Une ONG de la place a obtenu en 2013 un projet de construction de quatre forages à Macenta. Un contrat de 52 millions de francs guinéens est signé à cet effet avec une entreprise basée dans la préfecture pour exécuter les travaux. Mais à la fin des travaux, l’ONG en question n’a pu payer la totalité du montant contractuel. Aziz Barry, considéré comme représentant de ladite ONG à Macenta, a été entendu ce jeudi 14 décembre 2017 au Tribunal de Première Instance de Mafanco, a constaté sur place Guineematin.com, à traves un de ses reporters.

Aziz Barry, sociologue de formation, est poursuivi pour abus de confiance par Mohamed Laho Béavogui. Monsieur Béavogui est le responsable de l’entreprise de Travaux Publics qui a exécuté les travaux de construction des quatre forages. Seulement 32 millions de francs guinéens ont été payés par l’ONG à son entreprise. Aujourd’hui, il réclame le reliquat du montant indiqué dans le contrat qui lie les deux parties.

Appelé à la barre par la juge madame Bamba Kallo, Aziz Barry est revenu a donné sa version des faits. Selon lui, le président de l’ONG s’appelle Oury Barry. « C’est lui qui m’a dit d’aller à Macenta dans le cadre de nos relations d’affaires. Une fois là-bas, monsieur Barry m’a mis en contact avec Traoré. C’est ce dernier qui a négocié avec Mohamed Laho Béavogui pour la construction des forages. C’est au dernier moment que Traoré m’a informé. Aussitôt, je suis entré en contact avec Mr Barry qui a confirmé que c’est l’entreprise de Mr Béavogui qui va réaliser les travaux. Je suis intervenu quand une première somme de 22 millions de francs guinéens est envoyée par Mr Barry pour le payement de la première tranche. Puis, une deuxième fois, c’est la somme de 10 millions que nous avons donné à Mr Béavogui. Ce qui fait un total de 32 millions. J’avais même signé dans un document attestant de la remise du montant », a expliqué le prévenu.

Interrogé par le procureur Ousmane Coulibaly sur son rôle dans cette affaire, Aziz Barry dira qu’il n’est pas membre de l’ONG mais qu’il agit sur instruction du nommé Oury Barry. Au procureur de conclure : « vous êtes donc son représentant, vous parlez et agissez en son nom ».

L’avocat de la partie civile a de son côté laissé entendre que son client a exécuté ses obligations contractuelles en réalisant les quatre puits. Mais, l’ONG refuse jusqu’à présent de respecter sa part du marché. Selon lui, il existe un document signé du prévenu Aziz Barry, pour le versement des 32 millions de francs guinéens. « Dans le document, il a signé au nom de l’ONG. Voilà qui l’engage ».

Dans ses plaidoiries, l’avocat de Mohamed Laho Béavogui va demander le payement des 20 millions de francs guinéens constituant le reliquat dans la réalisation des quatre forages. Une demande de payement de dommages et intérêts est également formulée.

Dans ses réquisitions, le procureur dira qu’il y a certes un montant de 20 millions de francs guinéens que l’ONG reste devoir à entreprise de Monsieur Mohamed Laho Béavogui. Cependant, le procureur dira qu’il n’y a pas d’escroquerie dans cette affaire.

Selon le procureur, l’article 428 du nouveau Code Pénal stipule que « l’abus de confiance est le fait par une personne de détourner ou de dissiper, au préjudice d’autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont été remis et qu’elle a acceptés à charge de les rendre, de les représenter ou d’en faire un usage déterminé ».

Le procureur dira qu’il n’y a pas eu d’abus de confiance en se référant à cet article du Code Pénal. Par conséquent, le procureur va demander au tribunal de renvoyer le prévenu des fins de la poursuite pour délit non constitué.

L’affaire a été renvoyée au 28 décembre 2018 pour la délibération.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 17 99 17

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin