La prostitution prend une ampleur impressionnante dans les différentes agglomérations du pays. Doko, une sous-préfecture de Siguiri, connue pour sa richesse du sous-sol, constitue de nos jours un site prisé par les travailleuses du sexe, a constaté l’envoyé spécial de Guineematin.com à Doko.

Sur place, on aperçoit des filles et femmes de tout âge et en provenance de divers horizons. Armées d’une grande force de séduction et de persuasion, ces dernières ciblent le plus souvent les hôtels, motels, bars, maquis et boites de nuit parce que, indiquent elles, « C’est là-bas qu’on trouve des hommes friqués en quête de plaisir ».

Interrogées par Guineematin sur les raisons de l’exercice de cette activité, ces filles et femmes ont, en grande majorité, indexé les vicissitudes de la vie qui, selon elles, les auraient poussées à se retrouver sur le trottoir.

Tanti la vraie, présente à Doko depuis deux mois, est la première femme qui a accepté de se confier à Guineematin. Elle est arrivée à Doko par le canal d’un homme marié qui l’a logée. Elle était liée à cet homme qui vit avec sa femme, par un contrat qui obligeait l’homme à lui verser 1 000 000 de francs guinéens par mois pour couvrir ses besoins. Un contrat qu’elle a décidé de résilier après s’être rendue compte qu’un tour dans les bars lui rapportait plus d’argent…

« Comme il vivait avec sa femme, il a pris une chambre pour moi. Je recevais chaque fin du mois 1 000 000 de francs guinéens pour mes dépenses. Je profitais souvent faire un tour dans les bars et je me faisais 300 000 francs guinéens par nuit. Alors, j’ai décidé de résilier son contrat ! Aujourd’hui, je vis mieux. J’ai un garçon de 10 ans et je paye ses études grâce à ce travail. Mon fils pense que sa mère fait le commerce. Il vit avec ma mère au village… » a confié « Tanti la vraie » qui a promis de prendre sa retraite de « ce métier » le 31 décembre pour se « trouver un mari et demander pardon à Dieu ».

Pour la jolie Kaba, elle se sent en sécurité dans l’exercice de ce travail qui lui rapporte de l’argent ! « On a trois types de clients : les journaliers, les abonnés et notre sécurité, appelée aussi les petits amis. On a des gendarmes, des policiers mais aussi des gros bras qui assurent notre sécurité. D’ailleurs, eux, ils ne payent pas en espèce, ils ont droit à un quif par semaine. Doko est dur aujourd’hui ! Maintenant, je ne gagne pas de clients comme avant quand je pouvais me faire 1 000 000 GNF par nuit. Notre problème, c’est avec les femmes mariées ; sinon, tous les hommes nous aiment bien ».

Namory Doumbouya, sous-préfet de Doko

Toujours à Doko, il existe aussi un coin très convoité dénommé Kouroukan Fouga. Kouroukan Fouga est un marché du cannabis dont l’accès nécessité un accoutrement approprié ou un guide familier du coin. Sinon, précisent les témoignages, « tu n’y sortiras pas vivant ». Ledit marché est sous le leadership d’un monsieur perçu comme le Roi du lieu et qu’on appelle général. Ce dernier est gardé par deux gros bras qui sont payés à 200 000 francs guinéens par jour.

« Je suis là de de 10 heures à 20 heures. Les autorités savent que nous sommes là et les personnes censées nous arrêter viennent consommer ici », déclare « le Général » !

Conscient de l’exercice de cette pratique à Doko, le Sous-préfet, Namory Douboumya, a indiqué qu’une opération est en planification avant le 31 décembre 2017 pour « nettoyer Doko », dit-il.

De Siguiri, Bérété Lancei Condé pour Guineematin.com

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