« Aujourd’hui, notre souci principal est l’ouverture du marché européen à nos produits de pêche, la reprise des exportations, la désignation de débarcadères pour les produits destinés à l’exportation », a indiqué la patronne de l’Office National du Contrôle sanitaire des Produits des Pèches. Parmi ses besoins, madame M’mah Aribot Savané veut que l’ONSPA ait beaucoup plus de matériels pour mener à bien sa mission, notamment des véhicules pour la Direction et des motos de service pour les agents sur le terrain. Parce que la DG veut que l’ONSPA parvienne à couvrir l’ensemble du pays… « Partout où il y a un conteneur de poisson, nous devons être là-bas », dit-elle.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de cette interview que madame M’mah Aribot Savané a bien voulu nous accorder :

Guineematin.com : madame la Directrice Générale de l’ONSPA, et si on commençait par expliquer à nos lecteurs c’est quoi ce service ?

Madame M’mah Aribot, Directrice Générale de l’ONSPA : Merci de venir vers moi pour cet entretien. Pour répondre à votre question, je dirais que l’Office National du Contrôle sanitaire des Produits des Pèches est un établissement public à caractère administratif et financier, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, chargé de mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de contrôle sanitaire des produits de pêche.

On sait que c’est un autre service qui était là avant, comment en est-on arrivé à l’ONSPA ?

Avant, il y avait le SIAQPA (Service industries assurance qualité des produits de pêche et de l’aquaculture) qui était chargé du contrôle sanitaire des produits de la pèche et de l’aquaculture sur le marché national et international. Grâce à l’arrivée de son Excellence le Professeur Alpha Condé, Président de la République, ayant fait le constat que la Guinée n’exportait pas ses produits de pèche vers le marché de l’Union européenne, il a demande la cause et on lui a expliqué. Parmi les causes, il y avait l’autonomie du service de certification des produits de pêche parce que l’Union Européenne avait demandé que ce service soit autonome administrativement et techniquement et qu’il soit doté des moyens financiers pour lui permettre de certifier les produits de pêche et de l’aquaculture et a insisté que ce service soit indépendant. C’est suite à cela que son excellence le Président de la République a demandé au Ministère de la Pêche de mettre en place l’ONSPA. Donc, c’est grâce à la volonté personnelle du Président Alpha Condé qu’il y a eu la création de ce service. Donc, l’Onspa été créé avant les Etats Généraux de la pêche parce que le président de la République tenait beaucoup à ce que le label guinéen soit représenté sur le marché international.

Vous parlez de l’apport personnel du Président de la République, sur le plan fonctionnement est-ce qu’on peut connaître les attributions de votre service ?

Quand je dis que c’est grâce au Président de la République, vous pouvez le constater par vous-même que seul dans le conseil d’administration de l’ONSPA parmi les services du Ministère de tutelle où on trouve un représentant de la Présidence et un représentant de la Primature. C’est pour vous dire combien de fois il tient à ce service. Pour ce qui est des attributions, je puis vous dire que l’ONSPA est chargé de la certification des produits de la pêche et de l’aquaculture sur toute l’étendue du territoire national. Pour cela, l’ONSPA participe à l’élaboration des textes réglementaires. Et nous contrôlons les produits depuis avant la pèche jusqu’à l’assiette du consommateur. Nous avons, pour cela, ouvert des bureaux un peu partout non seulement sur le littoral mais aussi dans d’autres préfectures non côtières. Tout cela sous la clairvoyance du Président de la République.

Depuis que ce service a vu le jour quelles sont les actions que vous menées sur le terrain pour une bonne exécution de votre mission ?

Nous accompagnons les acteurs de la pêche, nous faisons l’audit des navires avant l’obtention des licences notamment des établissements de traitement des poissons avant qu’on envoie les produits à l’exportation ou sur le marché local. Et, récemment, on a accompagné des étudiants qu’on a formé qui sont la plus part embauchés dans ces structures comme contrôleurs de qualité. Avant la création de l’ONSPA, on n’avait pas 20 établissements. Mais, aujourd’hui, on a beaucoup d’établissements et on envoie nos produits un peu partout dans le monde, sauf dans l’espace de l’Union Européenne.

Quels sont les moyens dont vous disposez aujourd’hui pour mener à bien votre mission ?

Nous avons les moyens réglementaires, les moyens législatifs les manuels de procédure… Nous avons aussi un personnel qui a reçu beaucoup de formation grâce à la coopération entre la Guinée et le NEPAD, il n’y a pas longtemps, nous avons reçu un lot de matériels pour le laboratoire ; une partie donnée à l’ONSPA, l’autre au laboratoire de LCVD. Aujourd’hui, nous avons une grande convention entre la Guinée et le Maroc. Chaque année, on envoie deux inspecteurs de l’ONSPA en formation au Maroc.

Est-ce qu’il y a des actions qui sont menées en faveur des acteurs de la Pêche au niveau de l’ONSPA ?

En ce qui concerne les acteurs de la pêche, grâce à cette volonté du chef de l’Etat, il y a un projet chez nous, le STDF qui appuie le secteur de la pêche. Tout récemment, on a construit une fourre améliorée au port de Témenetaye. Cette fourre est une fourre qui répond aux normes internationales et nous comptons construire d’autres fourres de ce genre à Conakry et à l’intérieur du pays. Nous accompagnons aussi les acteurs qui, dans la plus part du temps, ne connaissent pas le secteur. Et, chaque fois qu’il y a des formations, nous faisons profiter ces acteurs. C’est pourquoi, la plus part de ces acteurs connaissent comment faire pour avoir du poisson de qualité.

Quels sont les partenaires qui vous accompagnent dans votre mission ?

Nous avons le NEPAD, le Maroc, la ZAIKA avec la coopération japonaise… Nous avons aussi la coopération de l’Union Européenne à travers le projet STDF dont je vous ai parlé tantôt. Tout cela, grâce à l’ouverture d’esprit du président de la République, le professeur Alpha Condé. Aujourd’hui, nous avons le souci de bien faire notre travail parce que la plus part de nos inspecteurs sont assermentés, nous voulons aussi avoir beaucoup plus de matériels pour mener à bien notre mission, notamment des véhicules pour la Direction et des motos de service pour les agents sur le terrain ; car, nous comptons couvrir l’ensemble du pays, c’est cela notre mission. Partout où il y a un conteneur de poisson, nous devons être là-bas.

Des progrès certes sont enregistrés, quelles sont les perspectives de développement au niveau de l’ONSPA ?

Aujourd’hui, notre souci principal est l’ouverture du marché européen à nos produits de pêche, la reprise des exportations, la désignation des débarcadères pour les produits destinés à l’exportation. Car, cela fait parti des recommandations de l’Union Européenne. Monsieur le Ministre est entrain de nous aider pour cela. L’objectif principal est de couvrir l’ensemble du pays au contrôle sanitaire parce qu’on ne peut pas qu’on se focalise seulement sur les produits exportés, il faut aussi que le poisson vendu sur marché local soit un poisson de qualité et cela ne peut se faire que par une couverture sanitaire totale du pays. Nous devons aussi avoir des unités de transformation dans notre pays, il ne faut pas qu’on se contente seulement des recettes qui proviennent des exportations parce que quand il y a des usines, ça nous permet aussi de créer de l’emploi. Aussi, nous pouvons transformer des produits de pêche ici pour les exporter ; en ce moment, nous pouvons gagner plus. Mais, ce qui est plus important dans tout ça, c’est d’avoir une zone industrielle de pêche. Si la zone est viabilisée, tout opérateur qui veut implanter une usine on lui montre la zone et il implante son usine, les gens s’implantent un peu partout sur le littoral et c’est ce qui n’est pas normal.

Madame la Directrice Générale, entant que femme à votre avis quel est rôle que les femmes doivent jouer pour la réussite du quinquennat du Président ?

Je pense que les femmes ont un grand rôle à jouer auprès du Président de la République. Moi, personnellement, je suis restée très longtemps sous les ordres des hommes. C’est sous le Président de la République, le Professeur Alpha Condé que je suis devenue Directrice Générale. Donc, chaque femme, là où elle est, peut faire quelque chose pour le Président. Avec 52 pour cent de la population, elles sont indispensables à la réussite des actions du Président, elles doivent le comprendre et agir positivement.

Interview réalisée par Ibrahima Kalil Diallo pour Guineematin.com

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