Le ministère de l’Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et du Travail, situé à Kaloum, près du pont 8 novembre, a été pris d’assaut dans la matinée de ce jeudi 28 septembre 2017, par les ouvriers des différentes entreprises. Ils étaient venus réclamer au ministre Damantang Camara de meilleures conditions de travail et exprimer leur ras-le-bol contre la sous-traitance des entreprises étrangères implantées en Guinée, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Très en colère, ces ouvriers lançaient des slogans hostiles au ministre Damantang Albert Camara et de la gouvernance de son Département. « A bas la sous-traitance des entreprises ! A bas le ministre Damantang Camara ! », entendait-on, entre autres, de ces ouvriers très mécontents.

Aboubacar Sidiki Marra, secrétaire général adjoint de l’UGTG et porte parole de ce mouvement a fait la description de la situation qui a suscité leur ras-le –bol.

« Aujourd’hui, il y a un problème de sous-traitance qui s’installe dans les entreprises qui n’est pas organisé et qui fait que les travailleurs sont devenus des proies pour les escrocs. Cela veut dire que le sous-traitant est celui là qui a la force maintenant de faire tout ce qu’il veut aux Guinéens. Et, le plus souvent, ce sont des entreprises étrangères qui s’installent en Guinée et qui n’ont même pas l’autorisation légale de faire ce travail qui sont en train de sous-traiter nos frères guinéens », a dénoncé le secrétaire adjoint de l’UGTG.

« Chaque fois, dit-t-il, que des tels choses arrivent, nous informons notre ministre. Aujourd’hui, vous avez le cas d’une entreprise chinoise où on a employé nos frères pour la construction du grand hôtel Noon. L’entreprise principale qui est française a soldé sa facture ; mais, les chinois refusent de payer les droits des travailleurs. Et, chaque fois qu’on informe le ministre, il dit : ‘’on a pris acte et on va voir ce qui va se passer’’. Mais, les frères guinéens ne vivent pas de ces actes-là ! Ce sont des décisions qu’il nous faut désormais. Nous l’avons informé depuis novembre 2016 que sur le terrain, ça n’allait pas. C’est un ras-le bol général de Conakry jusqu’à l’intérieur du pays. Les gens sont entrain d’être maltraités et on détourne leurs argents. Parce que quand vous prélevez sur le salaire d’un travailleur pour dire que vous déverser à la caisse nationale de sécurité sociale, quand cela n’est pas fait, c’est un détournement. A chaque fois qu’on remonte les informations au ministre, il n’y a pas de suivi et le manque de suivi nous fait perdre les ouvriers sur les chantiers. Quand une personne tombe sur un site, elle meurt, la seule chose qu’ils peuvent faire pour nous, c’est d’envoyer une mission, faire des enquêtes, situer les responsabilités. Mais, en Guinée, on ne veut pas situer les responsabilités ; quand des vies sont perdues, c’est comme si de rien n’était », a déploré Aboubacar Sidiki Marra.

Le syndicaliste et porte parole des manifestants contre le ministre Damatang Camara estime que c’est puisqu’il n’y a jamais de suite à leurs revendications qu’ils sont en train de toujours enregistrer des accidents mortels dans les différents chantiers. « Nos revendications n’ont jamais eu de suite. Quand on vient, il nous dit que le dossier est orienté à l’inspection générale du travail. Vous allez là-bas, chez l’inspecteur Alya Camara, il n’y aura jamais de suite. Et, de l’autre côté, nous sommes en train d’enregistrer des morts sur le terrain », a-t-il regretté.

Selon le porte parole des ouvriers, les entreprises principales payent 100 000 francs guinéens par jour à l’ouvrier ; mais, le pauvre ouvrier perçoit 32 000 francs guinéens. « La loi dans notre pays interdit qu’on touche au traitement du travailleur. Ce n’est pas sur le salaire du travailleur que le sous-traitants doit prélever », a-t-il martelé.

Enfin, Sidiki Marra a prévenu que ce mouvement de protestation pourrait se transformer en marche s’ils n’obtiennent pas gain de cause. « Si on ne nous répond pas aujourd’hui, nous allons faire une demande adressée à monsieur le gouverneur pour nous autoriser à faire une marche parce que trop c’est trop », a-t-il lancé.

A rappeler que nous n’avons pas pu accéder au ministre Damatang Albert Camara pour écouter sa version des faits dans ce dossier. Selon ses collaborateurs, le ministre était déjà au conseil interministériel. Et, le secrétaire général du Département, Michel Koivoigui, trouvé sur place, n’a pas voulu s’exprimer sur ce sujet, disant que c’est le ministre lui-même qui devrait s’exprimer sur cette affaire…

A suivre !

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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