Selon des informations confiées à Guineematin.com, ce jeudi 30 novembre 2017, une fille nouvellement mariée a été mis en prison avant d’être gardée à vue depuis deux jours à la gendarmerie de Lélouma. On l’accuse d’avoir diffamé son mari à qui elle a aurait demandé un test de dépistage parce qu’on l’aurait appris après le mariage que ce dernier était séropositif. L’acte s’est passé dans la commune urbaine de Lélouma. Elle est du district de Damboudhé et lui du quartier Diala, près du grand marché.

« SD s’est mariée à ce jeune il y a près de deux mois. Quand elle est partie en famille, quelqu’un lui a dit que le jeune avait le Sida. C’est ainsi qu’elle a proposé à son mari de faire un test de dépistage avant toute relation sexuelle. Le monsieur n’a pas accepté. Il a dit que si la fille ne lui fait pas confiance, c’est son problème. N’ayant pas accepté la proposition, la fille s’est retournée chez elle. Quand le mari a compris qu’elle ne veut plus revenir chez lui, il a exigé le remboursement de son financement pour le mariage. C’est ce qui fut fait par les parents de la fille. Et, comme si cela ne suffisait pas, le monsieur a saisi sa sœur, qui est à Lélouma Centre. Celle-ci lui l’a poussé à saisir la gendarmerie de Lélouma pour, disent-ils, corriger la fille pour ne pas qu’elle le dénigre dans la préfecture. Quand la gendarmerie a convoqué la fille, les agents ont demandé à ce qu’elle avoue avoir clairement dit que le son mari est porteur du Sida. Mais, elle a refusé de faire. Elle a répété qu’elle n’a jamais dit que son mari a le Sida ; mais, elle a juste demandé un test de dépistage entre eux. Sans confrontation, la gendarmerie l’a transférée à la justice. Là, également, au lieu de faire une confrontation avec le jeune, ils ont mis la fille en prison », a expliqué notre informateur qui garde l’anonymat.

Selon lui, il a fallut l’intervention de plusieurs personnes pour que la fille obtienne une liberté conditionnelle. « Tous les jours, elle doit se présenter à la gendarmerie à 8 heures et rester jusqu’à 17 heures. C’est avant-hier, mardi, qu’elle est sortie de la prison », a-t-il précisé.

« Parmi les gendarmes, il y avait un qui s’est opposé à la procédure entamée contre la fille. Depuis, le gendarme a été arrêté et transféré à la prison civile de Labé. On apprend d’ailleurs que ce jeudi, 30 novembre 2017, le gendarme a perdu sa fille qui avait des brûlures sur le corps ; alors qu’il est toujours en prison », a ajouté notre source.

Joint au téléphone, le juge de paix de Lélouma, monsieur Abdourahmane Sylla, a nié la détention de SD. « C’est faux ! La fille n’est pas en détention. Comme je ne connais pas encore le fond du dossier, je ne peux rien dire d’abord. Ce qui reste clair, j’ai confié la fille à la directrice chargée de la promotion féminine. Je n’ai jamais accepté la détention d’une femme ici, quelque soit la gravité de son comportement. Je respecte le genre. Seulement, j’ai exigé, en attendant la fin de la procédure qu’elle se présente chaque matin, si nous avons besoin d’elle pour son interrogatoire. Elle n’est ni en prison, ni en garde à vue. Elle se présente le matin et reste jusqu’au soir ; après, on l’a laisse rentrer pour passer la nuit chez elle. Cela, en attendant de connaître le fond du problème parce que jusqu’à présent, je n’ai interrogé personne. Il y a des rumeurs qui circulent en ville ; mais, le juge ne se contente pas des rumeurs », a-t-il expliqué au téléphone, précisant que si c’est vrai que la fille avait exigé un test et que l’homme aurait refusé, la justice pourrait prendre des dispositions.

« Nous allons prendre une réquisition en médecin pour examiner les deux. Et, si c’est vrai, comme cela se dit à travers la ville que la fille a diffamé l’homme en disant qu’il est séropositif, on va vérifier parce que quand tu accuses, il faut prouver. La justice est là pour ne pas condamner un innocent. Si c’est vrai que c’est autour d’un test que se situe le problème, je vais les envoyer vers un médecin accompagné d’un agent et ils vont me livrer les résultats dans un pli fermé. Ainsi, nous prendrons les dispositions qui s’imposent », a averti le juge de Lélouma.

Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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