L’Union des Forces Républicaines (UFR) a annoncé sa volonté de ne pas remplacer Baïdy Aribot à l’Assemblée Nationale après sa nomination à la Banque Centrale de la République de Guinée par le chef de l’Etat, Alpha Condé. Le suppléant de Baïdy, en la personne de Cheikh Chérif Touré, ne l’entend pas de cette oreille. Lui qui devait succéder au député uninominal de Kaloum rejette du revers de la main cette volonté de l’UFR et compte saisir la Cour Constitutionnelle pour être « rétabli dans ses droits ». Il l’a dit à un reporter de Guineematin.com dans la soirée de ce vendredi, 8 décembre 2017.

Guineematin.com : la nouvelles est tombée avant-hier mercredi. L’UFR a décidé de ne plus remplacer Baïdy Aribot à l’Assemblée Nationale. Normalement, c’est vous qui devriez le remplacer. Comment réagissez-vous à cette annonce ?

Cheikh Cherif Touré : je n’ai jamais été membre d’une structure de l’UFR. On a évolué en partenariat avec le mouvement que je dirigeais, qu’on appelle MOJAD (Mouvement des Jeunes pour l’Alternance Démocratique). Donc, comme ils voient qu’ils sont collés par la loi, ils ne peuvent plus rien faire, ils s’asseyent. Mais, comme il y a des institutions, il est temps que je fasse recours à la Cour Constitutionnelle qui est l’instance arbitrale des contentieux.

Guineematin.com : vous allez donc carrément attaquez l’UFR en justice ?

Cheikh Cherif Touré : pourquoi pas. Ce n’est même pas une question de l’UFR. L’affaire de député est un mandat impératif. Ce n’est pas la loi de l’UFR, c’est la loi de la République qui est votée par le législateur. Les législateurs là, c’est les députés de l’Assemblée Nationale et c’est eux qui ont voté cette loi. Donc, mon mandat est impératif, je dois jouer mon rôle de député de la circonscription électorale de Kaloum. Je suis un élu de la République. J’ai le même nombre de suffrages exprimés que le député sortant. Nous sommes élus sur la même liste. L’article 132 du code électoral me le confère et l’article 129 du même code me le confère.

Guineematin.com : l’UFR dit pourtant que vous ne participer plus à ses activités depuis 2015 et que vous avez changé de camp pour aller au RPG. Que répondez-vous à ces accusations ?

Cheikh Cherif Touré : vous savez, quand Charles De Gaulle a dit que « la vieillesse est un naufrage », ça se voit. Parce que Sidya Touré est atteint par l’âge, il est vieux, il n’est plus lucide. Un architecte de l’Economie n’est pas forcément un bon juriste qui interprète les lois. Il oublie que l’article 19 de la Constitution stipule que la coalition des associations et des partis politiques peut fusionner pour une élection. Nous avons évolué, mais dès après les élections, l’alliance disparait. Vous devrez aller sur une autre base. Eux ils le savent. On peut demander à monsieur Sidya Touré, s’il peut jurer sur le Coran si je fais partie d’une structure de l’UFR. Je n’ai jamais été membre de leur structure, comment peuvent-ils dire que j’ai cessé d’exercer les activités du parti ? Est-ce que je suis membre du bureau exécutif ? Ils ont envoyé une lettre en disant que je suis exclu du parti. Mais, exclu en tant que qui ? Nous on a évolué en partenariat à travers le mouvement que je présidais, le MOJAD. C’est pourquoi donc, comme ils n’ont plus de preuves, ils n’ont plus de route, ils se sentent obligés de s’abstenir de vouloir remplacer Baïdy. Mais, je ne vais pas là-bas au compte de l’UFR mais au compte du peule de Guinée.

Guineematin.com : est-ce que vous êtes optimistes ? Pensez-vous que le droit de votre coté ?

Cheikh Cherif Touré : je suis optimiste parce que les lois me le confèrent, parce que le doit est de mon côté. Si le droit était de leur coté, ils allaient trouver un remplaçant. Ils savent que c’est moi qui suis le suppléant, c’est moi qui suis reconnu par la Cour Constitutionnelle, par la CENI, par l’Assemblée Nationale. C’est pourquoi ils ont bloqué. Ils ont voulu violer la loi, c‘est pourquoi ils se comportent en ouvrier ou en gladiateur du moyen âge démocratique.

Guineematin.com : avez déjà engagé des démarches pour aboutir à vos fins ?

Cheikh Cherif Touré : j’ai écris au président de l’Assemblée Nationale. C’est l’acte là que j’attends pour savoir si je dois m’installer ou si je ne dois pas m’installer. C’est ce que j’attends. Il y a plus de deux semaines que j’ai écrit. Comme ils sont en session budgétaire, c’est pourquoi je n’ai pas eu ma réponse d’abord. C’est la réponse que j’attends en ma qualité de député de la République.

Propos recueillis par Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin