Mohamed Tall et 14 autres coaccusés sont poursuivis au Tribunal de Première Instance (TPI) de Mafanco pour des faits d’association de malfaiteurs, de vol à mains armées, et de détention illégale d’armes de guerre. Certains d’entre eux ont défilé à la barre ce mardi 20 février 2018 tout en niant en bloc les faits qui leurs sont reprochés, a constaté sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Les accusés sont poursuivis pour des braquages qu’ils sont présumés avoir commis entre 2012 et 2013, notamment la gare routière de Siguiri à Madina, où d’importantes sommes d’argent ont été emportées. Le même groupe est accusé dans l’attaque d’un orphelinat à Dubréka, de la commune urbaine de Boké, à Coyah, à Mamou et bien d’autres localités.

A la barre, l’accusé Mohamed Tall, ingénieur en Télécommunications, âgé de 44 ans, a nié systématiquement tous les faits mis à sa charge. Présenté comme celui qui gardait les armes servant aux attaques, Mohamed Tall est revenu sur les circonstances de son arrestation. Selon lui, il a été arrêté le 24 décembre 2013, alors qu’il venait de rentrer du Libéria. « Je revends des véhicules d’occasion Bruxelles. C’est là que je suis venu trouver des policiers qui m’ont aussitôt braqué. On s’est bagarré et après ils m’ont envoyé chez le colonel Amadou Bangoura. Ils ont dit qu’ils ont trouvé des armes de guerre dans une Renault Express que je revendais. Ils m’ont torturé au commissariat jusqu’à ce que je me sois évanoui. Ils m’ont obligé à reconnaitre », a-t-il expliqué.

Après ces explications, la présidente du tribunal, Madame Fatou Bangoura, va demander à Mohamed si des armes n’ont pas été trouvées dans la Renault Express. « Les quatre (4) PAMK n’ont-ils pas été trouvés dans la voiture ? N’avez-vous pas participé aux attaques armées avec ce groupe ? Est-ce que ce n’est pas vous qui gardiez ces armes pour le groupe ? », a enchainé la juge. Mohamed Tall va tout nier en bloc. Se présentant comme simple vendeur de véhicules.

Ensuite, c’est le procureur Aly Touré qui va prendre la parole. Après avoir fait remarquer que l’accusé a opté pour la négation systématique, monsieur Touré va demander : combien avez-vous eu dans l’attaque de la gare routière de Siguiri ? N’avez-vous pas reçu 55 millions de francs guinéens ?

Rien absolument, répondra-t-il.

« N’avez-vous pas reconnu que les armes saisies dans ce véhicule vous appartiennent, vous et votre groupe ? ». L’accusé répond que c’est sous l’effet de la torture que la police l’a fait parler.

L’avocat de la défense, maitre Dinah Sampil, va tenter de « sauver » son client par en lui dmandant de localiser avec exactitude son parking. « Mon parking se trouve au bord de la route, à côté d’un garage de mécaniciens, au carrefour Dabompa-Tamisso. Et, c’est en face du commissariat de police », va expliquer Mohamed Tall.

Une situation que maitre Dinah Sampil va trouver invraisemblable. « Pouvez-vous oser garer des armes dans un véhicule garé à quelques mètres d’un commissariat de police ? ». Question à laquelle l’accusé va répondre par la négative tout en ajoutant que ses quatre véhicules avaient été saisis sans en savoir la destiantion.

Maitre Dinah Sampil fera remarquer que son client n’a été confronté à aucune victime, depuis le début de la procédure jusqu’à aujourd’hui. En outre il va poser la question de savoir s’il y a des scellés puis qu’on parle d’armes saisies.

La présidente du tribunal va montrer les scellés versés au dossier où il est mentionné l’existence de 4 PMAK, 120 munitions, deux pistolets TT30, des pieds de biche, des marteaux, des burins et des gris-gris.

Le dossier a été renvoyé au mardi 27 février 2018 pour la suite des débats et la comparution des autres accusés.

En attendant, Mohamed Tall poursuit son séjour à la maison centrale de Coronthie où il est sous mandat de dépôt depuis le 31 décembre 2013.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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