autres activités habituelles.

Abdoulaye Camara est gestionnaire à la direction nationale du Génie rural, au ministère de l’Agriculture. Il n’a pas observé la journée ville ; car, il n’est pas militant de l’opposition. « L’opposition quelque part a raison d’observer la journée ville morte. Mais, ceux qui veulent sortir sont libres et ceux qui ne veulent pas restent à la maison. Moi, je cherche un véhicule comme ça pour me rendre à mon service…. Je ne suis de l’opposition, c’est pourquoi je suis sorti. C’est la seule raison », affirme ce fonctionnaire.

Pour Sékou Oumar Bah, ferrailleur au quartier Bombony, la raison est toute autre. « Je suis sorti de la maison pour chercher la nourriture. Il n’y a rien à la maison pour que la famille consomme. Si je ne sors pas comment ma femme et mes enfants vont manger ? Je ne suis pas à l’aise à la maison car l’argent manque ».

Abondant dans le même sens, Mohamed Kala Bah, commerçant, désapprouve la décision des opposants. « Hier, ils ont manifesté toute la journée et ils ont été largement suivis. Donc, aujourd’hui, ils ne peuvent pas encore demander aux gens de ne pas sortir. Comment ceux-ci vont manger ; et, nous, on connait la conjoncture économique actuelle. Si le guinéen ne sort pas comment il trouvera à manger le soir ? », s’interroge-t-il.

De son côté, Mamadouba Camara, conducteur de moto taxi, justifie sa sortie pour deux raisons. « Premièrement, je suis là pour chercher la nourriture de la famille. Et, deuxièmement, les leaders de l’opposition se battent pour leurs intérêts et non l’intérêt de la population. Ils disent de ne pas sortir, est-ce que c’est eux qui nous donnerons à manger le soir ? Ces opposants ont l’argent, ils ne cherchent pas le quotidien comme nous. Si au moins les réclamations faites par ces leaders étaient au bénéfice de la population-là, on pouvait comprendre. Moi, je ne vais jamais rester à la maison pour une question de ville morte », déclare ce conducteur de moto.

De Cosa, Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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