Le vice-président du conseil régional des organisations de la société civile de Faranah, Oumar Camara, affilié au CNOSC de Dansa Kourouma a été investi par des acteurs politiques de la mouvance présidentielle et des jeunes activistes du « Mouvement Indépendant pour le Développement Local de Faranah (MIDLF), pour conduire une liste dite indépendante aux prochaines élections locales dans la commune urbaine de Faranah, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

C’est la première fois que ce jeune de 31 ans issu de la société civile locale participe à des élections. Sa candidature fait suite à un an de consultations et de réunions dans les quartiers, les districts et autres secteurs de la commune urbaine de Faranah. Il est soutenu par l’une des très puissantes sections RPG Arc-en-ciel de la préfecture.

C’est devant de nombreux citoyens de la ville fortement mobilisés au siège du RPG Arc-en-ciel de Faranah II que ce jeune responsable de la société civile et les 32 autres candidats dont 11 femmes de la liste du « Mouvement Indépendant pour le Développement Local de Faranah » ont été investis pour les prochaines élections communales.

Visiblement convaincus, le dépôt officiel de cette liste à la CEPI a crée une effervescence au sein de la couche juvénile. Cette liste indépendante était impatiemment attendue sur le terrain. Pour les membres du MIDLF, le nombre de 11 femmes sur la liste dépasse le chiffre de l’équité genre demandé. Mais cela, selon eux, s’inscrit dans le cadre du respect de l’équité genre.

Un membre du mouvement Amara Kouyaté a déclaré au micro de Guineematin.com que ce candidat indépendant est connu comme un jeune de talent, d’honneur et d’honnêteté : « Oumar Camara est avant tout un agent de développement. C’est quelqu’un qui a le souci du développement de notre préfecture. Si vous remarquez, dans les temps, il s’est déplacé jusqu’en France pour parler de ce mouvement, présenter les initiatives et même convoquer les étrangers pour venir voir les réalités au niveau de notre chère préfecture Faranah. Il a été accompagné par le PROJEG. Présentement, à l’heure où nous sommes, il y a une commission qui travaille avec lui, avec les experts Français concernant les questions de développement de communication pour les élections locales-là. Au niveau des jeunes indépendants leaders qui s’engagent pour le développement de leur préfecture » a-t-il martelé.

De son coté, l’homme fort de la candidature indépendante, Oumar Camara précise : « ce que nous comptons faire, si nous sommes élus, nous voulons que la commune de Faranah soit un exemple de bonne gestion municipale en Guinée. Que les citoyens de Faranah soient pleinement impliqués dans la vie de la commune. Nous comptons également mettre en place un système de collecte et de gestion efficace des fonds pour mieux optimiser les recettes afin de garantir l’investissement, notamment, la réalisation des infrastructures socio-économiques de base. Nous avons l’ambition aussi de faire une coopération décentralisée entre la commune de Faranah et celles de l’occident pour pouvoir accélérer le développement de notre collectivité. Enfin, nous allons cultiver la paix, la cohabitation pacifique, la solidarité entre les citoyens de Faranah » a-t-il promis.

Pour beaucoup d’observateurs, les élections locales seront tendues à Faranah.

Nos multiples tentatives de joindre le président de la Commission Electorale Préfectorale Indépendante (CEPI) de Faranah, Mamady Bintou Oularé pour avoir la situation des enregistrements des candidatures à ce vendredi, 22 décembre 2017 sont restées vaines.

En attendant, l’audace du jeune activiste de la société civile, Ousmane Camara qui s’est porté candidat à une élection locale à 31 ans rappelle le cas du regretté Wanda Oularé alors secrétaire général du Comité Régional de la JRDA (équivalent d’une direction préfectoral de la jeunesse) sous le régime de feu Ahmed Sékou Touré.

Provoqué par le grand frère du Responsable Suprême de la Révolution qui voulu mettre un autre jeune à sa place lors d’un congrès local du Parti-Etat de Guinée, Wanda Oularé a pris sur lui l’audace de briguer le poste de secrétaire fédéral du PDG-RDA qui était jusque-là occupé par le redoutable N’famara Touré.

L’engouement populaire provoqué par cette candidature du responsable de la JRDA provoque une panique générale au sein du Bureau Politique Nationale. Aucun proche collaborateur du Président de la République ne voulait présider un congrès pouvant emporter le grand frère de Sékou Touré à Faranah.

Le camarade stratège entre dans la danse et dépêche un vol spécial de la compagnie Air Guinée à Faranah. Le jeune Wanda Oularé est invité à se rendre à Conakry où le président Ahmed Sékou Touré cherche à négocier pour son grand frère.

« Je ne peux pas le faire. Si je l’accepte, la population va me lapider » aurait-il répondu au Responsable Suprême de la Révolution. Ce dernier affiche une colère noire et demande alors au jeune Wanda Oularé de rentrer.

Mais, avant que le vol ne le ramène à Faranah, la mission du Bureau Politique National avait déjà fini de reconduire N’famara Touré au poste de secrétaire fédéral. C’est comme ça que Wanda Oularé est resté secrétaire général du comité régional de la JRDA jusqu’à la fin du régime de Sékou Touré.

Il reviendra devant la scène politique comme maire de la commune urbaine de Faranah. Poste qu’il a occupé jusqu’à son décès en 2004 alors qu’il s’apprêtait à prendre part à la conférence nationale de la décentralisation organisée au Palais du Peuple à Conakry.

Idrissa Sampiring DIALLO & Goulou Touré pour Guineematin.com

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