A peine lancé, le processus électoral pour les locales en Guinée a déjà généré un contentieux à Thianguel-Bori, dans la préfecture de Lélouma où l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a introduit auprès de la CESPI un recours en annulation de la candidature de la tête de liste de l’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR), Elhadj Ibrahima Bemba Taïtabata Diallo et celles de deux autres de ses lieutenants, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Le dossier reste actuellement pendant devant la Justice de Paix de Lélouma. Le recours introduit par l’UFDG vise des anciens responsables de la commune rurale de Thianguel-Bori, actuellement inscrits sur la liste de l’UPR pour les prochaines élections locales. Il s’agit entre autres de la tête de liste, Elhadj Ibrahima Bemba Taïbata Diallo, Elhadj Yacine Tall et Thierno Amadou Diouldé Dantari Woury.

« Nous avons vu à la page 10, point 6 du guide pratique de la gestion des candidatures à ses élections locales, une disposition disant que les maires et les conseillers démissionnaires d’office lors du mandat précédent en vertu de l’article 96 ou révoqués en vertu de l’article 77 du code des collectivités locales ne peuvent pas être éligibles. Partant de ces dispositions, nous avons constaté que l’UPR a déposé sa liste que la CESPI a voulu valider. Normalement c’est la CESPI elle-même qui devait rejeter cette liste de l’UPR parce qu’elle porte les noms de trois personnes qui avaient été révoquées du conseil communal au mois de février 2012 » a expliqué hier vendredi, 22 décembre 2017, au téléphone de Guineematin.com, le secrétaire administratif de la fédération UFDG de Thianguel-Bori, Mamadou Saliou Baldé.

Interrogé sur cette crise, la tête de liste de l’UPR mise en cause, Elhadj Ibrahima Bemba Taïbata Diallo précise au téléphone de Guineematin.com que c’est le gouverneur de la Région Administrative (RA) de Labé, Sadou Keïta qui, voulant mettre fin à un soulèvement populaire contre le maire d’alors qu’il était, lui avait demandé d’aider les autorités régionales à rétablir la paix dans la cité.

« Lorsque le gouverneur m’a demandé de l’aider. Je lui ai proposé de remplacer mon équipe par un comité de salut public. Ce comité qui gère actuellement Thianguel-Bori. Mais, il n’y a aucun acte administratif qui m’incrimine dans cette affaire. Nos adversaires n’ont qu’à montrer un document prouvant qui nous avons été limogés pour une faute lourde. C’est nous qui avons accepté de partir dans l’intérêt de la paix à Thianguel-Bori. Sinon, nous n’avons commis aucune faute » rétorque le candidat de l’UPR à Thianguel-Bori.

Effectivement, cette question de l’acte administratif est revenue lors des débats devant le Juge de Paix de Lélouma, Abdourahmane Sylla. Mais, à défaut de la pièce à conviction réclamée, l’UFDG a produit une copie d’un extrait du Procès-verbal portant destitution et de réinstallation d’un comité de salut public prononcées par le gouverneur, Sadou Keïta en présence du préfet d’alors, Saa Yola Tolno.

Le hic est que le passage présenté a été obtenu, selon les responsables de l’UFDG, par la photographie à l’aide d’un téléphone Androide de quelques paragraphes vers la fin du procès-verbal. On lit difficilement la partie. Mais, le nom et la signature du gouverneur de Labé, Sadou Keïta apparait clairement comme président de séance.

Le Juge de Paix de Lélouma, Abdourahmane Sylla devait rendre sa décision hier, vendredi, 22 décembre 2017, mais il a fini par renvoyer l’affaire à mardi prochain.

« Il a renvoyé le dossier à mardi prochain, parce qu’il a reçu un coup de fil de l’honorable Salim Bah de l’UPR. A l’issu de près de 20 minutes d’entretien téléphonique, le responsable de l’UPR a annoncé au Juge que la CENI devait statuer sur la question. Nous attendons la décision de la CENI. Mais, nous savons que pour ses élections locales, les contentieux se traitent au niveau du Juge de Paix et non à la CENI. Nous attendons donc mardi pour savoir ce qui a été finalement décidé » a ajouté le secrétaire administratif de la fédération UFDG de Thianguel-Bori.

Il est à préciser que c’est l’UPR qui a porté cette affaire devant le Juge de Paix de Lélouma, parce que la commission électorale préfectorale indépendante avait pris un acte dans lequel elle demandait le remplacement pure et simple des candidats visés par le recours de l’UFDG.

« Nous n’allons pas le faire. Il n’y aura pas des élections à Thianguel-Bori ici sans nos candidatures. Personne ne peut apporter des preuves que nous avons commis des fautes lorsqu’on quittait la mairie en 2012 » prévient la tête de liste de l’UPR.

A suivre !

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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