La Guinée ne dispose que d’un seul stade de football opérationnel, même s’il ne répond pas à toutes les conditions requises par la FIFA. Il s’agit du vieux stade du 28 septembre, qualifié récemment de « champ de patate » par l’entraîneur de l’équipe nationale locale du Sénégal. Le stade de Nongo, offert à notre pays par la Chine, n’est toujours pas livré au public sportif. Les travaux de finition de ce bijou tardent encore à démarrer au grand dam de la jeunesse, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Il n’est un secret pour personne que le stade du 28 septembre est vieillissant. Construit depuis les années 1960, ce stade est aujourd’hui « un danger », estime un connaisseur du football qui a voulu garder l’anonymat. «Ce stade doit aujourd’hui aller au musée. Il ne doit plus abriter une rencontre internationale. Il faut qu’on ait le courage de le dire. D’ailleurs, il faut sonner l’alerte. Le stade du 28 septembre est de 1964. Quelle est aujourd’hui la résistance des matériaux de ce stade ? On est entrain d’aller là, de se mettre à danser, chanter et tout. Il faut faire venir les Russes pour qu’ils vérifient pour ne pas qu’il y ait un drame humain là-bas. Je regrette, mais le stade du 28 septembre n’est plus dans les normes internationales », a lancé notre interlocuteur.

Pire encore, ce stade est menacé de suspension par la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, à cause de la mauvaise organisation des matches du Sily national : dépassement du nombre de places, trafic de tickets, jets de projectiles contre la RDC en Novembre dernier….

Ibrahima Blasco Barry

Une situation récemment dénoncée par Ibrahima Blasco Barry, secrétaire général de la Féguifoot : « la commission de discipline de la FIFA nous a imposés une amende de 10 mille Francs Suisses, l’équivalent de 10 mille dollars, soit à peu-près 95 millions de francs guinéens que la fédération a payés. C’était suite à la mauvaise organisation de la rencontre Guinée-RD Congo que cette sanction est tombée ».

Le stade de Nongo, d’une capacité d’accueil de 50 019 places, tarde à être opérationnel. Ce bijou, offert à la Guinée depuis 2008, n’est toujours pas mis à la disposition des guinéens, férus de football. Selon nos informations, les chinois ont réalisé 90% des travaux. Il ne reste donc qu’une infime portion à prendre en charge.

De 2008 à 2016, un réel manque de volonté politique a caractérisé les autorités dans le cadre de la finition des travaux : le parking, les toilettes publiques et la clôture. C’est pourquoi, l’Etat a sorti le stade de son portefeuille et en a fait un bail de 33 ans (sans appel d’offres) à Antonio Souaré, actuel président de la fédération guinéenne de football. On était en décembre 2016. Un acte qui avait suscité beaucoup d’espoir chez de nombreux observateurs qui s’attendaient à y aller voir le Sily national affronter ses homologues du continent.

Antonio Souaré

Mais, de décembre 2016 à ce jour, ça coince toujours. Pourtant, ce ne sont pas les moyens qui manquent à la société GBM d’Antonio Souaré pour réaliser ces travaux de finition. Au cours d’une conférence de presse, le président de la Féguifoot avait parlé du mois d’avril dernier pour la fin des travaux. On est aujourd’hui loin du compte.

A quel niveau ça coince réellement ? A part nos sélections nationales, une fois achevé, ce stade ne peut-il pas abriter certains matches de la Ligue guinéenne de football, passée de 12 à 14 clubs ? Peut-on parler de sport sans infrastructures ?

En tous les cas, cette situation n’est pas du goût du public sportif guinéen. Il est temps que le bouillant ministre Bantama Sow, revenu au ministère des sports, demande des comptes à GBM et que ces travaux finissent enfin.

En y arrivant, vous auriez rendu un grand service à la jeunesse, mordue de football et de spectacle, mais qui trépigne aujourd’hui d’impatience.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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