Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, dans l’après midi de ce mercredi, 8 novembre 2017, la Cour Suprême de la République de Guinée a jugé « irrecevable » le recours de la radio privée Espace FM contre la décision de la Haute Autorité de la Communication, suspendant ses émissions pour une semaine (du 3 au 9 novembre 2017, inclusivement). L’annonce a été faite par le président de la Cour suprême, Elhadj Kanfory Kaltamba.

Au sortir de l’audience, l’avocat de la radio, maître Thierno Souleymane Baldé a dit ne pas comprendre ce qui arrive. « On est tous légalistes. Quand la décision de la HAC a été prise, nous avons déposé notre requête depuis le lundi. En matière d’urgence, quelque soit le pays, il faut qu’on aille vers une juridiction compétente qui est la Cour Suprême. On ne peut pas dire que puisqu’on a écrit ‘’requête’’ afin de nous autoriser de signer d’heure en heure, que ce n’est pas légal. Dans l’affaire Mandian Sidibé, nous avons eu une même procédure devant cette même Cour Suprême. A l’époque, que la requête soit admise et qu’il y ait l’annulation de la décision et que cette fois, qu’on nous dise que la forme n’est pas conforme, ça nous étonne », a-t-il dit.

Maître Thierno Souleymane Baldé, réfute également le fait de dire que la Cour Suprême était dans une procédure ordinaire. « Nous ne sommes pas dans une procédure ordinaire où si vous déposez un recours, il faut deux ou trois mois. On est en matière d’urgence. Nous nous étonnons et nous nous retrouvons dans une situation difficile dans la mesure où la HAC peut penser avoir la carte blanche pour continuer à museler la presse en Guinée. Le combat ne fait que commencer ; nous allons réfléchir pour savoir exactement quelle suite nous allons donner », a-t-il promis.

Pour sa part, Mohamed Mara, journaliste à radio Espace Fm, il a déploré le fait que leur requête n’a pas été examinée sur le fond. «Cela veut dire que le juge n’a pas cherché à savoir si oui ou non il y a eu abus de pouvoir sur notre média et par ricochet sur le principe de la liberté d’expression dans notre pays. Les préjudices sont énormes : d’abord, il y a une rupture abusive de notre contrat avec nos auditeurs pour les quels nous travaillons. De l’autre côté, nous avons des partenaires, des clients et nous avons des engagements qu’il faut nécessairement tenir. Or, nous sommes empêchés depuis maintenant six jours de tenir ces engagements », a-t-il déploré.

Enfin, Mohamed Mara a rappelé que cette bataille avait déjà commencé sous un angle politique. « Nous ne pouvons pas aller au-delà de cette décision ; mais, nous allons nous concerter et continuer à nous battre parce que cette bataille a commencé d’abord sur un terrain politique avant de se retrouver en justice. Vous savez tous la pression dont le groupe Hadafo médias fait l’objet depuis deux ou trois ans. Vous savez la rancœur tenace de la présidente de la HAC vis-à-vis de notre PDG, c’est un secret de polichinelle. Si toute la corporation se tient aux côtés du groupe Hadafo médias, c’est parce que les journalistes se rendent compte que notre profession est en danger dans une République qui se dit respectueuse des droits de l’homme, de l’Etat de droit. Force est de constater aujourd’hui que nous venons de manquer à ce rendez-vous… », a-t-il déploré.

Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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