Depuis quelques jours, les usagers de la route sont confrontés à une hausse fantaisiste du prix du transport par tronçon à cause du manque de carburant dans toutes les stations de Fria, rapporte la correspondante de Guineematin.com dans cette préfecture.

Le transport, qui se négociait entre 1 500 et 2000 selon la distance, a grimpé d’un seul coup et se négocie aujourd’hui entre 2 500 et 3 000 francs guinéens. Très touchés par cette situation, certains citoyens dénoncent l’attitude des conducteurs de motos taxi.

« Ça fait cinq jours que j’ai constaté que certains ont augmenté le transport ; mais, depuis hier, c’est tout le monde qui a augmenté. Entre Bowal et le plateau, j’ai payé 2 500 francs, alors qu’avant, c’était 1 500 ; mais, même avec 1000 francs, je pouvais trouver une moto. Ils font comme s’ils ne nous connaissent pas, ils refusent de diminuer, ils préfèrent te laisser arrêter et partir vide. Pour aller à Tabossy, ils te font payer 6 000 francs guinéens ; alors qu’avant, c’était 3 000 à 4000 GNF. Quand j’ai demandé pourquoi ce comportement, ils m’ont dit qu’il n’y a pas de carburant dans les stations », a dénoncé Ousmane Camara.

Interrogés sur les raisons de cette hausse, les conducteurs de motos, eux pointent du doigt le manque de carburant dans les stations et la hausse du prix d’achat du litre sur le marché noir. « Les gens sont entrain de nous critiquer, pensant qu’on a fait exprès d’augmenter le transport, alors que bientôt une semaine, il n’y a pas de carburant dans les stations. C’est sur le marché noir que nous nous approvisionnons, ceux-ci aussi nous vendent un litre à 12 000 francs guinéens. Certains ont même garé leurs motos, nous qui circulons, on est obligé d’augmenter le transport ; sinon, on va travailler pour rien », a déclaré Islam Camara, conducteur de taxi moto.

Mohamed Fofana, vendeur d’essence au bord de la route, lui, justifie cette flambée par un déplacement couteux qu’ils font pour trouver du carburant. « Il n’y a pas de carburant à Fria ! C’est à Tanènè que je vais tous les jours pour trouver du carburant. Je paie mon transport et celui de mes bidons, si je ne vends pas le litre à 12 000, je ne pourrai rien gagner », a-t-il expliqué.

A la station Total de Fria, les pompistes n’ont pas voulu se prêter aux questions de notre correspondante locale. Ils ont tout simplement déclaré n’avoir rien à dire à l’absence de leur chef qui est en déplacement.

Selon monsieur Abdoulaye Barry, secrétaire général du syndicat des transporteurs de la préfecture de Fria, joint au téléphone par Guineematin.com, cette pénurie constatée dans la ville minière n’est pas liée à un manque de carburant en Guinée. « Ce sont les conducteurs des camions citernes qui ravitaillent la ville de Fria en carburants qui sont en grève », dit-il. Ces chauffeurs des camions auraient donc décidé de protester ainsi contre une mesure de leurs patrons qui auraient décidé que ce soit désormais un seul chauffeur qui voyage par camion et non deux comme d’habitude. Or, les chauffeurs estiment que voyager seul dans le camion n’est pas sécurisant pour eux…

De Fria, Djénabou Diallo pour Guineematin.com

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