Cinq jours après l’effroyable assassinat de Chérif Ibrahima de Sagalé, les populations de cette commune rurale, située à une trentaine de kilomètres à l’Ouest de la préfecture de Lélouma, vivent toujours dans la psychose, rapporte l’envoyé spécial de Guinematin.com qui séjourne dans la localité depuis le mardi, 30 octobre 2017.

C’est avec une peur au ventre que les habitants de Sagalé et ceux des villages environnants expliquent le drame survenu, le dimanche dernier dans leur localité. L’horrible assassinat du chef religieux, Chérif Ibrahim, est sur toutes les lèvres. Devant des boutiques, des ateliers de coutures et autres lieux de regroupement, c’est le sujet qui monopolise tous les échanges. Au lendemain de l’assassinat, la sécurité a exfiltré Mouctar Koula Diallo (assassin présumé, arrêté sur les lieux du crimes par les citoyens) à Labé.

Aujourd’hui, les questions qui reviennent sans cesse sont entre autres : Qui est le véritable commanditaire de cet assassinat de Chérif Ibrahim et que se cache derrière cet assassinat ? Pour quels motifs ? Quels sont les complices de l’assassin ? Est-ce que la justice fera son travail ? Pourquoi depuis le retrait de l’assassin, il n’y a toujours pas eu de mission des autorités pour continuer à sensibiliser les populations et remonter leur moral ?

Dans la famille éplorée, tout comme au centre de la sous-préfecture où les biens publics ont été saccagés, aucune force de sécurité n’est visible ; il n’y a ni policiers, ni de gendarmes. Déjà, le sous-préfet, Abdourahmane Diallo et sa famille se sont réfugiés à Lélouma centre.

Joint au téléphone par l’envoyé spécial de Guineematin.com hier, mercredi 1er novembre 2017, à partir de sa cachette, monsieur Abdourahmane Diallo, le sous-préfet, dit craindre pour sa sécurité. « Je n’ai fait que jouer mon rôle en voulant protéger les personnes de Sagalé et leurs biens. Mais, sur mon retour dans la sous-préfecture, il faut d’abord que je me rassure de ma sécurité et celle de ma famille parce que je crains toujours…», a-t-il dit au bout du fil.

Concernant le pillage du bloc administratif de la sous-préfecture, Abdourahamane Diallo a expliqué avoir auparavant alerté le Préfet, Mohamed Deen Camara qui s’est déplacé en personne. « Le préfet de Lélouma est arrivé sur les lieux aux environs de zéro heure. On est reparti pour revenir le matin. Puisque les talibés estimaient qu’on devrait interroger l’assassin sur place et cela n’a pas été fait, ils ont commencé à jeter des pierres. C’est ainsi que nous avons fait appel à un renfort qui est venu l’extraire et l’amener pour des fins d’enquêtes. N’ayant pas compris que l’assassin allait être interrogé par les autorités pour connaître le motif de l’assassinant, ils ont accusé les autorités de vouloir libérer le bandit. C’est ainsi qu’ils sont allés s’attaquer aux symboles de l’Etat », a expliqué le sous-préfet.

Par ailleurs, du côté de l’éducation, les écoles sont toujours fermées. Interrogé sur la question, un enseignant et également représentant de la société civile de Sagalé, a dit que les parents n’ont toujours pas le courage de libérer leurs enfants. « Les parents d’élèves disent craindre d’éventuelles violences dans la sous-préfecture. C’est pourquoi, ils veulent attendre l’après enterrement de l’érudit. En attendant, tous les enseignants du collège de Sagalé sont présents sur les lieux. Par contre, au niveau de l’école primaire, certains enseignants ont préféré créer le vide, en attendant de voir plus clair », a-t-il expliqué.

En dehors des autorités en fuite avec certains enseignants, la plus part des habitants, interrogés par l’envoyé spécial de Guineematin.com disent avoir peur de ce qui s’est passé.

A rappeler qu’à Sagalé actuellement, le climat de méfiance s’installe petit à petit dans les esprits, surtout quand on pose la question sur d’éventuels commanditaires de cet assassinat, d’où l’importance d’un retour rapide des autorités sur les lieux.

Mamadou Alpha Assia Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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