Il y a quelques mois, le ministre d’Etat de la justice, Me Cheick Sacko, avait promis que le procès sur les événements du 28 septembre allait s’ouvrir en fin d’année 2017. Mais l’année s’achève alors qu’aucune date n’est encore annoncée pour l’ouverture de ce procès tant attendu. Le garde des sceaux a expliqué donc les raisons du non-respect de cette promesse lors d’une conférence de presse qu’il a animée vendredi soir, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Selon le ministre de la justice, la Guinée n’a pas été en mesure d’organiser le procès à cause de la délicatesse de la procédure : « Voyez-vous, une affaire aussi importante que l’affaire du 28 septembre, une affaire de crime de masse, il n’y a pas de délai, il n’y a pas de prescription non plus. C’est pourquoi j’ai dit qu’on le veuille ou pas, cette affaire sera jugée dans notre pays. Je ne sais pas quand mais ça sera jugé. Mais pour juger une affaire, il y’a deux stades : le stade de l’instruction qui doit aller doucement en respectant les règles de procédure et ensuite la phase de jugement. L’instruction a pris presque 7 ans et là, je suis heureux de vous annoncer que cette instruction a pris fin aujourd’hui, ça veut dire que l’instruction est terminé. Le ministre de la Justice avec l’accord de l’autorité bien-sûr, je vais prendre un arrêté créant un comité de pilotage où tout le monde sera représenté», a-t-il annoncé.

Me Cheick Sacko a mis également l’occasion à profit, pour faire le point de l’actualité judiciaire de l’année 2017. Il s’agit notamment, de la réforme du secteur de la justice. Selon lui, de 2011 à nos jours, plusieurs actes ont été posés dans le cadre de cette réforme.

« Au titre des reformes, je vais commencer par le décret de grâce, puisque c’est l’actualité, c’est la troisième année consécutive que le ministère de la Justice propose un décret de grâce à monsieur le président de la République, qui fait partie de ses attributions constitutionnelles, qui est en même temps un acte républicain (…). Malgré l’effort des magistrats, les bâtiments abritant certains tribunaux sont vétustes, on essaye de faire avec ce qu’on a, c’est dans ce cadre que depuis bientôt huit ans, ce bâtiment (le siège du ministère) était en construction et il a été inauguré avant-hier par le président de la République. Comme vous le savez à Coyah il un nouveau tribunal, à Boké par le volet des fêtes d’indépendance, le tribunal de Boké est aujourd’hui flambant neuf, en Moyenne Guinée on a deux palais de justice à Pita et à Dalaba, on vient de leur envoyer des meubles dignes de ce nom », a cité entre autres le Garde des sceaux.

Le ministre de la justice a évoqué par ailleurs, la présidence de l’OHADA (l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique de l’ouest) par la Guinée, ce qui était une première en 2017. «C’est d’abord en 2014 qu’on est rentré dans le bureau de l’OHADA, on a été deuxième rapporteur. Une année après, premier rapporteur, l’année suivante vice-président en 2016. Et puis en 2017, on a présidé l’organisation. Il y a eu deux réunions ministérielles à Conakry, où il y a eu quasiment tous les ministres de la Justice et des ministres de l’Economie et des Finances de l’espace OHADA », a fait remarquer Me Cheick Sacko.

Ibrahima Sory Diallo, pour Guineematin.com

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