Le dossier de Mamadou Taibou Bah, plus connu sous le nom d’Oustaz Taibou et de sa femme Hassatou Baldé, a été requis et plaidé ce lundi 23 octobre 2017, à la Cour d’Appel de Conakry. Cette affaire a connu son premier jugement au Tribunal de Première Instance de Mafanco où le couple a été reconnu coupable des faits d’escroquerie. A cet effet, le 14 avril 2017, une décision a été rendue par ce tribunal en les condamnant au remboursement de la somme de 8 milliards 86 millions de francs guinéens, tout en ordonnant la saisine des biens meubles et immeubles appartenant à ce couple. Estimant ainsi que le droit n’a pas été dit au premier ressort, les avocats de la défense ont interjeté Appel, a appris Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Au cours des plaidoiries, l’avocat de la partie civile, maitre Salifou Boiro a dit qu’il y a eu bel et bien délit d’escroquerie au préjudice de Thierno Nouhou Diallo et consorts. C’est pourquoi, dit-t-il, «je demande à la Cour d’examiner cette affaire en restant dans le dossier », a-t-il dit.

Maître Boiro a laissé entendre que dans cette affaire l’enjeu est de taille car, dit-il, c’est les familles d’une centaine de personnes qui sont directement et indirectement intéressées.

Par ailleurs, il a demandé à la Cour de confirmer la décision du TPI de Mafanco en leur accordant suffisamment des dommages et intérêts. « Nous sollicitons à la Cour le payement de ce montant, ensuite nous accorder suffisamment de dommages et intérêts et d’ordonner la contrainte par corps », a sollicité maitre Boiro.

De son côté, le procureur Aboubacar Camara a fait comprendre, dans ses réquisition, qu’il n’ ya pas eu de manœuvres frauduleuses dans cette affaire. Selon lui, il n’y a pas eu d’escroquerie. « Je demande à la Cour d’infirmer la décision du tribunal de Mafanco », a-t-il requis.

La défense, par la voix de maître Ibrahima Barry, demande relaxe pure et simple de ses clients pour délit non constitué. « Dans ce dossier, il n’y a pas eu d’escroquerie. Le prévenu même a reconnu que ce n’était pas des montants escroqués, mais ils étaient en relation d’affaires avec la partie civile. C’est évident, il n’y a pas eu d’escroquerie. On ne peut escroquer que ce qui a été remis. C’est un dossier qu’on a mis du bruit au tour mais en réalité il n’en est pas un. Donc, nous demandons au président d’infirmer la décision et relaxer purement et simplement nos clients », a-t-il demandé.

Revenant sur la décision attaquée, il dira qu’elle n’est pas motivée. « Quand un juge dit, je condamne quelqu’un, il faut dire qu’est-ce qui t’a emmené à prendre cette décision. Mais, il ne dit rien. Il dit je condamne seulement. Seul Dieu ne motive pas sa décision. Mais le juge, quand il dit ça, il doit dire comment il est arrivé à ça. Donc, si le droit est dit ici, cette décision sera annulée », a-t-il ajouté.

A la sortie de l’audience, maître Salifou Boiro a fait observer que le ministère public n’a pas compris ce dossier. « Quand le premier juge d’instruction croit qu’il y a eu escroquerie et que le juge du fond confirme qu’il y a bel et bien eu cette infraction, je ne m’attends pas à ce qu’un juge d’appel devant lequel personne n’a développé un seul motif juridiquement soutenable, pour qu’il infirme ce jugement comme requiert le ministère public. Le ministère public n’a même pas compris ce dossier. Sinon, il pouvait plaider la confirmation pure et simple et en toutes ses dispositions. Moi, la démonstration, je n’ai pas tellement à faire, mais j’invite le juge d’Appel de suivre les deux premiers magistrats qui ont examiné cette affaire dans les détails », a-t-il mentionné.

Pour rappel, Oustaz Taïbou sa femme, madame Hassatou Baldé, avaient été reconnus coupables d’escroquerie au préjudice du cambiste Thierno Nouhou Diallo, sur un montant de huit milliards quatre vingt six millions de francs guinéens.

Pour la délibération, le dossier est renvoyé au 6 novembre 2017.

Saidou Hady Diallo Pour Guineematin.com

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