La préfecture de Siguiri, située à l’extrême Nord-est de la Guinée, à la frontière avec le Mali, est l’une des principales zones d’exploitation de l’or sans notre pays. L’exploitation artisanale, à travers l’ouverture de plusieurs mines d’orpaillages, et la présence de nombreuses sociétés minières, ont impacté sérieusement l’environnement. Le préfet de Siguiri se dit inquiet, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

A travers les localités du Bourré, Séké et Lero, la préfecture de Siguiri est la principale zone aurifère par excellence en République de Guinée. Elle est depuis toujours reconnue pour l’exploitation artisanale de l’or, d’où la création à l’origine de plusieurs petites villes et villages. L’arrivée de certaines sociétés comme la SAG et la SMD a également révolutionné l’exploitation industrielle à grande échelle.

Au delà de tous les avantages liés à la pratique, l’exploitation de l’or, comme toutes autres activités minières, comporte d’énormes dangers sur l’environnement.

A Siguiri, des centaines de mines d’orpaillages sont ouvertes en ce moment dans toute la préfecture. Certaines sont aujourd’hui à l’abandon et d’autres en exploitation. Pour y croire et constater les dégâts causés à l’environnement, il suffit de parcourir certaines localités aurifères. Le couvert végétal a disparu à certains endroits, laissant place à des cavernes à ciel ouvert, avec tous les dangers que cela comporte. Tous les cours d’eau sont aussi impactés.

Rencontré à ce sujet, Ibrahima Kalil Keita, le préfet de Siguiri, ne cache pas son inquiétude face à cette situation qui prend de l’ampleur. « L’exploitation artisanale de l’or est en train de causer un grand tort à l’écosystème. Partout, on est en train de couper les arbres, partout on est en train d’agresser les marigots et les rivières. J’avoue que c’est un grand danger pour l’avenir de Siguiri. C’est pourquoi, j’invite les services spécialisés des eaux et forêts, les corps habillés pour la protection de l’environnement. Et j’invite les présidents de districts, les chefs de quartiers, les maires, les sous préfets, les orpailleurs à ce qu’on engage une course contre la dégradation de l’environnement », a dit le préfet.

Cependant, l’orpaillage ne constitue pas la seule activité qui nuirait à l’environnement. Les sociétés minières comme la SAG et la SMD font aussi une exploitation industrielle à grande échelle. A ce niveau, le premier responsable de la préfecture dénonce certaines méthodes d’exploitation.

« La présence des sociétés minières comme la société Ashanti Gold Field dans le Bourré dans la sous préfecture de Kintinia et la Société Minière de Dinguiraye à Léro, dans la sous préfecture de Siguirini, est d’une grande importance pour les siguirikas. Mais, comme pour toutes choses, il y a un aspect positif et négatif. L’aspect négatif, c’est l’utilisation du cyanure qui est un produit toxique. Il y a des barques à résidus de cyanure, mais quand ces bassins débordent, ça crée des dangers pour la consommation, pour les animaux et la population », a expliqué le préfet de Siguiri.

Pour finir, Ibrahima Kalil Keita appel à la vigilance des uns et des autres et demande aux entreprises exerçant dans la préfecture de Siguiri de restaurer les sites déjà exploités.

A signaler que d’autres sociétés minières sont présentement en phase d’installation ou de prospection dans plusieurs parties de la préfecture.

De Siguiri, Mouctar Barry pour Guineematin.com

Tél. : 621 607 907

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin