Longtemps opposé à l’Union des Forces Républicaine (UFR), sa formation politique de départ, Cheick Chérif Touré est enfin confirmé député titulaire à l’Assemblée nationale. Il a fallu l’implication de la Cour Constitutionnelle pour que Cheick Chérif Touré soit rétabli dans ses droits.

Rencontré ce jeudi 29 mars 2018, par un reporter de Guineematin.com, le tout nouveau député, est revenu sur le règlement du contentieux qui l’opposait à l’UFR. Celui qui reprend le fauteuil laissé vacant par Baidy Aribot, parti à la Banque Centrale, a dit également sa position sur de nombreux sujets liés au parlement.

Selon Cheick Chérif Touré, « le contentieux a été réglé à la Cour Constitutionnelle à travers une demande d’intervention, confirmée à l’article 511 de la Constitution des conditions de saisine de la Cour Constitutionnelle. C’est cela maintenant que la Cour a tranché, en ma qualité de suppléant, comme je suis élu en même temps que le député sortant de Kaloum, je deviens titulaire ».

Après cette confirmation, le député n’a pas caché ses sentiments. Selon lui, l’heure est à la réconciliation et à la composition avec tout le monde. « Je suis dans l’allégresse, l’heure est à la réconciliation, de composer avec tout le monde. Il s’agit de la Guinée, de l’hémicycle, de conjuguer les efforts avec tout le monde pour que le pays aille de l’avant ».

À la question de savoir ce que compte faire l’élu de Kaloum au cours de la prochaine session des lois, Check Touré répond: « à la session parlementaire, une fois que je serai installé et présenté à mes pairs députés, je tendrai la main tant à l’opposition qu’à la mouvance et à l’Alliance Républicaine, de conjuguer les efforts ensemble. Je suis à la disposition de tout le monde pour amender les propositions de lois, pour l’avenir de la Guinée, pour que les lois s’appliquent dans les conditions optimales », faire savoir le député uninominal de Kalum.

S’adressant à ses aniciens compagnons de l’UFR, Cheick Chérif Touré dira que « la politique, ce n’est pas la guerre, ce n’est pas la haine. Il peut y avoir des incidents, mais une fois qu’il y a la justice, l’heure est à la réconciliation. Et en bon musulman, pieux, il ne s’agit pas d’avoir une haine viscérale parce que tu as été victime de ça et de tout, mais il faut composer avec tout le monde pour que la Guinée aille de l’avant. L’hémicycle, c’est la famille. Nous ne sommes pas au compte d’un parti politique, mais plutôt au compte de la Guinée, nous défendons l’intérêt des citoyens guinéens, l’intérêt du peuple de Guinée pour que le pays puisse émerger de l’eau ».

Pour ce qui est du penchant qu’il a pour tel ou tel autre groupe parlementaire, Cheick Chérif Touré préfère attendre d’être installé avant de prendre une décision. « Ce n’est pas exclu que j’appartienne au groupe parlementaire républicain, à l’opposition, à la mouvance ou aux non inscrits. Je vais me déterminer le jour j. De toute façon, la politique ce n’est pas la haine. C’est le jour là que je vais dire à quel groupe je vais appartenir. D’ici là, je me réserve de le dire », a indiqué ce syndicaliste au Port Autonome de Conakry.

Justement, étant à la fois membre du syndicat du port et désormais député à l’Assemblée Nationale, Cheick Chérif Touré dit que « c’est compatible, selon le nouveau code électoral révisé. C’est compatible, quand tu es député, tu peux être à des fonctions non rémunérées, comme secrétaire général, membre de conseil d’administration. Je peux assurer les deux ».

A l’endroit de ceux qui vont penser qu’il est difficile d’être syndicaliste contestataire et en même temps député à l’hémicycle, Cheick Chérif Touré précise : « nul n’est censé ignorer la loi. La loi, elle opposable à tout le monde et nous sommes tenus de la respecter. Je suis d’un organe de la masse ouvrière portuaire ».

Parmi les futures priorités de Check Touré à l’Assemblée nationale, figure le cas de la sous-préfecture de Kassa, aux larges de Conakry. Il dit que « l’île de Kassa est érigée en sous-préfecture. Donc, il faut essayer de défendre ça parce que selon le code de collectivités décentralisées et déconcentrées ce n’est pas conforme qu’on érige une sous-préfecture dans une commune. C’est des choses à dénoncer à l’hémicycle. La commune de Kaloum, la plupart des jeunes chôment, les femmes aussi sont à l’abandon. Donc il faut dénoncer ça » a- t-il laissé entendre.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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