Le procès en cours de Lacinet Kourouma et Momo Mansaré au tribunal de première instance de Mamou fait débat dans la ville carrefour. Après la comparution de ces prévenus qui sont poursuivis pour un cumule d’infractions allant de la capture au meurtre de deux chimpanzés dans la sous-préfecture de Ourékaba, les citoyens de Mamou s’inquiètent et s’interrogent sur la loi faunique dont la plus part disent ignorer l’existence en République de Guinée, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Mamou.

Alors que la décision du tribunal de première instance de Mamou dans l’affaire ministère public contre Lacinet Kourouma et Momo Mansaré est attendue le 30 janvier prochain, le jugement de ces deux personnes poursuivies pour la capture, la circulation et l’abattage d’espèces animales sauvage intégralement protégé, suscite des réactions dans la commune urbaine et dans les treize sous-préfectures que compte la préfecture de Mamou. Tout comme les prévenus qui ont confié au tribunal leur ignorance sur l’existence d’une loi qui protège les chimpanzés, les habitants de la ville carrefour s’inquiètent et s’interrogent sur l’existence de la loi faunique en Guinée.

Depuis quand cette loi existe en Guinée ? Que faire si un chimpanzé s’attaque à nos arbres fruitiers ou détruit nos cultures ? Comment peut-on se défendre quand on est attaqué par un chimpanzé ? Ce sont là quelques questions qui reviennent très souvent dans les débats.

procureur Sidiki Camara

Mais, pour le procureur de la république près le tribunal de première instance de Mamou, « nul n’est censé ignorer la loi ». « Lorsqu’une loi est adopté par l’Assemblée nationale, cette loi est promulgué par le président de la République et elle est publié au journal officiel de la République. Ça veut dire que tous les citoyens sont déjà informés de son existence. Donc, lorsque ces citoyens commettent des infractions, ils ne peuvent pas s’abriter derrière l’argument selon lequel ils ne savaient pas. En tout cas, vous ne pouvez pas invoquer devant le tribunal la méconnaissance de la loi pour vous défendre », explique le procureur Sidiki Camara, qui précise que l’assemblée nationale a voté en 1999 la loi (L/038) portant sur la protection de la faune sauvage et réglementation de la chasse en Guinée.

« Lorsque vous lisez les dispositions de ce code qui compte 132 articles », poursuit le procureur Sidiki Camara, « on vous dit à l’article 1er, que ce présent code a pour objet de fixer les principes fondamentaux destinés à assurer la protection, la conservation et la gestion de la faune sauvage et ses habitants, de reconnaître le droit de chasse et d’en guider la pratique en vu de promouvoir l’utilisation rationnelle durable des espèces animales et d’assurer leur pérennité pour la satisfaction des besoins humains ».

Répondant aux préoccupations des citoyens sur les dégâts que peuvent causer les chimpanzés, une espèce animale intégralement protégés par ce présent code, le procureur de la république près le tribunal de première instance de Mamou a confié que « nul ne doit se rendre justice ».

« Lorsque vous êtes confronté à un cas de dévastation de votre champ, causé par les chimpanzés, vous devez vous adresser aux gardes forestiers qui sont constamment en brousse pour veiller sur notre faune et notre flore. Eux, ils sont dotés de moyens qu’il faut pour vous rétablir dans votre droit. Ils (les gardes forestiers) ont aussi des techniques pour apprivoiser ou éloigner ces animaux (les chimpanzés) de vos champs. En tout cas, nul ne doit se rendre justice ».

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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