Le centre administratif et des affaires (Kaloum), habituellement épargné des soubresauts d’ordre politique ou social, a été fortement secoué ce lundi. Des manifestations violentes ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la commune avec des slogans hostiles au pouvoir, a constaté un reporter de Guineematin.com sur place.

C’est une situation inédite qui est survenue ce lundi, 12 mars 2018, à Kaloum. Cette commune, on le sait, est habituellement épargnée des mouvements enregistrés régulièrement dans la capitale guinéenne. Mais, aujourd’hui, les habitants de Kaloum ont décidé de battre eux aussi le pavé. Jeunes (garçons et filles), femmes et même des vielles sont massivement descendus dans les rues de la commune qui abrite la Présidence de la République et les Ministères notamment, pour protester contre la fermeture des classes qui dure depuis un mois.

Le mouvement, qui a commencé au quartier Boulbinet dès 8 heures, s’est étendu finalement à quasiment tous les quartiers. Partout, les manifestants ont brûlé des pneus sur la route pour empêcher la circulation. D’autres brandissaient des pancartes et scandaient des slogans hostiles au président de la République.

« Alpha Condé est incompétent ! Alpha Condé a démontré suffisamment qu’il ne peut pas faire l’affaire de la Guinée. Depuis un mois, les élèves ne vont pas à l’école ; et, cela ne le préoccupe pas. Tout ce qu’il a à faire aujourd’hui c’est de quitter le pouvoir ! On ne veut plus de lui », a déclaré au micro de Guineematin.com, un manifestant du quartier Coronthie.

Certains manifestants n’ont pas hésité même à proférer des injures en langue nationale à l’endroit du chef de l’État, dont le nom était au centre de tous ces mouvements de rue. « Rien ne marche dans le pays ! Alpha Condé ne fait pas ce pourquoi il est élu. C’est pourquoi nous lui demandons donc de quitter le pouvoir », renchérit une vieille dame.

Face à cette situation explosive, les forces de l’ordre (gendarmes et policiers) ont été déployées dans les coins les plus chauds de la ville. Des affrontements et des courses-poursuites ont opposé les agents de sécurité aux manifestants surexcités pendant plusieurs heures. Les uns usant du gaz lacrymogène et les autres des cailloux.

Ces affrontements ont fait quelques blessés, dont un policier gravement touché par un caillou à l’œil et transporté d’urgence à l’hôpital du Camp Almamy Samory Touré. Le cortège du Premier ministre a dû bien se précipiter pour éviter d’être pris à partie par un groupe de femmes, très remontées contre les autorités guinéennes.

Ces manifestations ont non seulement bloqué la circulation dans la commune, mais aussi toutes les autres activités ont été empêchées. Les départements ministériels, les institutions, les banques entre autres, ont tous dû fermer leurs portes ; et, les travailleurs qui étaient sur place ont été obligés de rester enfermés jusqu’à la fin des manifestations, à 14 heures.

A rappeler que l’opposition guinéenne a décrété ce lundi une journée ville morte pour protester contre ce qu’elle appelle « le détournement des votes des citoyens par les Commissions de centralisation des votes » à l’occasion des élections locales du 04 février dernier. Et, cette journée de protestation des adversaires du régime correspond à un mois (jour pour jour) depuis le déclenchement de la grève générale et illimitée, lancée par SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée), le 12 février 2018, pour l’amélioration de leurs conditions de vie.

De Kaloum, Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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