La grève déclenchée par le SLECG (Syndicat Libre des Enseignants Chercheurs de Guinée) d’Aboubacar Soumah a fait deux victimes, hier lundi 12 février 2018. Après Alpha Oumar Barry, jeune motard, fauché par un pick-up de la gendarmerie vers Hamdallaye-pharmacie, c’est un autre mineur qui a été tué par balles. Abdoulaye Bah, âgé de 16 ans, élève en classe de 10ème année, dans un collège à Bambéto, aurait été tué par des agents de la Brigade Anti Criminalité (BAC) numéro 1, a appris Guineematin.com, de la famille de la victime.

Comme toujours, les manifestations en Guinée entrainent des morts par balles. Dans l’après-midi d’hier lundi, Abdoulaye Bah, élève en classe de 10ème année, originaire de Lelouma, a été tué à la fleur de l’âge.

Selon Thierno Boubacar Bah, oncle paternel du défunt, « Abdoulaye est allé à l’école le matin, mais a trouvé qu’il n’y avait pas cours. C’est alors qu’il est revenu à la maison pour déposer ses effets pour ensuite aller chez un de ses amis pour préparer du thé. Et, c’est en cours de route qu’un pick-up de la BAC est apparu subitement vers eux. Donc, ils ont décidé de fuir. En prenant la fuite, un des agents lui a tiré une balle. La balle a cassé le bras. Puisque les agents ont vu qu’il n’était pas mort, ils ont tiré une autre qui lui a traversé le dos. Avec l’aide des voisins et de ses amis, il a été transporté à moto dans une clinique. Nous l’avons ensuite envoyé à la clinique sino-guinéenne, car il était toujours en vie. Là-bas, les médecins ont commencé par plâtrer son bras et ensuite ils ont fait la radio et essayer de retirer les balles. Mais, malheureusement, notre fils n’a pas survécu ».

Thierno Boubacar Bah dit avoir porté plainte et espère qu’au-moins cette fois, la justice fera son travail. « Avec le concours des ONG de défense des droit de l’homme, nous avons porté plainte. Nous prions Dieu qu’il ait l’âme de notre enfant. Mais, nous n’allons jamais, jamais pardonner le coupable de ce meurtre. L’intention de son bourreau, c’était de le tuer ; car, après lui avoir tiré une première fois, il aurait pu se contenter de cela, mais…. »

Déjà orphelin de mère, Abdoulaye Bah n’avait qu’une seule sœur, madame Fatouma Diaraye Bah. Interrogée, la jeune dame a difficilement pu s’exprimer. « De l’école, mon mari m’a dit de rentrer à la maison, sans me dire le motif. C’est en m’apprêtant à préparer qu’il m’a annoncé le décès de mon frère. Aujourd’hui, mon unique frère a été tué ! On m’a dit de retourner à la maison qu’ils allaient l’opérer. Mais, mon unique frère est mort ! Ils auraient dû me tuer à sa place. Bah est mort, le bras bandé ! Bah est mort, les balles dans le corps…»

Amadou Dian Diallo, témoin oculaire de la scène, a porté des accusations sur les agents de la BAC numéro 1. « Hier matin, je suis passé chez lui, il venait de l’école. De là, nous sommes allés chez-moi. C’est à mi-chemin qu’on a rencontré un pick-up de la BAC numéro 1. Dès qu’ils sont venus, on a essayé de courir. C’est en ce moment qu’ils lui ont tiré deux balles. En tombant, il nous a dit de ne pas le laisser. C’est ainsi que nous nous sommes retournés pour le prendre et l’amener à l’hôpital. Mais, il avait déjà perdu beaucoup de sang », a expliqué le jeune homme.

Amadou Dian Diallo a dit sa déception devant le comportement des policiers. « Cette BAC, je pensais qu’elle était censée attraper les criminels. Mais, malheureusement ce sont les agents de la BAC qui sont des criminels. Ils nous tuent, ils nous agressent. Dans les autres communes, ça ne se passe pas comme ça, c’est seulement sur l’axe Hamdalle-Kagbelen qu’ils agissent de la sorte », a lancé le jeune homme.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tel. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin