La journée internationale des Droits de l’Homme est célébrée le 10 décembre de chaque année, jour anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations unies de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, en 1948. En Guinée, cette journée a été célébrée en différé ce lundi, 11 décembre 2017, au palais du peuple, en présence des ONG de défense des Droits de l’Homme et des membres du gouvernement, sous le thème « Tous égaux en dignité et en droits ». Après avoir dressé un tableau sombre de la situation, les ONG de défense des Droits humains en Guinée ont fait des recommandations fortes au gouvernement, rapporte un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Les organisations de défense des Droits humains en Guinée ont, dans un premier temps, félicité le gouvernement pour quelques avancées enregistrées en matière de respect des droits de l’Homme. C’est notamment le cas de l’adoption et de la promulgation d’un nouveau code pénal en octobre 2016, accordant des compétences criminelles aux TPI dans le souci de réduire la surpopulation carcérale et les lenteurs des procédures afin d’accélérer le jugement des personnes en détention provisoire abusive. « La plupart des tribunaux de Conakry et de l’intérieur du pays ont déjà commencé à connaitre des affaires criminelles. Ceci constitue à nos yeux une avancée importante que nous avons salué et encouragé », a déclaré Gbolou Guilavogui, porte parole des ONG de défense des Droits humains en Guinée.

Par contre, les ONG se disent préoccupées par certaines situations. Parmi ces cas, le porte parole des ONG qui militent en faveur des Droits de l’Homme a évoqué le retard pris pour l’adoption par l’Assemblée nationale du projet du code civil qui, dit-il, « contient des avancées importantes en matière de protection des Droits de l’Homme et en particulier ceux des femmes, les violences commises au cours des manifestations par les forces de l’ordre sans que des enquêtes sérieuses soient diligentées pour en identifier les responsables, les conditions de détention parfois inhumaines des prisonniers dans les maisons centrales et d’arrêt, entrainant des décès des détenus ; mais également le retard excessif pris pour le jugement des centaines de personnes placées illégalement en détention provisoire pendant plusieurs années ».

Au chapitre des recommandations, il a été demandé au gouvernement de veiller à l’application des accords signés entre le pouvoir et l’opposition d’une part ; et, entre le gouvernement et les partenaires sociaux, d’autre part.
Ensuite, de faire une déclaration solennelle sur les Droits de l’Homme, les libertés fondamentales et l’impunité en République de Guinée ; prendre des mesures nécessaires pour rapatrier nos compatriotes en souffrance en Lybie ; accélérer le processus de la révision du Code de l’enfant ; et, l’élaboration du projet de loi sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme.

La cérémonie a pris fin par la présentation d’un théâtre qui retrace les conditions atroces dans lesquelles nos compatriotes sont maltraités en Lybie. Une manière de dénoncer les violations des Droits de l’Homme et aussi interpeller les autorités à vite réagir pour freiner cette nouvelle forme d’esclavage.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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