Les 24 et 25 janvier 2018, le gouvernement guinéen, à travers le ministère des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, avec un appui financier de la coopération belge et l’organisation internationale pour la migration (OIM), a organisé à Conakry, le premier forum des guinéens de l’étranger, appelé Forum de la diaspora guinéenne.

La rencontre présidée par le Premier ministre, Chef du gouvernement, Mamady Youla, a connu la participation de près 260 personnes venues de 32 pays à travers les cinq continents du globe, a constaté sur place une équipe de Guineematin.com, qui a participé à la couverture de l’évènement.

La réunion préparatoire du Forum

C’est la direction nationale des guinéens de l’étranger qui a servi de cadre aux premières réunions de prise de contact avec le département des affaires étrangères, représenté par Mme Aminata Camara, la directrice nationale des guinéens de l’étranger. C’était le mardi 23 janvier 2018 dans l’après-midi.

Un tour de table a permis la présentation des délégués du Portugal, d’Egypte, de la Guinée Bissau, du Mozambique, d’Allemagne, de la Chine, de la Corée du Sud, de Madagascar, de la RD Congo, du Libéria, de la Côte d’Ivoire, du Luxembourg, de la Sierra Léone, du Burkina Faso, de la Gambie, du Cameroun, du Royaume Uni, de l’Italie, du Maroc, la Russie, d’Australie, du Japon, du Sénégal, le Gabon, de la Malaisie, du Ghana, des Etats Unis d’Amérique et du Canada et l’annonce des délégations comme le Mali, la France, la Belgique et l’Angola.

L’Objectif du Forum

Dès l’entame de la réunion, le directeur national adjoint des guinéens de l’étranger a décliné l’objectif de la rencontre. Après avoir souhaité la bienvenue aux délégués du forum de la diaspora, M. Barry, a souligné que « c’est une première dans notre pays que les guinéens de tous les horizons à travers le monde se retrouvent pour parler des problèmes des problèmes de la diaspora. Nous saluons déjà l’atmosphère qui prévaut ici. Vous êtes les bienvenus au pays ».

Pour lui, l’idée fondamentale de cette rencontre est de savoir qu’on a le pays en avant pour défendre son intérêt par tout où l’on est.

Désormais, poursuit-il, « votre constituez l’Assemblée générale du Forum de la diaspora pour la mise en place du Haut conseil des guinéens de l’étranger. Tout le monde compte sur nous pour la réussite de cette rencontre », a-t-il dit avant de passer la parole à sa patronne, la directrice nationale des guinéens de l’étranger, Aminata Camara.

Considérée comme la principale actrice de ce rendez-vous des Guinéens, la directrice a précisé d’emblée que le Haut conseil va être composé de seulement de Présidents de Conseil élus dans leurs pays de résidence.

Elle a ensuite décliné les grandes lignes du Haut Conseil qui sera composé de deux instances. L’Assemblée générale et le Secrétariat permanent. Le Bureau est élu pour deux ans, renouvelable une seule fois.

Le secrétariat permanent est composé de 27 membres dont un Président et 5 Vice-présidents (soit une vice-présidence pour chaque continent), cinq postes de secrétaire général et 15 postes de secrétaires. Un poste de secrétaire permanent est également prévu avec rang de chef de division au département des Affaires étrangères.

Onze des 27 places sont réservées à l’Afrique dont une vice-présidence. L’Afrique de l’Ouest occupera 4 des 11 dévolus au continent. L’Europe aura 6 représentants alors que l’Océanie occupera une place, 3 sont réservées pour l’Asie et 4 à l’Amérique.

Un survol des statuts sera également fait

Selon le document présenté aux participants, le Haut conseil des guinéens de l’étranger a pour but de collecter et communiquer des informations sur les préoccupations majeures  des Guinéens de l’étranger. Pour cela, il peut entre autres :

-Donner son avis et formuler des recommandations dans le cadre de l’élaboration et la mise en application de la politique gouvernementale en matière de gestion de promotion et de protection des Guinéens de l’étranger,

-Contribuer à une meilleure prise en charge des préoccupations des Guinéens vivant à l’étranger

-Promouvoir l’unité et la solidarité entre les guinéens de l’étranger sans distinction aucune

-Porter assistance et soutien aux membres de la communauté guinéenne

-Favoriser l’intégration des guinéens de l’étranger dans leur pays d’accueil

En tout le Bureau comptera un président, cinq V/P, 6 secrétaires généraux et 15 postes de secrétaires.

Ce document, précise la directrice, « est élaboré par le gouvernement et soumis aux participants pour tout amendement ».

Les discussions et la désignation d’un porte-parole

Après avoir écouté la lecture commentée du document, les participants ont soulevé des questions de nombre, de représentativité, d’organisation et de contenu.

La directrice a expliqué ensuite que le Bureau du Haut conseil sera mis en place par les participants eux-mêmes et sans la moindre influence de l’Etat. C’est pourquoi elle va laisser le soin à ces derniers de discuter entre eux. Toute fois, elle a indiqué que la présidence du Conseil doit revenir à l’Europe. Et de toutes les façons pas à l’Afrique. « Vous savez, l’Union Européenne est le plus important partenaire de notre pays. Nous ne minimisons pas les autres mais nous avons besoin d’un responsable qui va aider à la mobilisation des ressources pour le pays à l’étranger comme au Mali où la contribution de la diaspora est de plus de 300 milliards de FCFA contre 98 millions de dollars pour la Guinée. Soit moins du tiers du montant ».

Elle a également insisté que seuls les Présidents des Conseils élus doivent participer à l’élection. Il se trouve que de nombreux pays n’avaient pas mis en place leur conseil.

Entre eux, le représentant de la communauté guinéenne en Chine, Sultan Barry, un ancien membre du Conseil national de la transition (CNT) a été désigné comme porte-parole. Un tour de table a permis aux participants de recueillir les principales préoccupations des uns et des autres et la mise en place d’un comité de rédaction du discours de la diaspora.

Jusqu’ici, tout se passe bien et chacun croit fermement à la réussite de l’évènement.

Cette réunion prend fin vers 18 h et beaucoup de participants décident de quitter les lieux pour se donner rendez-vous, le lendemain à l’hôtel Noom, prévu pour abriter les travaux du forum.

Quelques heures après, une réunion cette fois secrète, est convoquée et regroupant quelques participants à l’hôtel Novotel. Là, des intentions sont exprimées par un groupe de personnes relevant d’une même communauté linguistique. Ces participants parlent au nom de la présidence de la république mais aucune décision ne sortira finalement.

Le Forum proprement dit

Placé sous la présidence du Premier ministre Chef du gouvernement, le forum de la diaspora guinéenne a ouvert ses travaux effectivement le mercredi, 24 janvier 2018. Etaient présents à la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Mamady Youla, le président de la commission des Affaires étrangères au Parlement, Elhadj Diao Kanté, le ministre d’Etat en charge de la justice et garde des sceaux, Me Cheick Sako, par ailleurs représentant le ministre des Affaires étrangères en mission, le ministre de l’Administration du territoire, le Général Bouréma Condé, le secrétaire général du département des Affaires étrangères, Hady Barry, de nombreux hauts cadres du pays, de la Cheffe de mission OIM en Guinée, Mme Fatou N’Diaye Diallo, de la Cheffe de mission Belge en Guinée, Mme Delphine Perremans, et plusieurs diplomates de la place.

A l’entame de la cérémonie, la directrice des guinéens de l’étranger,  a prononcé son allocution de bienvenue et souhaité un bon déroulement des travaux.

Comme prévu dans le programme, les autres intervenants ont suivi. Il s’agit du porte-parole de la diaspora, M. Sultan Barry, de la Cheffe de mission OIM en Guinée, Mme Fatou N’Diaye Diallo, de la Cheffe de la représentation diplomatique belge à Conakry, Mme Delphine Perremans, du représentant du ministre des Affaires étrangères et des guinéens de l’étranger, Me Cheick Sako et du Premier ministre Chef du gouvernement, Mamady Youla qui a ouvert les travaux.

Touts, ont salué la tenue de ce forum, magnifié l’engagement du gouvernement envers les compatriotes vivant à l’étranger, exprimé la gratitude de la Guinée aux partenaires techniques et financiers et remercié les organisateurs en général et singulièrement Mme Aminata Camara de la direction nationale des guinéens de l’étranger.

Maître Cheick Sako tout en rappelant que contrairement au passé où les guinéens de l’étranger étaient vus et traités d’une autre manière, la 3ème république compte en son sein de nombreux compatriotes issus de cette couche. C’est le cas du Président de la république, du Premier ministre Chef du gouvernement, lui-même Cheick Sako, (qui a passé 30 ans au barreau de Montpellier en France).

Il expliquera d’ailleurs que la tenue du présent Forum s’inscrit dans le cadre de la réalisation des objectifs visés par les autorités de la troisième République, pour l’amélioration des conditions de vie des guinéens vivant à l’étranger et surtout pour la recherche des voies et moyens en vue de leur participation effective au processus de développement économique, social et culturel de la Guinée et ce, conformément au programme de société du Pr Professeur Alpha Condé. Après la cérémonie d’ouverture, place aux panels.

Bien entendu, le Premier ministre dans son intervention a insisté sur la nécessité de mettre en place, au terme de ce forum, le bureau du Haut conseil des guinéens de l’étranger qui servira d’interlocuteur entre la diaspora et le gouvernement guinéen mais qui ne remplacera nullement les représentations diplomatiques.

Les thèmes développés

Plusieurs thèmes ont été développés. La première journée a été particulièrement intéressante, à en juger par le nombre de thèmes développés, l’attention accordée par les participants et le niveau particulièrement élevé des conférenciers.

Après le présentation de la direction des guinéens de l’étranger, le premier thème a suivi. Il portait sur : le rôle et la place de la diaspora dans le développement socioéconomique de la Guinée par le secrétaire général du département des affaires étrangères, Hady Barry.

Des sous-thèmes comme les opportunités d’investissement dans les secteurs prioritaires, la migration et le développement, parole aux membres de la diaspora, ont été développés et suscités de discussions entre participants.

Début du fiasco

Le lendemain, jeudi 25 janvier a été marqué par un désordre et une pagaille hors norme enregistrés à la fin des travaux.

Seuls trois points inscrits à l’ordre du jour sur les cinq ont été exécutés. Il s’agit des thèmes sur « le rôle de la diaspora dans la consolidation de la paix et de la cohésion nationale », de « l’intégration des Guinéens dans leur pays de résidence : défis et opportunités » et le point sur « les échanges pour la mise en place du Haut conseil des guinéens de l’étranger ». Les deux derniers ne verront jamais le jour. Election du Haut conseil des guinéens de l’étranger et présentation, discussions et adoption des conclusions et recommandations du Forum avant la cérémonie de clôture.

D’importantes interventions et de tous ordres ont marqué la première partie de cette deuxième et dernière journée. Des Guinéens pleins d’imagination, pétris d’expérience et décidés à se mettre au service de la nation se sont relayés au parloir et fascinés les participants.

Ce fut également l’occasion pour d’autres de remettre les pendules à l’heure. « Ce forum ne vise pas à faire revenir les guinéens au pays mais de faciliter leurs conditions de vie partout où ils se trouvent à travers le monde  », a notamment précisé l’Honorable Diao Kanté. Des intervenants comme Djeli Moussa Samora, ancien membre du CNT et conseiller du Médiateur de la république en droit de l’homme, a regretté la négligence de l’Etat envers la diaspora et dénoncé l’indifférence des autorités à son égard.

Il sera désavoué par les prochains intervenants dont le directeur de la télévision nationale, Fodé Tass Sylla et le délégué du Canada, Maxime Camara. Tous les deux ont déploré le comportement malveillant de certains compatriotes vivant à l’étranger. « Ils ne se privent pas de s’inscrire par exemple à la fonction publique guinéenne, (empêchant du coût le recrutement des jeunes) ou encore afficher un comportement immoral en lançant dans le trafic des stupéfiants », a dénoncé Maxime. Fodé Tasse lui, indiquera que le Guinéen de l’étranger est une partie du corps du Guinéen resté au pays. « C’est le même corps. Seulement, vous devez comprendre que votre mission n’est pas de venir ici prendre un éventail pour nous dire qu’il fait chaud. Vous devez être celui qui porte une torche allumée pour nous éclairer le chemin du développement mais pas celui qui va nous torcher dans les yeux pour nous éblouir et nous étourdir,… ».

Jusque là ce sont les débats, et tout se passe bien. Pourtant dans la salle les gens se vident peu à peu et au fur et à mesure que la nuit avance.

En effet, dans une salle d’à côté, les discussions entre les Présidents des conseils guinéens de l’étranger se poursuivent et s’intensifient entre les prétendants au poste de président du Haut conseil.

Déjà la veille, plusieurs personnes se sont manifestées pour exprimer leur désire d’occuper le prestigieux poste de président du Haut conseil des guinéens de l’étranger.

L’élection de Djélimory Kouyaté

Entre les 32 présidents de Conseil et représentants des pays au Forum, quatre candidats se sont déclarés. Bien entendu, au départ, il était question de consensus entre les membres pour le choix du Président et même des Vice-présidents. Mais ce fut peine perdue.

Faute de consensus, le représentant de l’Allemagne, Djélimory Kouyaté, celui de la France, Siaka Diallo, le délégué de la Chine, Sultan Barry et le délégué de la Côte d’Ivoire, monsieur Kaba se sont portés candidats.

Les quatre prétendants sont priés de sortir de la salle laissant 27 électeurs (celui de la Belgique étant absent).

Le scrutin est organisé. Chacun a reçu un bout de papier et prié de mentionner le nom du pays de son choix entre les quatre prétendants. Au terme des opérations, Alpha Barry de l’APIP, est chargé du décompte. Après totalisation des voix, 16 votants ont mentionné Allemagne, et les 14 autres voix ont été partagées entre les 3 candidats restants.

Djélimory Kouyaté est proclamé vainqueur. Il rentre dans la salle, ovationné. Il prend quelques photos avec les participants avant que le groupe ne reprenne place dans la salle.

A la grande surprise de tout le monde, des rumeurs commencent à arriver au compte-goutte comme quoi, le gouvernement n’est pas d’accord. Un participant confie à Guineematin.com que c’est le président Alpha Condé en personne qui a appelé Me Cheick Sako pour demander de tout arrêter.

Pendant ce temps, la directrice des guinéens de l’étranger commence à avoir une mine étrange. Elle évite soigneusement la presse mais ses lultiples va-et-vient ne trompent plus personne. Elle s’introduit dans la salle où se déroule les élections pour dire d’accélérer. « Le ministre vient pour la clôture, accélérez s’il vous plaît », lance t-elle avant de sortir.

Il se révèle qu’avant l’élection du Président du Haut conseil, l’un des participants avait demandé à Madame Camara si le gouvernement avait un candidat à proposer au forum pour la présidence du Haut conseil. Elle a répondu par la négation, avouant que le forum c’est pour eux de la diaspora et le gouvernement n’avait pas à influencer quoi que ce soit. Le secrétaire général, Hady Barry arrive quelques minutes plus tard. Il explique aux électeurs qu’ils ont reçu l’information selon laquelle les élections ne se sont pas bien déroulées. Etonnement dans la salle. Cette déclaration du secrétaire général intervient après que l’un des perdants, le délégué de la Côte d’Ivoire se soit absenté pour quelque temps. Des indiscrétions l’accusent d’être parti à la présidence, charger sérieusement Djélimory parfois avec des qualifications subjectives.

Monsieur Sultan l’un des trois candidats malheureux et porte-parole de la diaspora suggère à Monsieur Barry des AE d’interroger les participants. Aussitôt dit, aussitôt fait. « Ceux qui savent que l’élection s’est mal déroulée, débout. Les délégués de la Côte d’Ivoire, de la France et de la Belgique (qui revenu entre temps dans la salle) restent assis ». Monsieur Sultan continue, « ceux qui savent que le vote s’est bien déroulé, débout. Tout le monde est débout sauf les trois cités-précédemment ». Le secrétaire général promet de rendre compte au ministre après avoir attesté que c’est clair, « les élections sont crédibles et transparentes ».

Dans l’attente des autorités, les participants continuent la mise en place du Haut conseil avec l’élection des Vice-présidents. Siaka Diallo de France et le délégué d’Italie sont candidat au poste réservé à l’Europe. Siaka est battu à noubveau. Le poste revient au délégué de l’Italie, Monsieur Barry. Le délégué de la Côte d’Ivoire est également candidat à pour la seconde fois, cette fois pour le poste de Vice-président réservé à l’Afrique, il est battu par acclamation par la présidente du conseil des Guinéens du Burkina Faso, Mme Haïdara Saran Cissoko. Monsieur Sultan Barry lui, est élu au poste de Vice-président au compte de l’Asie. Et les travaux se poursuivent pour meubler le bureau.

Au même moment, les conciliabules se multiplient au dehors et les chuchotements s’intensifient. « Ah, le gouvernement ne va pas valider l’élection de Djélimory Kouyaté. Il n’est pas son candidat ». De telles déclarations se font persistantes et vers 19h, Me Cheik Sako pointe le nez. Chacun accoure dans la salle et ce qui se murmurait éclate au grand jour.

Le gouvernement qui s’était engagé 24 heures avant à tout mettre en œuvre pour la réussite du forum dont les travaux devaient déboucher à la mise en place du bureau du Haut conseil des guinéens de l’étranger, change de ton.

Aucun des trois intervenants, à savoir madame Camara de la direction des guinéens de l’étranger, Mme Fatou N’Diaye de l’OIM et Me Cheick Sako au compte du gouvernement, n’a présenté une allocution écrite. Chacun des intervenants a tenté comme il peut, à éviter de prononcer le mot qui fâche, « l’annulation de l’élection du bureau du conseil  ou tout simplement l’échec du forum de Conakry ». Chacun a cherché à maquiller l’échec ce la rencontre.

Me Cheick Sako, non sans hésiter s’est voulu rassurant. « Je vous prie de me croire. Puisque quand je prends des engagements, je les réalise. Depuis mon arrivée, j’ai toujours respecté mes engagements », a dit le ministre de la justice. Au même moment certains murmurent qu’il est l’un de ceux qui ont du mal à tenir parole dans le gouvernement. Le procès des présumés auteurs des évènements du 28 septembre est programmé depuis son arrivée à la tête du département. Mais il se fait toujours attendre, murmure t-on dans la salle.

Les promesses 

Des promesses ont été faites à nouveau. Face à l’échec de ce rendez-vous qui devrait aboutir à la mise en place du bureau du Haut conseil des guinéens de l’étranger, le ministre Sako a promis non seulement de faire un compte-rendu à son homologue des Affaires étrangères mais surtout, il s’est engagé à ce qu’un nouveau forum soit rapidement organisé, « dans les semaines à venir et qui mettra en place le Haut conseil ». Son argument, a consisté à partager avec les participants de son souci d’équité et de légalité. « Le Haut conseil doit être élu par les Présidents des Conseils élus dans chaque pays. Il se trouve que certains ont leur conseil et d’autres non. Le gouvernement va s’atteler à finaliser le processus avant la mise en place de cet organe qui va représenter la 5ème région du pays ».

Une déclaration qui a soulevé un tollé dans la salle. Les participants ont protesté et regretté cette position des autorités guinéennes. Venus souriants et confiants, presque tous les participants sont repartis déçus, malheureux et surtout furieux contre le gouvernement. Les gens ont quitté en queue de poisson la salle de conférence de l’hôtel se livrant à de procès très sévère contre le régime du Pr Alpha Condé, accusé de semer et d’entretenir la division même au sein de la diaspora guinéenne.

Les conséquences immédiates et lointaines

Des conséquences à l’immédiat sont indiscutablement la mauvaise presse du gouvernement à l’étranger. De la Guinée Bissau en Australie, de la Chine aux Etats Unis en passant par l’Europe, cette opération risque de coûter cher au régime de Conakry. Un acte qui intervient au moment le Chef de l’Etat a cédé sa place de Président en exercice de l’Union Africaine. Réduisant du coup les possibilités de présence des autorités dans les rencontres de haut niveau sur le plan international.

Des rumeurs également prêteraient des intentions à madame la directrice des guinéens de l’étranger la volonté de rendre le tablier. Si cela arrivait, ce sera le comble à quelques jours de la tenue des élections locales et des velléités de grève dans le secteur de l’enseignement.

Côté partenaires, rien n’indique que l’OIM et la Belgique (qui avait annoncé la réouverture de son ambassade à Conakry le 1erfévrier de cette année) qui ont financé ce rendez-vous de Conakry vont accepter de renouveler leur engagement dans les semaines à venir. Déjà de nombreux participants qui ont payé leurs billets ou une partie de leur déplacement, n’ont pas été remboursés. La Cheffe du bureau OIM à Conakry, n’aurait pas pu retenir ses larmes, après tant d’engagement et d’espoir portés pour la réussite de ce forum.

C’était une occasion de se trouver un interlocuteur valable pour la mise en place d’un mécanisme de résolution des problèmes liés à l’immigration clandestine, avait-on laissé entendre, au début du forum.

Côté diaspora, sauf s’ils n’y arrivent pas, ils sont nombreux à vouloir défendre les résultats du vote de Conakry. Autrement dit, ils sont décidés à maintenir pour les deux ans à venir, leur président Djelimory Kouyaté à la tête du Haut conseil des guinéens de l’étranger, rendu fantôme.

Un Djélimory, originaire de Siguiri, qui jouit d’un grand soutien au sein de la diaspora guinéenne contrairement aux arguments qu’aurait avancé le délégué de la Côte d’Ivoire, deux candidats et chaque fois battu.

Une compilation d’Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 628 08 98 45

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