Ce mercredi, 8 novembre 2017, des mendiants non contents d’être délogés par le gouverneur de la ville de Conakry, aux abords de l’autoroute Fidel Castro, sous les échangeurs de la Grande Mosquée Fayçal et du marché de Madina, ont momentanément bloqué le passage qui mène au gouvernorat, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Décidés à en découdre avec les services du Général Maturin Bangoura, Mamadouba Bangoura, porte-parole auto désigné a expliqué au nom de ses paires, « être venus demander une place pour habiter ».

Visiblement remonté, M.Bangoura reproche au Président du conseil de ville de Conakry, d’avoir ordonné notre déguerpissement. « Les agents sont venus tout brûler. Nous n’avons plus rien, notre manger, nos habits, tout a été détruit », se plaint-il.

A la question de savoir s’ils avaient été indemnisés pour libérer les lieux en 2015, un autre indigent plus nerveux rétorque, « le Gouverneur bouffe combien par jour ? Est-ce que 10 millions peuvent le suffire en une journée ? Nous, même si c’est 40 milliards, on ne quitte pas ici, d’ailleurs arrêter de nous demander. Ca suffit ! » Dit-il l’air plus menaçant.

Interrogé sur la question par une femme parlementaire, le gouverneur Général Maturin Bangoura a expliqué les raisons de ce nettoyage. « Nous l’avons fait dans le souci de rendre propre la ville et d’assurer eux-mêmes leur sécurité ». Mais avant, le Chérif de Conakry a tenu à préciser ses démarches : « J’ai rencontré Madame la ministre de ‘action sociale pour poser leur cas. On m’a répondu que tous les mendiants en République de Guinée qui étaient aux abords de l’autoroute, ont reçu une enveloppe de 10 millions et faciliter leur retour dans des lieux plus appropriés ».

Seulement, regrette t-il, une année après, « ils ont commencé à revenir par petit groupe et envahir les mêmes endroits ». Au vu de cela, « nous ne pouvions pas rester les bras croisés. « J’ai envoyé mon cabinet les rencontrer hier et c’est comme ça qu’on a libéré les lieux », s’est défendu le Général.

Au moment où nous quittions les lieux, les tricycles qui encerclaient la rentrée commençaient à s’éparpiller par petits groupes, et d’autres, les plus radicaux, appelaient à jeter des cailloux ou à barrer la route du port.

S’il n’est pas admissible que des personnes fussent-elles des infirmes de toute sorte occupent illégalement la route ou des droits inappropriés de la ville, il est aussi nécessaire, voir urgent et impératif que le gouvernement à travers son département de l’action sociale, prennent des mesures idoines pour ne pas laisser ces personnes vulnérables à la merci de la nature. Car, personne ne peut souhaiter être à leur place ou avoir un proche de leur classe. Mais, c’est un fait de Dieu, a-t-on coutume de dire dans notre société.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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