Le parquet du Tribunal de Première Instance de Dixinn était en conclave ce mercredi 13 décembre 2017, avec les acteurs de la chaîne pénale. Il s’agit des officiers de police judiciaire, du barreau de Guinée, de la société civile, du régisseur de la maison centrale, des magistrats et des chefs de quartiers. Cette entrevue, tenue dans la salle d’audience dudit tribunal, est initiée par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD). Elle vise à échanger et de partager avec l’ensemble de ces acteurs de la chaîne pénale sur les différentes difficultés qu’ils rencontrent au cours de leur collaboration, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Pour planter le décor, le procureur de la République près le tribunal de Dixinn, Sidi Souleymane N’Diaye a précisé à l’auditoire que cette rencontre n’est pas une réunion où on vient traiter des thèmes académiques. «Cette réunion de concertation n’a pas d’ordre du jour. Ce n’est pas le genre de réunion où on vient traiter des thèmes académiques. On vient échanger essentiellement sur les difficultés et y apporter des solutions. Donc, c’est une rencontre interactive. Celui qui veut intervenir, prend la parole dans le fonctionnement de son service, s’il a des difficultés, il les expose et l’assemblée que nous représentons propose des solutions », a introduit le procureur Sidi Souleymane N’Diaye.

Dans sa communication, le chef du projet renforcement de la chaîne pénale et lutte contre l’impunité en Guinée au compte du PNUD, Boubacar 1 Bah a expliqué l’ambition de ce projet. « C’est un projet qui a pour ambition d’accompagner la Guinée dans le cadre de la reforme du secteur de la justice en soutenant essentiellement 5 juridictions pilotes sur la question de la chaîne pénale. Il s’agit des tribunaux, les officiers des polices judiciaires, les maisons d’arrêts mais également les autres parties prenantes de la chaîne pénale », a-t-il dit.

Ce projet, démarré depuis juin et qui doit se poursuivre jusqu’en fin 2018 ou au-delà « a déjà une première phase expérimentale qui a permis de faire une petite évaluation de vos besoins et d’apporter des réponses. Quand nous avons fait l’évaluation des besoins, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait tellement des choses à faire. Il fallait circonscrire notre intervention préliminaire sur trois aspects clefs. Le premier est comment faire en sorte que le TPI pilote, puisse avoir le minimum de capacités matérielles, techniques et autres pour s’organiser à faire face aux pléthores de dossier qu’on a trouvé dans ces juridictions. Parce qu’au-delà des affaires quotidiennes qui rentrent, ils ont hérité des anciens dossiers de la Cour d’ Assises. Des TPI qui n’avaient ni salles d’audience, ni équipements informatiques, ni parfois de bureaux commodes encore moins tous le moyens modernes de traitement de textes. On fait tout dehors. Ils impriment dehors, photocopient dehors, scannent dehors. Or, il y a des dossiers importants qu’on ne doit pas exposer à tout le monde. On a sillonné les OPJ, on a trouvé par endroit, il y a ni ordinateur, ni imprimante, ni papier. Alors, il fallait répondre urgemment à ce petit besoin », a dit monsieur Bah

Énumérant les maux qui assaillent la gendarmerie, le directeur régional de la gendarmerie de Conakry, le colonel Balla Samoura a cité entre-autres : le manque de moyens de transport, le manque d’ambulance en cas de blessé ou de découverte de corps sans vie, la difficulté de gestions des cas d’incendie, le manque de prélèvement des empreintes, etc.

Il a demandé en substance à ce que les chefs de quartiers et les médecins soient sensibilisés car, dit-il, les uns empêchent de collaborer avec eux lorsqu’il y a une convocation qui est adressé à un citoyen et les autres demandent de l’argent lorsqu’il dépose à l’hôpital des blessés ou des corps qu’ils découvrent sans vie.

Le directeur régional de la police de Conakry, Boubacar Kassé a souligné qu’il y a un manque criard de fournitures bureautiques dans son secteur. « En matière bureautique, on n’a rien. Il y a aussi la lenteur du jugement des dossiers des plus grand criminels au niveau des juridictions », a-t-il fait remarquer.

De son côté, le juge Mangadouba Sow n’a pas manqué de rappeler les maux qui minent le TPI de Dixinn. « Nous travaillons dans des conditions très difficiles. Parfois nous travaillons dans le noir, sans le courant. Les gardes pénitentiaires n’ont même pas un gourdin comme arme, or nous gérons des dossiers très sensibles », a entre-autres fait observé Mangadouba Sow.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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