Comme nous l’annoncions dans un précédent article, la famille de Yéro Malal Diallo, tué par balle le 19 mars 2018 à Sinta dans la préfecture de Télimélé, émet déjà des doutes quant à l’aboutissement de la procédure judiciaire ouverte à la suite de l’assassinat de l’élu de l’UFDG à la mairie de cette commune rurale. Elle a exprimé ses doutes et ses inquiétudes au micro d’un envoyé spécial de Guineematin.com qui s’est rendu au domicile du défunt le lundi dernier, 02 avril 2018. Mais, le juge de paix de Télimélé, lui se montre rassurant.

Deux semaines après l’assassinat de Yéro Malal Diallo à son domicile à Touguiwel dans la préfecture de Sinta, la gendarmerie a bouclé l’enquête préliminaire. Elle a déféré les trois suspects arrêtés à la prison civile de Télimélé et transmis le dossier à la justice. Interrogé sur cette affaire par un envoyé special de Guineematin.com ce mardi, 03 avril 2018, le juge de paix de Télimélé, Siriman Kouyaté, confirme avoir reçu le dossier.

« J’étais à Conakry lorsque le PV de la gendarmerie est parvenue à la justice. Là vous me trouvez en train de l’enregistrer comme ça, il y a trois personnes qui sont poursuivies dans ce dossier. Ces trois suspects sont actuellement à la prison civile, on ne sait pas s’ils sont effectivement impliqués dans l’assassinat ou pas, mais nous poursuivrons les enquêtes pour le savoir. Pour l’instant c’est tout ce que je peux vous dire », a-t-il déclaré.

Mais d’ores et déjà, la famille du défunt pense que ce dossier n’aboutira à rien de sérieux, si en tout cas il est traité au niveau local. Car, selon un membre de cette famille, les gardiens de la prison civile de Télimélé ont déjà proposé le payement de l’argent pour libérer les trois suspects et les faire fuir vers le Sénégal. En réaction, le juge de paix de Télimélé assure que les suspects seront effectivement jugés dans les règles de l’art.

« Qui va libérer ? Vous savez, les gens peuvent faire toutes sortes de déclarations à pareilles circonstances, mais nous, on a le dos le large pour encaisser tout cela. Il y a des gens qui ont passé plusieurs années à la prison civile pour des affaires criminelles qui ne sont pas encore jugés, ils sont toujours en prison. Donc, tout ce que je peux dire, c’est qu’on va poursuivre les enquêtes jusqu’au bout pour savoir si les personnes arrêtées sont coupables pour les condamner conformément à la loi, et si elles ne le sont pas aussi pour les relâcher. Parce que c’est ça la loi, elle est dure mais c’est la loi. Moi-même Yéro Malal était un ami à moi, je suis peiné aussi par sa mort, mais au-delà de ça, c’est notre travail de rendre justice et nous le ferons », affirme Siriman Kouyaté.

Interrogé sur d’autres difficultés qui pourraient être liées au fonctionnement de la justice de paix de Télimélé, le juge a indiqué qu’il n’y a rien de particulier. « Tout se passe bien, on a moins de dossiers à traiter, parce que Télimélé c’est une famille, la plupart des affaires civiles sont réglées donc en famille. Contrairement à Dubréka où je pouvais avoir plus de 500 dossiers par an, ici j’ai parfois moins de 100 dossiers par an », a-t-il dit.

Il faut toutefois souligner que selon notre constat, la justice de paix de Télimélé se trouve dans un état loin d’être digne d’une maison de justice. Le bâtiment fortement dégradé et qui manque nettement d’équipements, est envahi aussi par la poussière qui a rendu rouges tous les documents stockés au bureau du greffier en chef. Un environnement et des conditions qui ne favorisent nullement un travail sérieux dans cette juridiction.

De Télimélé, Alpha Fafaya Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 628124362

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