Les fidèles musulmans de Guinée vont célébrer la nuit du Maouloud, ce jeudi 30 novembre 2017. Cette date marque l’anniversaire de la naissance du prophète Mohamed (PSL). Les musulmans restent tout de même divisés sur l’opportunité de célébrer cette date ou non. Pour comprendre les contours de cette cérémonie religieuse, Guineematin.com a donné la parole à Elhadj Mohamed Aly Soumah, imam ratib de la grande mosquée de Kipé, dans la commune de Ratoma.

Guineematin.com : les fidèles musulmans de Guinée s’apprêtent à célébrer la nuit du Maouloud. Qu’est-ce que cela représente pour les musulmans ?

El hadj Mohamed Aly Soumah : (prière sur le prophète). En fait, c’est une reconnaissance de Dieu. IL a dit dans le coran, que celui qu’IL a envoyé (Mohamed, PSL), d’être pour tous les créateurs, pas seulement les hommes, mais les diables, les anges, les poissons qui sont dans la mer, les animaux qui sont dans la brousse, les animaux domestiques. Dieu dit qu’il a envoyé Mohamed pour toutes les créatures. Et si toutefois Dieu nous a dit ça dans le coran, nous aussi les musulmans disent que c’est le jour-là que le prophète est né, quand le jour-là arrive, il faut remercier le bon Dieu, en lui disant que ce qu’il nous a fait, nous aussi on est très content pour ce prophète-là. On fait la prière, parce que d’autres disent que ça ne doit pas se faire, mais c’est la manière de le faire parce que ce jour-là, la nuit, on vient pour lire le coran. C’est ce que Dieu Lui-même a recommandé, il dit : « moi et mes anges, on fait toujours la prière, la paix sur le prophète Mohamed. Dieu ne s’est pas arrêté là-bas, il dit vous les croyants, faites la prière pour lui et continuer à le faire. Ça veut dire que Dieu nous a dit de continuer à faire la prière pour le prophète. C’est la manière de faire maintenant qui peut amener à dire qu’on ne doit pas le faire. Mais, nous aujourd’hui, on va fêter la naissance du prophète Mohamed (PSL) mais dans la mosquée. Après, quand on aura fini de faire la lecture du Coran, on explique sa naissance, comment il est né ? Comment il se comportait avant que la prophétie ne vienne ? Comment il était après la prophétie ? Comment son père aussi est né, son caractère et tout ce qu’il faisait ? Parce qu’on ne peut pas dire que c’est lui notre prophète sans connaitre comment il est devenu prophète et ce qu’il faisait. Je le dis ici parce qu’il y a des gens qui disent qu’on ne doit pas célébrer cette fête. Dire que le prophète n’a pas fait, toi-même tu peux dire que je vais faire ma fête ? Le prophète jeunait chaque lundi, parce qu’il est né un lundi ; et, Dieu lui a donné la prophétie un lundi, il est décédé un lundi, il jeunait le lundi. C’est pourquoi, quand on lui a demandé pourquoi il jeunait chaque lundi, il dit répondu qu’il est né un lundi. Moi, je crois que comme lui-même il a jeuné le jour qu’il est né, ça veut dire que nous, je ne dis pas que celui qui fait pour s’enrichir ou fait pour quelque chose, mais s’il fait pour Dieu, Dieu va prendre ça et il sera récompenser à l’au-delà.

Guineematin.com : est-ce qu’il y a un verset du Coran qui invite les fidèles musulmans à célébrer Maouloud ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je ne parle pas de sourate, mais j’ai dit les versets dans lesquels Dieu a recommandé. IL a dit « moi et mes anges, tous les anges, on fait la prière pour le prophète ». Il dit « vous les croyants, il faut faire la prière pour lui et continuer à le faire ». Mais, il y a seulement la manière de faire.

Guineematin.com : qu’est-ce que cette fête pourrait apporter aux musulmans qui participeront ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : hier, ce n’était pas saboté. Cette fête réunissait les fidèles musulmans parce que quand le Maouloud arrive, tu verras tout le monde partir dans leur village. Quand ils vont là-bas, ils trouvent que leur mosquée n’est pas bonne, ils vont faire des cotisations. Il y a d’autres, c’est à travers le Maouloud, ils ont mis des ponts chez eux, c’est à travers le Maouloud que des fils se réunissent à un lieu pour faire des sacrifices, s’entendent sur des choses pour développer leur localité. On interdit ça aujourd’hui, mais tu ne verras jamais un imam interdire le Sabar (danse traditionnelle) dans le quartier. Un fidèle musulman qui fait le cantique religieux, toi tu peux dire que ça ce n’est pas bon ? Une personne qui parle de Dieu. Souvent tu verras des enfants d’imams aller danser, leur père les vois danser, ils ne disent rien. Tu verras des carrefours où des fils de sages dansent et personne ne parle. Mais, quand on prend le seul jour que Dieu a créé pour l’humanité, pour sauver l’humanité et quelqu’un se lève et dire que ça ce n’est pas bon et lui il a trouvé que son grand père faisait ça, son père faisait ça. Il dit aujourd’hui qu’il est plus intelligent que son grand-père, plus intelligent que son père, parce que lui, il a étudié. Les gens se prennent pour des Saoudiens. Pourquoi les Saoudiens ne célèbrent pas ? C’est parce que ceux qui sont à la Mecque, les Karamoko (maitres coraniques), ils ne sont pas de la famille du prophète, vouloir continuer à faire la fête du prophète, les gens vont se rappeler en disant que pourquoi la famille du prophète on ne va pas leur donner leur place ? Parce que eux ils ont pris cette place-là alors que cette place est celle de la famille du prophète. Même quand tu vas tout de suite à la Mecque, tu demandes un grand karamoko s’il y a la famille du prophète ici, il va regarder à gauche et à droite avant de te dire qu’il y a la famille du prophète ici mais ils sont peu. Tous les marabouts de là-bas sont venus d’ailleurs, donc en fêtant, les gens vont se rappeler de la famille du prophète. C’est la raison. Sinon tous les pays musulmans : les marocains, les égyptiens et autres vont fêter. Il y a d’autres même dans le mois-là, ils vont commencer à fêter : à faire la lecture, à faire les prières jusqu’à la fin de ce mois.

Guineematin.com : la célébration de cette fête demande aussi des moyens. Comment est-ce que vous vous êtes organisé ? Le gouvernement vous soutient-il ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : nous ici on ne demande pas d’assistance. Moi en tout cas dans ma mosquée, je ne le fais pas, parce que je ne veux pas que quelqu’un me minimise. Mais, même hier monsieur Kerfala KPC a envoyé un bœuf vous le voyez là-bas. La nuit, ils m’ont appelé. Il a envoyé un bœuf, un sac de riz, du gloria (lait) avec de l’argent. On ne lui a pas demandé, mais il s’est dit qu’il y a un créateur qui est Dieu, il y a un prophète. Mais, moi j’ai dit à tous mes compagnons, je ne veux jamais que quelqu’un se déplace pour aller chez quelqu’un en lui disant que c’est le Maouloud, il faut faire ceci, il faut faire cela. Non, on fait la prière. Nous d’habitude ici, on dit à tous les Kipékas, d’amener ici ce qu’ils ont l’habitude manger tous les jours. Quiconque demande je veux faire quelque chose, j’appelle un de mes muézins pour aller réceptionner ; c’était le cas hier. Et souvent nous, c’est les femmes de Kipé qui cotisent pour faire quelque chose ici.

Guineematin.com : un dernier mot ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je vous remercie, je remercie Guineematin, parce que si vous n’étiez pas religieux, vous n’allez jamais venir vers nous pour demander ce qu’il y a. Je prie Dieu qu’Il vous donne la promotion, qu’Il vous donne la santé. Je remercie aussi les fidèles musulmans qui ont le cœur pour glorifier le prophète, un prophète dont on ne peut jamais avoir pareil.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel. : (00224) 621 09 08 18

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