Le lundi, 6 novembre 2017, les trois juges d’instruction chargés de l’enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry ont notifié aux parties concernées la fin de l’information judiciaire, a appris Guineematin.com d’un communiqué.

Avec cette nouvelle évolution du dossier, les organisations de défense des droits de l’homme qui accompagneront et représenteront les victimes au procès demandent le renvoient des 14 présumés responsables, dont l’ex Chef de la Junte Moussa Dadis Camara, devant le Tribunal de Dixinn, afin de permettre l’ouverture d’un procès dès 2018.

Le 28 septembre 2009, la répression d’un meeting des « Forces Vives » au Grand Stade de Conakry faisait plus de 156 morts et des dizaines de personnes toujours portées disparues. Plus d’une centaine de femmes avaient été violées.

Près de 8 ans après l’ouverture de l’information judiciaire, sa fin ouvre la voie à un procès. Les avocats qui accompagnent les victimes ont remis, lundi, aux juges d’instructions leurs observations finales, à travers un document d’une centaine de pages synthétisant 8 années d’enquêtes et sollicitant le renvoie des 14 présumés responsables visés par l’instruction devant la Chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Dixinn. Une fois la procédure mise à la disposition des parties pendant 72 heures, elle sera transmise au parquet de Dixinn qui prendra ses réquisitions définitives.

« Pendant près de 8 années, nos organisations et leurs avocats ont travaillé sans relâche pour nourrir le dossier d’instruction et accompagner le plus grand nombre de victimes. Cette nouvelle étape dans la procédure constitue une première victoire car elle permet l’ouverture prochaine d’un procès » souligne le président de la FIDH, Dimitris Christopoulos.

Depuis que la FIDH, l’OGDH et l’AVIPA se sont constituées parties civiles à la procédure en mai 2010, près de 450 victimes ont été accompagnées par lesdites organisations. Les avocats du Groupe d’Action Judiciaire (GAJ) de la FIDH ont également participé aux enquêtes, à travers des demandes d’actes et la transmission d’informations.

« Avec la tenue de ce procès, l’Etat guinéen aura la possibilité de mettre fin à des décennies de culture de l’impunité et de violences politiques » observe la présidente de l’AVIPA, Asmaou Diallo.

Il est à présent urgent que le gouvernement guinéen s’attelle à l’organisation de ce procès hautement historique et symbolique pour la Guinée. Les fonctions qu’ont occupées les inculpés, le nombre de victimes et le degré de médiatisation, constituent d’importants défis qui imposent une organisation logistique appropriée en amont du procès, afin que soit assurée la sécurité de tous les participants et qu’une place centrale soit accordée aux victimes constituées partie civiles.

« Nous félicitant de la fin de l’information judiciaire, nous appelons désormais les autorités politiques guinéennes à donner à la justice tous les moyens nécessaires pour organiser en 2018 ce procès tant attendu » affirme le président de l’OGDH, Abdoul Gadiry DIALLO.

Communiqué transmis par la Cellule de Communication de l’OGDH

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