Le président de la commission administrative de centralisation des résultats des votes dans la commune urbaine de Boffa, Ansoumane Dounoh, Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Faranah et son rapporteur venu du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) se sont sauvés à la dernière minute avec tous les procès-verbaux, suite à un mouvement d’humeur des citoyens qui venaient d’envahir les locaux de la commission électorale préfectorale indépendante (CEPI), a appris Guineematin.com d’une source officielle.

Il n’est pas facile communiquer aujourd’hui avec exactitude sur les résultats des élections locales dans la commune urbaine de Boffa, dans la Région Administrative de Boké, en Basse Guinée. Et pour cause ? Deux statistiques circulent actuellement. Celle de la Commission Administrative de Centralisation des résultats des Votes (CACV) présidée par le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Faranah et les données consensuelles reconstituées par la commission électorale préfectorale indépendante et la mission de supervision du processus électoral dépêchée à Boffa par la CENI qui se sont appuyés sur les archives des délégués des candidats dans les différents bureaux de vote.

« Le résultat que nous avons ici n’est pas celui qui est produit par la CACV. Chez nous ici la commission administrative n’a pas terminé le travail. Le président et son rapporteur sont rentrés à Conakry sans laisser les résultats. La ville commençait à bouger. Les manifestants commençaient à nous jeter des pierres. J’ai alors convié les têtes des différentes listes de candidatures à une réunion de concertation. On s’est entendu d’afficher provisoirement les données statistiques que les QG des listes ont obtenues à partir de leurs délégués dans les 50 bureaux de vote de la commune urbaine, pour ne pas que la ville brule » prévient le président de la commission électorale préfectorale indépendante (CEPI) de Boffa, Mamadouba Sylla.

Sur les raisons qui ont provoqué l’envahissement des locaux de la CEPI par les citoyens de Boffa en colère, notre source précise : « il est bien que les sachent que le dernier mot revient à la CENI. Il y avait 5 bureaux de vote qui restaient sur les 50 installés dans la commune urbaine. Nous avons pris une pause. A la reprise, les 5 bureaux de vote ont crée de sérieux problèmes à la CACV. Les procès-verbaux remontaient des chiffres qui ne concordaient pas avec les relevés des QG des candidats. Il est dit dans le code que quand il y a des voix qui flottent, elles sont à repartir équitablement entre les différents candidats, en même temps revoir les bulletins déclarés nuls. Le contrôle a montré que chaque candidat avait dans ce lot des bulletins qui ne devaient pas être considérés nuls. En rajoutant ces bulletins sur le décompte de voix obtenues par candidat, la liste indépendante qui est majoritaire sur le terrain s’est retrouvée avec 10 sièges au lieu des 12 initialement obtenus avec les données venues directement des bureaux de vote. Ce qui mettait cette liste en ballotage parce qu’elle n’avait plus la majorité absolue sur les 23 sièges à pourvoir. La foule a immédiatement envahie les locaux de la CEPI pour exiger qu’on revienne sur les premières données. Ils ont demandé en même temps de faire venir les présidents des bureaux de vote litigieux pour confrontation. Rendez-vous a été donné aux acteurs concernés le lendemain matin. Mais, entre 4h du matin et 5 h, le président de commission de centralisation et le rapporteur ont pris la route de Conakry.»

En attendant le dernier mot de la commission nationale électorale préfectorale indépendante (CENI), il convient de signaler que les résultats provisoires non officiels affichés au siège de la CEPI de Boffa avec la signature du président de ce démembrement préfectoral, Mamadouba Sylla et celle du chef de la mission des superviseurs de la CENI dans cette circonscription électorale donne une tendance appelée par précaution « résultats provisoires bruts » qui montre que la liste indépendante lamine complètement les grands partis du pays avec 12 sièges contre 1 pour le PDG-RDA, 2 pour l’UFDG, 3 pour la coalition UFR-PEDN, 2 pour PUDD et 3 pour le RPG Arc-en-ciel.

Il est à préciser que la voiture du missionnaire de la CENI, Ibrahima Camara qui était incapable de donner les résultats à la population locale après le départ des deux premiers responsables de la CACV, a été caillassée par les manifestants. Il aurait fallu que le président de la CEPI, Mamadouba Sylla prenne l’initiative de faire afficher les résultats disponibles avec les QG des listes en compétition sur le terrain pour que la tension baisse dans la cité.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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