La presse guinéenne traverse une période très compliquée depuis un certain temps. La dernière en date est la fermeture d’au moins quatre radios privées par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT). Pour faire face à cette situation, des responsables de médias et d’associations de presse ont rencontré monsieur Tibou Kamara, ministre d’Etat, conseiller personnel du chef de l’Etat ce mardi, 12 décembre 2017, à la maison de la presse, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

La presse privée guinéenne est dans l’œil du cyclone. Après la fermeture hier, lundi, des radios privées Sabari FM, Djigui FM, Evasion Fm, Gangan FM, et la radio Soleil FM ce mardi, les patrons de presse se sont faits entendre. Les associations de presse ont échangé avec le ministre Tibou Kamara. La démarche vise à « circonscrire l’incendie » pour éviter un embrasement général des médias.

Tibou Kamara, ministre d’Etat

Prenant la parole à la fin du huit clos, le ministre Tibou Kamara a dit que « ces derniers temps, beaucoup ont le sentiment qu’il y avait un conflit entre la presse et le plus haut sommet de l’Etat. C’est peut être quelques incompréhensions comme ça peut arriver dans une relation de partenariat et dans la cohabitation des différents pouvoirs dans un pays ».

Ensuite, le ministre conseiller personnel du chef de l’Etat a rappelé le rôle que la presse a joué aux cotés du président Alpha Condé « pendant le combat difficile et solitaire de l’opposition, de l’engagement politique, de la conquête toujours difficile du pouvoir d’Etat ».

Cependant, pour Tibou Kamara, « dans un ménage, il peut toujours y arriver des difficultés. Ce n’est pas pour autant qu’on ne s’aime plus. Je peux donc vous assurer, que malgré les incompréhensions, la relation avec la presse, en ce qui concerne le chef de l’Etat, n’a jamais été ébranlée dans ses fondements et dans les valeurs qu’il a eues à partager avec cette presse », a soutenu l’ancien président du Conseil National de la Communication.

Au terme de la rencontre, une déclaration a été lue par Moussa Iboun Conté, président de l’AGEPI (Association Guinéenne des Editeurs de la Presse Indépendante). Des recommandations ont été formulées par les parties en présence pour une sortie de crise.

« Les associations de presse demandent aux autorités concernées de faciliter les formalités nécessaires à leurs activités dans les relations avec l’Etat.

Moussa Conté, président de l’AGEPI

Les associations de presse ont déclaré être les premières à vouloir exercer en toute légalité pour pouvoir jouir pleinement de leurs droits, de leurs devoirs et de leur liberté.

Elles lancent un appel à tous les membres et adhérents à prendre toutes les dispositions afin de se conformer aux textes de lois régissant la presse en Guinée.

En attendant, il a été recommandé que :

  • Les radios et organes d’informations qui ne disposent pas d’un agrément soit interdits.
  • Les radios et organes d’informations qui ne disposent pas de licence, soient interdits.
  • Les radios et organes d’informations qui disposent d’un agrément mais n’ayant pas bénéficié de licence puissent disposer de leur licence.
  • Les associations de presse ont demandé l’implication personnelle du chef de l’Etat pour la réouverture des radios fermées et aussi pour mettre fin à la campagne de fermeture des stations de radios privées.
  • L’assemblée a demandé, pour le payement des redevances, en tenant compte des difficultés que rencontrent les journalistes et la précarité des entreprises de presse, d’accorder du temps pour le payement des redevances ainsi que les autres obligations ».

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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