Une conférence débat portant sur les moyens de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme s’est tenue hier samedi 16 décembre 2017 à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia. Elle a été animée par Madame Doussou Komara, juriste et fille de l’ancien premier ministre sous la transition du CNDD. Plusieurs étudiants et hautes personnalités ont pris part à cet échange, rapporte Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Dans son exposé, la conférencière a expliqué c qu’on entend par blanchiment d’argent. Selon Doussou Komara « de nombreux actes criminels visent à générer des bénéfices pour l’individu et les groupes qui les commettent. Donc, le blanchiment consiste à recruter ces produits d’origines criminelles pour amasser. Ce processus revêt une importance essentielle lorsqu’il permet aux criminels de profiter de ces bénéfices tout en protégeant leurs sources. Dans le blanchiment, le seul but est de faire en sorte que l’argent sale ne soit pas linge sale à la fin. Même s’ils sont heureux d’avoir de l’argent, ils n’ont pas besoin d’être fiers qu’on sache comment ils ont eu cet argent », a-t-elle expliqué.

Par ailleurs Madame Doussou Komara fera comprendre à l’assistance que le blanchiment des capitaux se fait en trois phases à savoir « le placement qui est la phase initiale. Par exemple, une organisation de demandeurs de drogue a le plus souvent de grosses quantités d’argent. Ces grosses quantités d’argent, ils peuvent décider toute suite d’aller acheter un bâtiment ou quoi que ce soit en général. Donc, ils cherchent à placer ces grosses quantités d’argent dans le système financier, c’est-à-dire à la banque. Puis, faire le dépôt de ces gros montants fait l’objet de déclarations. Heureusement, depuis des années il y a des déclarations de soupçons qui permettent de savoir qui on est ? Que fait-on ? Qu’est-ce qu’on a comme activité ? C’est ce qui nous permet de savoir est-ce qu’on est chanceux avoir cette somme d’argent et comment on l’a eu ? Donc pour éviter tout ça, ce qu’ils font, c’est de subdiviser ces grosses quantités d’argent en de petites sommes qui ne feront pas l’objet de déclarations. Ensuite, ils cherchent des dizaines de personnes à qui ils vont donner de petites sommes d’argent pour acheter de bâtiments, des voitures et les vendre en vue de mettre l’argent des ces matériels dans le système financier donc à la banque. C’est la deuxième phase qu’on appelle la phase d’empilement, qui est le placement de petites sommes d’argent à la banque. Et, une fois que ces petits montants sont placés à la banque ils cherchent à les couper de leurs sources pour enfin obtenir le résultat final qu’ils veulent obtenir. C’est la troisième phase qui est l’intégration dans le système financier normal ».

Pour Doussou Komara, il faut trois règles pour réagir au blanchiment des capitaux : « d’abord, en tant qu’être humain, il y a la morale. Pour certains, la morale ne suffit pas. Mais, heureusement qu’il y a la religion qui vient au secours, qui fait que certains même, s’ils n’ont pas la morale, mais ils n’ont pas envie d’être punis plus tard. Et quand ces deux éléments ne marchent toujours pas, il y a la Loi et la juste », a précisé la conférencière.

En ce qui concerne le financement du terrorisme, la juriste l’a défini comme étant « une utilisation de grave violence contre des personnes ou des biens ou la menace d’utiliser une telle violence pour intimider ou contraindre un gouvernement, le public ou une partie du public afin de promouvoir des objectifs politiques, sociaux ou idéologiques ».

S’agissant de la différence entre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, Madame Komara à précisé que « la première différence, c’est la motivation. Pour le blanchiment d’argent, c’est un seul but qui est visé. C’est l’enrichissement tout court alors que le financement du terrorisme c’est l’idéologie qui est derrière, rien d’autre. Il s’agit d’imposer son idéologie. Ensuite, c’est le flux des capitaux. Pour le blanchiment des capitaux, le flux est circulaire, c’est-à-dire la personne a l’argent sale à la source qui sort pour être blanchi et revient propre à la même personne. Pour le financement du terrorisme, le flux est linéaire. Donc, ces deux sont tout à fait déconnectés. Là, le financier cherche à propager son idéologie, parce qu’il croit en son idéologie », soutient-elle.

La conférencière a aussi fait savoir que le blanchiment d’argent et le terrorisme sont tous issus de sources illicites, mais que le terrorisme à un plus qui peut aussi être licite. Parmi ces sources, Madame Komara a cité le trafic des êtres humains, le trafic d’armes, le kidnapping avec rançons qui, selon elle, constitue de nos jours, l’une des plus grosses sources de financement du terrorisme.

À noter que c’est par une série de questions et réponses que la conférence a pris fin.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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