Les relations semblent être curieusement très tendues actuellement entre le chef du Centre de Santé (CS) de Donghol-Touma, Oury Bah et les responsables de la Section de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) dans cette localité située à 65 km à l’Ouest du chef-lieu de la préfecture de Pita, dans la Région Administrative de Mamou, en Moyenne Guinée, a appris Guineematin.com, samedi soir, de façon très surprenante.

Lorsque dans la soirée du samedi, 11 novembre 2017, nous avons pris notre téléphone pour joindre le chef du Centre de Santé (CS) de Donghol-Touma, Oury Bah en vue de vérifier l’information qui venait de tomber dans notre rédaction relative à l’insalubrité de son environnement de travail, notre surprise a été grande d’apprendre de notre interlocuteur au bout du fil que ce sont les responsables de la Section locale de l’UFDG qui constituent notre source, parce qu’un d’entre eux aurait récemment promis de lui faire la guerre.

« J’imagine celui qui vous a dit ça. Il y a un monsieur qui a promis de me faire la guerre là-bas. Moi, je ne suis pas là-bas pour faire la politique. On a recruté des Agents Communautaires (AC). Vous savez que maintenant les AC se recrutent en fonction de la taille de la population de la sous-préfecture. C’est un AC pour 650 habitants. Donghol-Touma a 42 AC. Il y a le secrétaire général de la Section UFDG de là-bas qui voulait être point focal, chargé de suivre les 42 AC. Malheureusement, c’est un analphabète, un ancien chauffeur et pour exercer cette activité là il faut être personnel de santé, parce que les rapports sont hebdomadaires sur les décès maternels, les naissances et autres. C’est la surveillance hebdomadaire épidémiologique. Il a appelé Hadja Maïmouna qui était ministre pour lui demander de l’aider pour être AC. Les gens m’ont appelé, moi, j’ai dis que je ne refuse pas mais il n’est ni agent de santé, et il n’a pas les compétences requises. Ensuite, ce n’est parce que maintenant c’est une délégation spéciale qu’on va faire du n’importe quoi. Notre sous-préfet est malade. Il est à Conakry. Il doit même être référé à Dakar. Depuis lors le président de la délégation spéciale et ses loubards là font ce qu’ils veulent. Moi, j’ai dis donc qu’il ne peut pas être AC. Il est sorti dire que le Centre est sale. Lui-même il gare sa moto dans le salon au Centre de Santé. C’est la communauté qui a carrelé là-bas. Elle a financé 85 millions de francs guinéens. C’est l’ancien maire qui était là-bas, Elhadj Mamadou qui a carrelé et peint. Je lui ai dis puisque toi-même tu dis que c’est sale alors que tu prends ta moto dans la boue là-bas tu viens garer ici, tu ne va plus garer ici. Je comprends que c’est lui qui a dit. Ils ont un clan là-bas. Moi, ça ne me dérange pas. Ce sont des analphabètes, des profiteurs. C’est parce que maintenant on dit délégation spéciale, ce sont des gens qui ne sont pas élus, comme ils sont au compte de l’UFDG, majoritaire là-bas. C’est un diaspora qui est revenu, qui parle français mais qui n’écrit pas qui est président de la délégation spéciale. Malheureusement, le secrétaire général de l’UFDG là aussi a eu des problèmes avec monsieur Khalil, l’enseignant de N’Diré, un militant actif du RPG Arc-en-ciel. Ils se sont battus dans la rue, il l’a étranglé. Maintenant, Khalil a fait une plainte régulière qu’il a déposée à la Gendarmerie à Donghol-Touma. Le commandant a fait une réquisition régulière qu’il m’a envoyée. Moi, j’ai traité Khalil, j’ai confirme dans mon registre de consultation coups et blessures. J’ai mis tout ce que j’ai vu. Maintenant les produits ont couté 45.000 GNF. Oumby est venu dans mon bureau, montrer ses muscles, me menacer même. Que je ne devais pas lui faire payer des choses comme çà. Il croyait que nous étions du même parti. Je lui ai dis que quand je rentre dans la cour du centre là, je n’appartiens à aucun parti, j’appartiens à la population de Donghol-Touma. Je suis natif de Timbi-Madina, je suis là pour des raisons de service. Vous vous trompez. Le président de la délégation spéciale aussi est venu me reprocher pour dire que moi j’ai changé », s’est longuement expliqué au téléphone de Guineematin.com le chef du centre de santé de Donghol-Touma.

Pour nous convaincre que l’information relative à l’insalubrité du centre de santé est fausse, Oury Bah nous a invités à nous rendre à Donghol-Touma.

« Venez ! Si vous venez à Donghol-Touma, moi je paye votre transport. Ce sont des menteurs.»
Poursuivant ses récriminations, l’agent de santé déclare vouloir renoncer à toute idée de mutation afin de régler les comptes de l’UFDG lors des prochaines élections locales.

« Je venais de faire une demande de mutation mais j’annule, parce que si je quitte, ils vont croire que j’ai peur. Je vais rester jusqu’après les élections. On va se battre, on va voir. Nous sommes tous des guinéens » a-t-il prévenu avant de nous demander d’aller seul sans nous faire accompagner de ceux qu’il suppose être notre source d’information: « si vous venez, venez seul. Ne venez pas avec eux. Je ne les reçois pas dans mon bureau.»

Du côté de l’UFDG, le président de la délégation spéciale de la commune rurale de Donghol-Touma, Modi Ibrahima Diallo, un fin aventurier à l’esprit alerte qui a grandi au Sénégal peu semé son interlocuteur le plus avisé.

« Le centre de santé de Donghol-Touma était mal entretenu. Mais, c’est maintenant assaini. Ce n’est même pas son rôle. Il y a le comité de santé qui s’occupe de ces questions. Moi, je n’ai rien contre lui. Je suis maire, il est chef du centre de santé. C’est trop enfantin ce qu’il est entrain de faire. Moi, je suis là pour tout le monde. J’ai le dos large » a déclaré dimanche matin, au téléphone de Guineematin.com « le maire de la commune rurale de Donghol-Touma. Sur les ambitions du secrétaire général de la section locale de l’UFDG qui voulait, dit-on, être point focal de l’Unicef à Donghol-Touma, le président de la délégation spéciale de la commune rurale parle aussi de diffamation.

« Il a choisi un point focal qui n’est pas autochtone de Donghol-Touma. Je n’ai rien dis. Je ne me suis pas opposé à ce choix. Il est allé prendre à Timbi-Madina pour en faire un point focal de l’Unicef à Donghol-Touma ici. Mais, je n’ai rien dis. Je pouvais pourtant m’opposer à ce choix, mais je ne l’ai pas fait. S’il a des difficultés avec son personnel en service au centre de santé, ce n’est pas mon problème. C’est une dame qui a profité de l’arrivée d’une mission de l’Unicef à Donghol-Touma ici pour dénoncer l’insalubrité du centre de santé. Encore une fois, je suis un aventurier. J’ai grandi au Sénégal. Je n’ai pas cette mentalité » a conclu le chef de l’exécutif communal de Donghol-Touma.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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