Violences contre les journalistes : les médias vont porter plainte contre la gendarmerie de Matam

A l’image de tous les pays du monde, la Guinée a célébré la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, hier jeudi 2 novembre 2017. C’est la maison de la presse qui a servi de cadre à cette cérémonie en présence de toutes les Associations professionnelles des médias. Les crimes contre les journalistes, l’impunité et surtout les agressions physiques et verbales des forces de l’ordre contre les journalistes à l’escadron mobile numéro 3 de Matam ont été les points dominants des débats, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

A l’entame, c’est Asmaou Barry, présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAAC) qui a fait la lecture de la déclaration commune des Associations des médias.

Au cours de la lecture, elle a rappelé que cette commémoration, décrétée par l’ONU en 2014, est une réponse éloquente au double assassinat à Kidal au Mali de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, respectivement journaliste et preneur de sons de RFI. « Le 2 novembre de chaque année représente désormais une date à saisir pour rappeler les multiples crimes commis au niveau national et international contre les professionnels de l’information… »

Après la lecture de cette déclaration conjointe, c’est le Colonel Mamadou Alpha Barry, chargé de la communication de la gendarmerie nationale qui a pris la parole.

Évoquant l’incident malheureux qui a eu lieu entre les journalistes et les forces de l’ordre le 31 octobre à Matam, le Colonel Barry dira que la gendarmerie n’est pas l’ennemie de la presse. « Je ne suis pas venu ici pour empêcher de déposer la plainte. La gendarmerie n’est pas l’ennemie de la presse. Aujourd’hui, si les citoyens guinéens ont la paix par rapport à ce que les hommes en uniformes les font, c’est moi qui aurais la paix. Notre objectif est qu’on n’ait plus jamais ça. On n’est pas là pour qu’il n’y ait pas sanctions, ou pour se coucher et demander pardon pour que la plainte ne soit pas introduite. Notre souci est qu’on lave le linge en famille et que la justice tamise tout », a dit le Colonel Barry.

Après l’intervention du Colonel, c’est Talibé Barry, Directeur du groupe de presse La République-City FM, s’est dit inquiet. « Il y a eu plusieurs fois où les journalistes se sont retrouvés pris en tenailles par les gendarmes. Ils ont présenté plusieurs fois des excuses. Nous nous souhaiterions que cette fois qu’on en soit à la dernière brutalité, à la dernière violence qu’un gendarme infligerait à un journaliste », a-t-il lancé.

En outre, Talibé Barry dira que les journalistes tiennent « à ce que la plainte que nous allons déposer soit traitée et résolue pour qu’ils sachent désormais, le moindre acte délibéré, malveillant, déplacé qu’ils causeraient à un journaliste sera puni devant la loi », a laissé entendre Talibé Barry.

On notait la présence des associations de presse : AGEPI, AGUIPEL, URTELGUI, APAC. Ces associations ont rappelé que ce n’est pas la première fois que la gendarmerie fait des exactions à l’encontre des journalistes. En guise d’exemple, ils ont cité le cas de Kounkou Mara à la BCRG, Abdoulaye Oumou Sow du site Guineematin.com et beaucoup d’autres cas où les journalistes sont bastonnés lors des manifestations par des gendarmes.

Ainsi, il a été décidé par les associations de presse de déposer une plainte le lundi 6 novembre 2017 au Tribunal de Première Instance de Mafanco.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 654 416 922/664 413 227

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